‹ Lexique des termes d'art (volume 2)Chapitre 258 sur 263 · VAS · texte numérisé non relu

VAS

VER

vases d’amortissement de dimensions colossales supportés par des groupes d'enfants et d’un grand effet décoratif.

Vases céramographiques. — On désigne ainsi en archéologie les vases de terre cuite décorés de peintures.

— étrusques. — Vases de terre anciens que Ton trouve en Toscane,

peints et ornés de palmettes et de figurines noires sur fond rouge ou rouges sur fond noir, quelquefois aussi décorés de dessins en jaune et en blanc sur fond rouge ou noir. Les vases dits étrusques sont d’origine grecque.

— sculptés. — Grands vases en marbre ou en bronze destinés à la décoration des jardins.

Vasistas. — (Arch.) — Petite ouverture fermée par un châssis ou un volet mobile, et permettant de communiquer, mais non de livrer passage.

Vasque. — (Arch.) — Vaste bassin de fontaine en forme de large coupe de

forme plate et circulaire. 11 y a des fontaines formées de plusieurs vasques superposées.

Veine. — (Arch.) — Filets de nuances variées qui caractérisent les marbres ; et aussi défauts ( moyes , fils ou délits ) qui existent dans certaines pierres de taille.

Vélin. — (Peint.) — Le vélin est une peau de veau mort-né. Pour la mi-

niature on en prépare la surface qui est inégalement grenue à l’aide de la pierre ponce. On évite ainsi le désagrément de l’absorption de la couleur inhérent à ce support, qui en retour est d’une solidité remarquable et peut braver les siècles . — (Voy. Papier vélin.)

Vélum. — Se dit de draperies, de bandes d’étoffes placées horizontalement, de façon à tamiser la lumière, à intercepter les rayons du soleil. On donnait, dans l’antiquité, le nom de velarium à la grande toile fixée par des cordages au sommet des mâts et protégeant des ar-

deurs du soleil les spectateurs assis sur les gradins des amphithéâtres. De nos jours, on donne le nom de vélum aux bannes ou toiles, dont les extrémités sont parfois relevées par des cordelières fixées au sommet de lances, et qui sont utilisés pour former abri et comme motif de décoration temporaire ; et aussi aux plafonds en gaze plus ou moins transparente destinés à tamiser la lumière venant d’en haut, dans les ateliers, dans les salles d’exposition.

Venu. — Se dit d’une épreuve de gravure bien imprimée ; — dans un dessin, dans un tableau, de détails bien exécutés, bien rendus ; — de clichés photographiques bien nets. L’épreuve est bonne, sauf quelques détails qui sont mal venus.

Véranda- — (Arch.) — Galerie

le plus souvent vitrée, sorte de construc-

VER

VER

tion légère, dont les ouvertures à air libre peuvent être garnies de stores. Les habitations de l'extrême Orient possèdent des vérandas qui régnent parfois sur toute la largeur de leur façade. Dans bon nombre de constructions modernes, les vérandas forment des serres extérieures, des vestibules vitrés, etc., etc., et sont presque toujours construites en fer.

Verdures. — Se dit de tapisseries, de tentures représentant des paysages, où les tons verts dominent aussi bien dans le sujet principal que dans les motifs formant bordure.

Vergelet. — (Arch.) — Calcaire tendre usité comme pierre à bâtir.

Vergeté. — (Blas.) — Se dit lorsque les pals d’un écu sont au nombre de plus de huit.

Vergette. — (Blas.) — Le pal diminué se nomme vergette.

Vérin. — (Arch.) — Machine servant à soulever des fardeaux et aussi, avec l’aide d’étais, à supporter le poids d’une partie de construction, pendant que l’on procède à des travaux de restauration ou de consolidation.

Vermeil. — (Dor.) — Liquide formé de rocou, de safran (voy. ces mots), de gomme-gutte, de sang-dedragon, etc., et donnant à l’or appliqué sur de l’argent du reflet et du feu.

Vermeillonner. — (Dor.) — Passer avec un pinceau très fin une couche de liqueur spéciale, qui donne aux objets du reflet et une belle couleur chaude d’or moulu.

Vermiculé. — (Arch.) — Décoré de vermiculures.

Vermiculure. — (Arch.) — Motifs d’ornementation en forme de trace de vers, décrivant des courbes sinueuses et irrégulières gravées en creux. On dit aussi parfois vermiculage.

Vermillon. — Rouge vif.

— de Chine. — (Peint.) — Le vermillon de Chine, fréquemment em-

ployé en aquarelle, est d’un ton rouge très éclatant, mais à la condition d’être étendu en teintes d’une légèreté suffisante pour faire jouer la transparence du papier. Lorsque la couche de vermillon est trop épaisse, lorsque la couleur n’est pas suffisamment diluée, le vermillon de Chine devient opaque et terne.

Vernier. — Instrument inventé au xvne siècle par le géomètre Vernier et consistant en une petite règle graduée de telle façon qu’elle permet d’évaluer les plus petites dimensions. Le vernier est l’appendice des règles divisées et s’étend ordinairement sur une longueur de neuf millimètres ; chacun d’eux est divisé en dix parties égales, ce qui permet d’évaluer même les fractions de dixième de millimètre.

Vernir. — (Peint.) — La qualité du vernis et le moment auquel il convient de vernir un tableau exigent la plus grande sollicitude de la part du peintre soucieux de la durée de ses ouvrages. Pour vernir un tableau, on doit attendre que les couleurs soient d’une siccité parfaite. Cependant on cite quelques exemples de tableaux vernis — encore frais, à peine achevés — à l’aide d’une couche de liquide versée sur la toile, posée horizontalement, et dont la conservation n’a jamais rien laissé à désirer. Mais ce mode de vernissage est fort dangereux. — (Voy. Vernisser .)

Vernis. — (Céram.) — Glaçure transparente et plombifère des poteries communes et des faïences fines.

— à la laque. — (Dor.) — Solution de gomme laque dans l’alcool usitée, comme apprêt et pour dégraisser les couleurs à l’huile, avant l’opération de la dorure.

— à l’alcool. — (Grav.) — Vernis destiné aux petites retouches, obtenu en délayant du noir de fumée dans du vernis à l’alcool. Seulement il faut avoir soin de graver à l’aide d’une pointe coupante et avant que le vernis soit sec et durci, parce qu’alors il s’écaille sous la pointe.

VER

VER

Vernis à l’or. — (Dor.) — Il y a deux sortes de vernis à l’or : l’un à l'alcool, l’autre à l’huile, ce qui a fait donner à ce dernier le nom de vernis gras.

— à re vernir. — (Grav.) — Solution de vernis ordinaire dans l’essence de lavande. Ce vernis, en hiver, offre une consistance mucilagineuse.

— à tableaux. — (Peint.) — Vernis à l’essence de térébenthine formé de mastic, de camphre, de verre blanc et de térébenthine de Venise. On emploie aussi comme vernis à tableaux une solution de camphre et de copal dans l’essence de térébenthine.

— blanc. — (Grav.) — Vernis incolore qui s’applique à chaud et au tampon sur les planches déjà gravées.

Sa transparence permet des retouches très précises aux endroits déjà mordus.

L’inconvénient de ce vernis est d’être très peu résistant au bouillonnement de l’acide. Aussi ne doit-on s’en servir qu’avec la plus grande circonspection.

— de peintre. — (Grav.) — (Voy.

Vernis de Venise.)

— de Venise. — (Grav.) — Nom donné parfois au petit vernis à recouvrir. On l’appelle quelquefois aussi vernis de peintre.

— dur. — (Grav.) — Le vernis dur d’Abraham Bosse se compose de poix, de résine ou de colophane et d’huile de lin. On le filtrait à travers un linge et on le gardait en flacon bien bouché. Il offrait une consistance sirupeuse et gagnait, dit-on, en vieillissant. Quoiqu’il fût d’une application difficile, sa solidité en rendait l’erqploi fréquent. Il était souvent employé par Callot, Ab. Bosse, etc. — Un autre vernis dur, connu sous le nom de vernis de Callot ou de vernis de Florence, se composait de mastic en larmes et d’huile grasse. Ces vernis s’étendaient soit avec la main, soit avec un tampon spécial nommé tapette.

— mou. — (Grav.) — Les planches obtenues à l’aide de ce procédé offrent une grande analogie avec celles que les

graveurs du siècle dernier désignaient sous le nom de gravures en manière de crayon. Le vernis mou est un mélange de vernis ordinaire et de suif, dont on recouvre la surface de la planche. Seulement, au lieu de graver à l’aide d’une pointe, on applique sur le cuivre verni une feuille de papier très mince et on dessine sur ce papier avec un crayon ordinaire. Le crayon fait adhérer le vernis à l’envers du papier, et en enlevant le papier on a un dessin sur cuivre que l’on fait mordre comme une eau-forte ordinaire. Lé vernis mou d’Abraham Bosse se composait d’un mélange de cire blanche, de mastic en larmes et de spalt calciné; celui de Cochin se composait de cire, de poix noire et de poix de Bourgogne. On se servait de ces deux, sortes de vernis sous la forme de petites boules enveloppées de soie.

Vernissage. — Se dit du jour qui précède l’ouverture des Salons annuels et où les exposants sont admis à vernir les tableaux qui étaient trop frais pour subir cette opération quand ils ont été déposés, c’est-à-dire six semaines environ auparavant. Cette dénomination de vernissage est synonyme, en argot artistique, de « répétition générale ». Lorsque l’Etat procède à l’inauguration du Salon triennal, qui renferme nombre d’œuvres datant déjà d’un certain nombre d’années, la veille de l’ouverture officielle porte aussi le nom de vernissage; faire un article sur le vernissage , c’est publier un compte rendu de la visite faite à une exposition par un plus ou moins grand nombre d’invités ou de privilégiés la veille de l’ouverture d’une exposition ; par suite de cet abus même, on appelle souvent vernissage le jour qui précède l’ouverture au public des expositions des aquarellistes, des expositions d’objets d’art.

— (Grav.) — Opération qui a pour but de passer à la surface d’un cuivre chauffé une boule de vernis que l’on étend aussi à chaud et à l’aide du tampon.

VER

VER

Le vernissage doit être exécuté assez rapidement, sans quoi le vernis trop chauffé brûle et ne peut plus résister à la morsure. Certains artistes travaillent

directement sur le cuivre verni et sans avoir recours à l’enfumage (voy. ce mot). Néanmoins, cette dernière opération, en outre du glacé qu’elle donne aux planches, permet de distinguer avec plus de netteté les hachures.

Vernisser. — Étendre du vernis.

On dit vernisser et non vernir en parlant des poteries.

Vernisseur. — Artisan qui étend des couches de vernis.

Vernissure. — (Arch.) — Se dit en général de l’emploi d’un vernis.

Verre. — Corps solide et transparent obtenu par la fusion de sable siliceux; — et aussi objets exécutés en cette matière. Des verres de Venise, des verres de Murano.

— dalle. — (Arch.) — Plaques de verre très épaisses servant de pavage et donnant du jour à des endroits souterrains.

— d’optique. — Espèce de verre destiné à la fabrication des lentilles.

— doublés. — Se dit des pièces de verreries fabriquées à la façon des coupes chrétiennes à fond doré, et décorées de motifs découpés dans des feuilles d’or, gravés au trait, par enlevage à la pointe, et renfermés, à l’aide d’une cuisson, entre deux lames de verre soudées ensemble.

— églomisés. — Se dit, dans le vocabulaire de la curiosité, de verreries décorées de motifs d’ornementation formés d’une feuille d’or fixée sous le verre et protégée par un vernis qui, remplissant les hachures et les vides, détache

le motif en silhouette d’or sur fond noir. On donne aussi le nom de « fixé peint » aux verreries décorées d’ornements peints sous le verre et préservés des altérations à l’aide d’un vernis.

Verre filigrané. — Se dit d’objets en verre, décorés de filets diversement colorés et entrelacés.

— taillé. — Se dit . d’objets en verre, dont les facettes sont taillées à la meule.

Verrerie. — Art de fabriquer le verre ; — et aussi usine où l’on fabrique différentes sortes de verres.

Verrier. — Artisan qui exécute des ouvrages en verre. — On donnait autrefois le nom de gentilshommes verriers aux personnes nobles qui travaillaient à cette fabrication. — Les peintres de vitraux se disent aujourd’hui peintres verriers.

Verrière. — Grands, vitraux. Une verrière d’Église.

Verroterie. — Menus objets en verre.

Verrou. — (Arch.) — Lame de fer cylindrique ou plate appliquée contre une platine en fer fondu, ciselé ou découpé, et qui se meut horizontalement entre deux crampons, au moyen d’un bouton ou d’une patte. Les targettes sont de petits verrous horizontaux, et on donne le nom de crémones aux verrous haut et bas, posés verticalement et servant à ferrer les châssis de grande dimension.

Versicolore. — De plusieurs couleurs, de couleurs variées, changeantes.

Vert. — Le vert est une couleur formée par le mélange du jaune et du bleu. Les couleurs vertes, en général, sont à base d’oxyde de cuivre, ou extraites du cuivre. Le vert minéral, le vert de montagne, le veft malachite, sont des carbonates de fer hydraté. Le vert de Scheele est un arséniate de cuivre

VER

Page 1