‹ Lexique des termes d'art (volume 2)Chapitre 15 sur 263 · ARB · texte numérisé non relu

ARB

prement dite e'st une couleur à l’eau transparente, laissant travailler le fond du papier, — la gouache était employée au contraire au xvme siècle, et les miniatures des riches manuscrits des siècles précédents sont toutes de véritables gouaches sur parchemin rehaussées d’or.

Aquarellistes. — Artistes qui se livrent à l’aquarelle.

Aqueduc. — Construction souterraine ou aérienne destinée à conduire les eaux. Les aqueducs de construction romaine sont de véritables monuments et leurs arcades, dont quelques-unes existent encore de nos jours, s’agencent parfois à merveille dans les lignes d’un paysage. Les aqueducs modernes, Construits d’après les plans des ingénieurs, ne se composent, le plus souvent, que de tubes de fonte de fort diamètre ; on les enterre par crainte de la gelée en hiver et pour que l’eau reste fraîche en été.

Arabesques. — Motifs d’orne-

mentation se composant de rinceaux formés de feuillages, de figures réelles ou fantaisistes, agencés d’une façon capricieuse, s’enlaçant délicatement et décrivant des courbes gracieuses. Dans le style arabe, les arabesques sont formées de motifs empruntés au règne végétal ; dans le style de la renaissance, les arabesques sont d’une richesse et d’une élégance prodigieuses. C’est à tort que l’expression d’arabesque est appliquée aux frises des édifices de l’époque romaine, le mot « rinceaux » est le seul qui puisse caractériser les enroulements réguliers en usage à cette époque.

Araser. — Construire ou détruire une muraille, de façon que les assises conservées offrent la même surface horizontale.

Arbalétrier. — Pièce de bois ou de fer entrant dans la composition d’une ferme de toiture. Les arbalétriers donnent l’inclinaison du toit et supportent les pannes sur lesquelles sont appliqués les chevrons.

Arbalétrière. — Meurtrière en forme de croix. Ces meurtrières croisées étaient spécialement destinées au tir de l’arc ou de l’arbalète. Elles permettaient d’ailleurs de lancer des traits dans plusieurs directions et étaient fort évasées à l’intérieur.

Arbre généalogique. — (Blas.) — Se dit de dessins ou gravures représentant un arbre de forme conventionnelle qui , avec ses racines, son tronc, ses rameaux et ses feuilles, et par sa disposition et son assiette, sert à expliquer les alliances supérieures et inférieures d’une maison, les descendants et les ascendants d’une famille illustre dont les blasons sont parfois représentés au point de bifurcation des rameaux.

Arbres. — (Blas.) — Les arbres employés comme figures héraldiques se distinguent par leur nom lorsqu’ils sont réels, et on les dit arrachés si leurs racines se détachent sur le champ de l’écu. Quelquefois aussi, on les figure d’une façon conventionnelle, comme le créquier, par exemple. Lorsque les rameaux

ARC

ARC

d’un arbre sont chargés de feuilles, on doit, en blasonnant l’écu, indiquer leur nombre et leur espèce.

Arc. — L’arc est, en géométrie, une

portion de cercle. En architecture, un arc est une voûte solide dont la forme est déterc minée par un ou

plusieurs arcs de cercle.

— à joints horizontaux. — Arc évidé dans une série de pierres en encorbellement.

— à joints rayonnants. — Arc

dont les joints suivent la direction des rayons de l’arc.

— à plein cintre. — On désigne

ainsi l’arc formé d’une demi -circonférence.

— angulaire. — (Voy. Arc en fronton.)

— aplati. — Arc à quatre centres déterminés par un carré formé sous la corde de l’arc et dont les côtés sont égaux au tiers de cette corde. — (Voy.

Arc Tudor .)

— bombé. — Arc dont la mesure

dépasse celle de la demi-circonférence, c’est-à-dire i8o°.

— boutant. — Arc rampant des monuments gothiques destiné à combattre la poussée au vide et l’écartement des voûtes des monuments de

cette époque, en prenant le point d’appui de sa résistance contre des massifs de maçonnerie ou contreforts. Les arcs-

boutants du xne siècle sont très simples, et jusqu’au xve siècle la richesse de leur décoration ne fait qu’augmenter.

Aro brisé. — (Voy. Arc en fronton.)

— byzantin. — (Voy. Arc en fer

à cheval.)

— de décharge. — Arc placé au-

dessus d’une plate-bande en pierre ou d’un linteau de bois ou de fer, et destiné à diminuer la charge du linteau ou de la plate-bande.

— déprimé. — Plate-bande reliée

aux pieds-droits par des quarts de cercle.

— de triomphe. — Monument

commémoratif de victoire se composant

ARC

ARC

principalement d’une grande arcade en plein cintre entourée de pilastres et décorée de bas-reliefs allégoriques. Parmi les arcs de triomphe de l’époque romaine, il faut citer ceux de Trajan, de Septime-Sévère, d’Auguste et de Constantin, et parmi ceux de construction toute récente, il faut mentionner celui de la place de l’Étoile, élevé à Paris à la gloire de la grande armée, et que décore le superbe bas-relief de Rude.

Arcs de verdure. — Portiques découpés dans les charmilles, en usage dans les jardins du siècle de Louis XIV.

— d’ogive. — Se dit, dans les voûtes en arc de cloître, d’arcs reliant les arcs-doubleaux en passant par la clef de voûte.

— doubleau. — Arc dont le plan

est perpendiculaire aux murs gouttereaux d’un édifice, c’est-à-dire aux murs recevant les écoulements d’eaux. Ainsi, dans une église gothique, les arcs reliant à ces murs les piliers placés de chaque côté de la nef sont des arcs-doubleaux. — (Voy. Arc-fonneret .) Les arcs-doubleaux, très peu ornementés au xie siècle et de profil très simple, deviennent de plus en plus riches et compliqués à mesure qu’on s’approche du xivc siècle.

— elliptique. — Arc formé d’une portion d’ellipse.

— extradossé. — Arc dont les voussoirs sont à jour, et dont l’intrados et l’extrados (voy. ces mots) sont déterminés par des portions de cercle concentriques.

Aro en accolade. — Arc de

l’époque gothique formé de quatre portions d’arc de cercle. Les monuments des xve et xvie siècles offrent de nombreux exemples de portes et de fenêtres couronnées par des arcs en accolades.

— en anse de panier. — Arc

formé de trois portions de cercle se raccordant entre elles.

— en arceaux. — Arc décoré d’un ornement formé de filets en creux ou en relief, décrivant un contour de trèfle.

— en chaînette renversée. —

Arc dont la courbe reproduit en sens inverse la courbe que donne une corde homogène et parfaitement flexible, librement suspendue à deux points situés sur une même horizontale.

— en fer à cheval. — Arc formé de plus d’un demi-cercle. On donne aussi à cet arc le nom d’arc byzantin ou d’arc mauresque.

— en fronton. — Arc formé de

lignes droites inclinées et présentant un aspect angulaire. On l’appelle aussi arc angulaire, arc en mitre et arc brisé.

— en mitre. — ( Voy. Arc en

fronton.)

ARC

ARC

portions de cercle formant un angle à leur intersection. (Voy.

Arc d’ogive). Les arcs en ogive peuvent être décrits de trois manières principales. Les deux centres peuvent être placés à l’intersection de la courbe même et de la ligne droite servant de base, on a ainsi l’ogive équilatérale; ils peuvent .

être placés en dehors, ce qui détermine l’ogive en lancette; ou à peu de distance l’un de l’autre, ce qui donne le tracé appelé : plein cintre brisé.

— en talons. — Nom que l’on

donne parfois à l’afc en accolade (voy.

ce mot) parce que le profil de chaque moitié de Parc reproduit exactement le profil de la moulure nommé talon. Le style gothique de l’époque tertiaire, qu’on appelle aussi gothique fleuri pu flamboyant et qui comprend le xvc siècle et une partie du xvic siècle, a surtout employé l’arc en talons ou en accolade.

— en talus. — Arc compris entre

un plan vertical et un plan oblique, la surface murale se profilant en glacis,

comme il arrive fréquemment dans les murs de soutènement ou dans les murailles des châteaux fortifiés.

Arc formeret. — Arc dont le plan est parallèle aux murs gouttereaux d’un édifice. Ainsi, dans une église gothique, les arcades qui font communiquer la nef et les bas côtés sont des arcs-formerets. — (Voy. Arc-doubleau.)

— outrepassé. — Nom donné à l’arc surhaussé.

— polylobé. — Arc formé de plusieurs portions de cercle.

— • rampant. — Arc dont les deux extrémités ne ,

sont pas pla- ^ iirmiT / cées sur une 'K \

même horizontale. Les arcs rampants ont été surtout employés dans le style gothique, et ce sont eux tion des contreforts, forment les arcsboutants. (Voy. ce mot.)

— renversé. — Arc établi en sens

qui, dans la construc-

inverse des arcs ordinaires, destiné à

ARC

ARC

relier des piles isolées et à former des murs de fondation homogènes réunis par des surfaces concaves.

Arc surbaissé. — Arc formé de moins d’un demi-cercle.

— surhaussé. — Arc formé d’un demi-cercle et d’une partie droite. Cette forme est parfois adoptée pour les

~ ouvertures placées à une assez grande altitude, la partie droite étant destinée à racheter la diminution de hauteur due à la perspective.

— trilobé. — Arc formé de trois portions de cercle.

— triomphal. — Arcade en plein cintre des basiliques chrétiennes décorée de peintures et formant l’entrée du sanctuaire.

— Tudor. — Arc ogival déprimé,

et

véritable arc aplati (voy. ce mot) spécial aux monuments gothiques anglais, qui prit naissance sous le règne d’Henri VII, de la famille des Tudor.

— zigzagué. — Arc dont l’extrados est découpé en zigzags.

Arcade. — (Arch.) — Ouverture

cintrée suivant les différentes formes

d’arc.

— aveugle. — Arcade dont l’ouverture est bouchée par le parement de la

muraille, mais dont le profil d’archivolte forme saillie. On l’appelle aussi arcade simulée.

Arcade (fausse). — (Arch.) — Se dit d’une arcade simulée, d’une ouverture cintrée dont le fond est bouché par une surface verticale.

— feinte. — Arcade simulée, entièrement peinte et destinée souvent à rétablir symétriquement une arcade réelle sur une surface plane ou entourée d’une moulure saillante.

— géminées. — Ouvertures of-

frant l’aspect de deux arcades juxtaposées et de dimensions semblables, et aussi ouverture formée par deux demicercles tangents par l’une de leurs extrémités.

— inscrites. — Dénomination qui s’applique parfois aux arcades géminées inscrites dans une grande arcade.

— lobée. — Arcade découpée et décorée suivant des portions de cercle plus ou moins nombreuses et se rapprochant du demi- cercle. On trouve dans le style roman des arcades trilobées, quintilobées ; mais ces lobes ou découpures rentrent plutôt dans l’ornementation de l’archivolte. (Voy. ce mot.)

— praticable. — Arcade présentant une ouverture et pouvant servir de passage. On désigne aussi les arcades praticables sous le nom d’arcades réelles.

— réelle. — (Voy. Arcade praticable.)

Arcature. — (Arch.) — Réunion d’arcades formant un ensemble décoratif. C’est le style ogival qui a fait le plus grand usage des arcatures comme

ARC

ARC

motif de décoration. Les façades de ces. monuments comportent parfois trois ca-

tégories d’arcatures : les arcatures basses, les arcatures de couronnement et les arcatures ornements. (Voy. ces mots.)

Arcatures à claire-voie. — Arcatures placées à peu de distance et en avant d’une muraille et laissant apercevoir par leurs découpures le fond dont elles sont détachées.

— basses. — Arcatures de monuments gothiques placées sur l’appui des fenêtres.

— de couronnement. — Arcatures à jour ou arcatures aveugles, décorant les galeries et surmontant les corniches des tours et clochers des monuments gothiques.

— ornements. — Arcatures décorant les portails, les parements d’autel, etc., etc., et prises dans la masse.

Arceau. — (Arch.) — Portions d’arc déterminant la courbe d’une voûte.

— (SculpF). — Ornement présentant la forme d’un trèfle à quatre feuilles.

Archaïque. — On dit qu’un monument est d’un style archaïque bien accentué pour indiquer qu’il présente tout le caractère des constructions primitives. Les études archaïques ont pour but de rechercher les méthodes et les procédés des anciens qui permettent de produire des œuvres non pus semblables aux œuvres de l’antiquité, mais offrant avec elles de nombreux points de

ressemblance. On dit aussi qu’un tableau est conçu dans un style archaïque pour indiquer qu’il évoque le souvenir d’une œuvre ancienne et fait songer aux productions des générations disparues.

Archaïsme. — Imitation de la manière et des procédés des anciens.

L’archaïsme appliqué aux arts du dessin a ses dangers; il ne doit être employé qu’avec mesure et surtout dans les travaux de restauration ou de reconstruction d’œuvres d’art anciennes.

Arche. — (Arch.) — Voûte de pont.

— maîtresse. — (Arch.) — Arche plus élevée et plus large que les autres arches d’un même pont et occupant le milieu de ce pont.

Archéographe. — Savant qui s’occupe de la description des monuments anciens. Les mots archéographe et archéographie (voy. ce mot) ont considérablement vieilli ; ils ne sont usités que rarement et ont été remplacés par ceux d’archéologue et d’archéologie.

(Voy. ces mots.)

Àrchéographie. — Science descriptive des anciens monuments et art de reproduire les œuvres antiques à l’aide de la peinture, du dessin ou de la gravure.

Archéologie. — Science de l’antiquité ayant pour but d’étudier tout ce qui est relatif aux arts et aux monuments d’autrefois. L’archéologie étudie les styles de chaque époque et de chaque peuple et a pour but de reconstituer les édifices, l’état social et les us et coutumes des anciens à l’aide de documents exacts fournis par les ruines ou les vestiges des monuments de chaque époque elle-même.

ARC

ARC

Archéologie de l’art. — Se dit

plus spécialement de l’archéologie appliquée à l’étude des monuments de l’art de l’antiquité, du moyen âge et de la Renaissance. Cette science comprend l’étude de l’architecture, de la peinture, de la sculpture, de la gravure, des monnaies ou médailles (ou numismatique), des portraits d’hommes illustres (ou iconographie), et des pierres gravées (ou glyptographie). L’archéologie de l’art comprend toute l’histoire des beaux-arts depuis les temps les plus reculés.

Archéologique. — Qui se rattache à l’archéologie.

Archéologue. — Savant qui se livre à l’étude de l’archéologie.

Archère. — Meurtrière étroite et haute de certains châteaux forts par laquelle les archers lançaient leurs flèches. L’archère ne permettait de lancer un trait que dans un plan vertical, tandis que l’arbalétrière (voy. ce mot) permettait de lancer des flèches dans plusieurs directions rayonnantes.

Archet. — Outil formé d’une tige d’acier flexible, pourvue d’un manche à l’une de ses extrémités, et qui est tendue en arc par une corde à boyau. A l’aide d’un va-et-vient, on communique un mouvement rapide à une tige d’acier trempé destinée à perforer. L’archet est employé surtout dans les travaux de serrurerie, mais les sculpteurs sur pierre, sur marbre et sur bois l’emploient aussi très fréquemment.

Archétype. — Moulage en plâtre d’un bas-relief en pierre ou en métal.

Architecte. — Artiste qui trace le plan d’un édifice et en surveille l’exécution.

Architectonique. — Qui se rattache à l’architecture. Ainsi on dit une conception architectonique et on dit

aussi l’architectonique pour désigner l’art de construire. Ce mot est peu usité.

Architectonographe. — (Voy.

Archi tectonograpli ie.)

Architectonographie. — Science qui a pour but de décrire les édifices et d’en étudier la construction. Les savants qui s’occupent de ces études prennent le nom d’architectonographes ; titre qui correspond assez exactement à celui, autrefois assez usité, d’historiographe des bâtiments.

Architectural. — Qui a rapport à l’architecture.

Architecture. — Art de construire. L'architecture doit en outre se préoccuper de la destination et de la solidité des édifices. Bien que faisant partie du domaine scientifique aussi bien que du domaine de l’art, les études nécessaires pour que l’artiste puisse remplir ces conditions sont subordonnées à la question artistique.

— civile. — Art de l’architecture appliqué à la construction d’édifices civils publics ou privés.

— feinte. — Peintures décoratives ou décorations théâtrales simulant les reliefs et les vides d’un monument réellement construit et tel qu’il se présenterait aux yeux à la distance où le spectateur est placé de la peinture ou du décor.

— militaire. — Art de l’architecture appliqué aux constructions militaires.

— religieuse. — Art de l’architecture, appliqué à la construction des édifices religieux.

Architecturiste. — Peintre qui n’exécute dans les tableaux que les motifs d’architecture. Les Hollandais Van der Heyden, de Witte étaient des architecturistes, a dit W. Burger. Mais les artistes qui dans nombre de tableaux modernes ne peignent, — soit pour leur propre compte, soit à titre de collaboration — que les parties d’architecture formant fond ou encadrement à la scène

ARC

Page 1