GAN
CAN
Certains candélabres modernes ne mesurent pas moins de quatre mètres de haut. Il en existe des modèles variés, composés par les architectes les plus en renom, et se terminant par des lanternes de forme hexagonale ou circulaire que surmontent encore des couronnes ajourées. Le fût de certains de ces candélabres est orné de motifs de sculpture d’une exécution soignée. Enfin il y a des candélabres plus riches encore, formés de statues de marbre ou de bronze, et qui trouvent leur place dans les vestibules des hôtels, des palais, au pied de l’escalier. Chez les Romains, les candélabres se composaient ordinairement d’un balustre très allongé, posant sur un
trépied, et se terminant J par un disque horizontal servant de porte-lampe. Des représentations de candélabres servent fréquemment de motif d’ornementation dans les frises des entablements.
Candélabre. — (Arch.) — Couronnement en forme de balustre figurant une torchère, placé au sommet de contreforts, ou sur les pans coupés d’une tour carrée que domine une coupole.
Cane (bec de). — Poignée mobile plus ou moins ornée qui sert à manœuvrer
le mécanisme d’une serrure de porte. Se dit aussi de la serrure dont le pêne est manœuvré a l’aide d’un bouton de ce genre.
Canéphore. — (Arch. — Art. déc.) — Statue décorative portant un vase, une corbeille, parfois employée en guise de cariatide. Les canéphores de la villa Albani à Rome sont célèbres ; le tombeau de
Dreux de Brézé (xvie
siècle), dans la cathédrale de Rouen, est décoré de quatre canéphores supportant l’entablement de la partie supérieure.
Canette. — (Blas.) — Se dit d’un ^-v oiseau représenté de profil,
avec ou sans plumes , ou ^ d’une cane avec ou sans bec
et pattes, et le plus ordinairement en nombre sur l’écu.
Canevas. — (Dessin.) — Donnée première d’un sujet. Ensemble de lignes destiné à servir de base à une composition et à en indiquer les points principaux. — Grosse toile claire qui sert de support pour la tapisserie à l’aiguille.
Canif. — Couteau à très petite lame, qui doit toujours être maintenue très coupante, à l’aide duquel on taille les crayons. Dans la gravure sur bois, le canif est l’outil avec lequel on creuse certains vides de la planche qui n’exigent pas une grande pureté de contours. A l’époque de la Renaissance, le canif ou canivet servait à découper de curieux volumes dans lesquels les caractères, au lieu d’être imprimés, étaient détachés à jour avec une patience et une perfection inouïes.
Caniveau. — (Arch.) — Conduit servant à l’écoulement de l’eau.
Cannelé. — (Blas.) — Se dit des pièces dont le contour est dentelé, les pointes des dents tournées à l’extérieur, comme un profil de cannelures.
Cannelée. — (Arch.) — Surface décorée de cannelures.
Ganneler-. — (Arch.) — Orner de cannelures.
CAN
CAN
Cannelures. — (Arch.) — Moulures creuses également profondes et équidistantes pratiquées sur le fût d’une colonne, la face d’un pilastre, la panse d’un balustre, d’un vase, etc.
— à côte. — Cannelures séparées par des listels.
— à vive arête . — Cannelures
dont les courbes déterminent en leur point de rencontre un angle aigu.
— câblées. — Cannelures dont le vide est rempli par un câble. (Voy. ce mot.)
• — en gaine. — Cannelures dont les bords, au lieu d’être parallèles , convergent vers une base plus étroite que le sommet. Ces cannelures sont usitées pour décorer des gaines servant de piédestaux, faire jouer la lumière sur les surfaces et accentuer la dimension de hauteur.
— ■ en zigzag. — Cannelure tracée suivant une ligne brisée.
— ornée. — Cannelure dans le vide de laquelle on a placé des motifs d’ornementation formés de brindilles de fleurs et de feuillages. Les monuments du xne siècle en offrent de nombreux exemples. Les cannelures des colonnes des édifices de la Renaissance sont très souvent ornées de bouquets de feuilles de laurier, de culots, de coquilles et de rinceaux qui sont parfois d’une grande richesse.
Cannelure plate. — Cannelure dont la section est déterminée par une ligne droite, et aussi cannelure creusée plus ou moins profondémentsuivant un rectangle.
— rudentée. — Cannelure dont le vide est rempli par une baguette plate ou convexe. Certaines cannelures rudentées offrent une très petite baguette simple ou taillée en manière de corde ou de roseau, autour de laquelle des tiges de feuillage décrivent des spirales.
— torse. — Cannelure creusée en
spirales.
Cannetille. — (Art déc.) — Fil plus ou moins gros et tortillé, de laiton, d’or et d’argent, avec lequel on rehausse certaines étoffes ou broderies.
Canon. — Ce mot, qui signifie règle, s’appliquait dans l’antiquité aux statues, aux monuments destinés à servir de types, et aussi à une partie de figure. — Longueur du doigt, hauteur du visage, etc., etc., — prise comme unité de mesure et servant à déterminer les proportions exactes à donner à toute figure semblable.
Ganope. — (Arch.) — On donne le nom de canopes à des vases égyptiens qui ser- Jp iHw vaient à renfermer les visfp cères des morts. Ils por-
«Ët J|| H tent des inscriptions gra-
^ÊÆaiUB vées qui sont des formules de bénédiction. Quelquefois le couvercle des canopes est orné d’une tête humaine; plus souvent, on les trouve couverts par des têtes symboliques de cynocéphale, d’épervier et de chacal.
Canthare. — (Alt déc.) — Se dit
CAN
CAR
sacrées à Bacchus, munies de deux anses et de proportions très variables.
Canton. — (Blas.) — Partie carrée de l’écu plus petite que le quartier et qui se place à l'un des angles. Le canton ne couvre en général que la neuvième partie de l’écu. Il sert de brisure et a souvent été pris pour marque de bâtardise. Dans quelques armoiries, le canton est de même dimension que le quartier, mais cette proportion est exceptionnelle.
Cantonné. — (Blas.) — On emploie ce mot lorsque des pièces sont posées dans les vides laissés entre les bras d’une croix, d’un sautoir. Se dit aussi de toute pièce principale placée au centre, et des meubles posés aux quatre angles de l’écu.
— (Arch.) — Se dit des décorations de pilastres ou de chaînes de pierre saillantes appliquées aux angles des constructions.
Caparaçon. — Armure ou étoffe richement brodée dont on couvrait les chevaux aux époques du moyen âge et de la Renaissance.
Capitale. — (Art déc.) — Lettre ornée, de grandes dimensions, commençant le premier mot d’un chapitre. La plupart des capitales des éditions de luxe sont accompagnées d’une décoration d’ornements et de figures.
Capitole. — (Arch.) — Citadelle et temple de Jupiter, à Rome. — Plus tard, on a souvent appelé de ce nom le temple principal des villes de l’époque romaine.
Caprices. — Suite de dessins ou de gravures dont les motifs bizarres et les compositions originales sont plutôt du domaine de la fantaisie et de l’imagination que de celui de l’observation.
Les Caprices de Goya sont des recueils de gravures représentant devéritables scènes de fantasmagorie, des hallucinations.
Caractère. — On désigne à la fois par ce mot et l’originalité d’une oeuvre d’art et son effet d’ensemble. On dit
qu’un paysage a du caractère pour indiquer que les lignes en sont grandioses ; qu’une œuvre manque de caractère lorsqu’elle est banale ou commune et ne s’impose pas à l’attention du spectateur.
Carat. — Poids spécial dont la tradition s’est perpétuée dans l’orfèvrerie et la bijouterie et dont on se sert pour peser les perles et les diamants. Le poids du carat est de quatre grains et le grain, qui était le plus petit des anciens poids, pèse 53 milligrammes. — On donne également le nom de carats aux petits diamants.
Caravansérail. — (Arch.) — Bâtiment des pays orientaux destiné aux voyageurs et disposé en quadrilatère et encadrant une vaste cour.
Cariatide. — (Arch. — Artdéc.) —
j Statue d’homme ou
' ■,iiiiininr''i''''l''''innnmTniïï===r~ de femme servant '«niKwiwiiiiiPuinBiminr de support et rem-
plaçant dans un ensemble architectural soit une colonne, soit un pilastre. Les cariatides du Pandrosium d’Athènes représentent des figures de femmes supportant sur leurs têtes des corbeilles de fruits.
Parmi les plus belles cariatides de la Renaissance il faut citer celles du Louvre, qui sont dues i*' au ciseau de Jean
Goujon et, parmi celles du xvne siècle, les cariatides de l’hôtel de ville de Toulon exécutées par le statuaire Puget.
Caricatural. — On dit qu’un dessin est caricatural lorsqu’il peut être classé dans les caricatures; mais on se sert aussi du même mot pour indiquer l’aspect ridicule de certaines figures mal dessinées, peintes ou sculptées.
Caricature. — Interprétation de la réalité outrée volontairement dans
CAR
CAR
le sens du ridicule et du grotesque. La caricature a été dans tous les temps un moyen de satire.
Caricaturiste. — Artiste qui dessine ou modèle des caricatures.
Carmin. — (Peint.) — Couleur d’un rouge rosé très vif. Le carmin en aquarelle sert à fournir de riches tons violets lorsqu’on l’additionne de bleu d’outremer, de bleu de Prusse ou d’indigo. Quelques gouttes de carmin ajoutées à une solution d'encre de Chine lui donnent un ton plus chaud.
Carminée. — (Peint.) — Teinte carminée, teinte de carmin, teinte d’un beau rose vif.
Carne. — (Arch.) — Angle et arête vive d’une tablette de pierre ou de bois.
Carnation. — (Peint.) ^ — Couleur des chairs.
— (Blas.) — Se dit des figures représentées sur l’écu avec leurs couleurs naturelles.
Carpe. — (Voy. Main.)
Carrare. — Se dit par abréviation pour désigner le marbre blanc (provenant des carrières de Carrare, en Italie), d’une beauté et d’un éclat exceptionnels, usité par les statuaires.
Carré. — - Figure plane dont les quatre côtés sont égaux et les quatre angles droits. On donne parfois aussi ce nom à de petites moulures plates séparant des moulures à profil convexe ou concave.
Carreau. — (Dessin.) — Mettre au carreau, procédé pour reproduire un modèle soit de la même grandeur, soit en réduction, soit en augmentation de l’original. Pour cela, on divise le modèle en un certain nombre de carrés égaux et la surface sur laquelle on veut le reproduire en un même nombre de carrés de dimensions égales, moindres, ou supérieures, suivant le but proposé.
En général, les grandes peintures murales, les tableaux importants sont dessinés par ce procédé, par la mise au carreau d’esquisses petites, mais qui, par cela même, permettent à l’artiste de
mieux se rendre compte de l’effet d’ensemble. Pour la mise au carreau, travail fort long et qui doit être exécuté avec une scrupuleuse exactitude, les peintres se font souvent aider par leurs élèves, et se bornent à rectifier les erreurs de transcription.
Carreau. — (Arch.) — Plaques
pierre, de céramique décorée < ou unie, à l’ai- î de desquelles on exécute des revêtements de muraille, des carrelages, pavages et dallages. Le plus souvent, les carreaux sont carrés ou rectangulaires ; mais il y en a aussi de triangulaires, en forme de losange, d’hexagone, d’octogone, permettant des combinaisons très variées.
Carrelage. — (Arch.) — Pavage
ou revêtement exécuté à l’aide de carreaux. (Voy. ce mot.)
Carrément. — (Dessin.) — Tracer carrément le contour d’une figure, c’est indiquer le mouvement et l’attitude par une série de lignes brisées, tangentes aux points saillants extrêmes. Cette manière de dessiner habitue l’œil à simplifier les lignes d’ensemble d’une figure; mais l’expression est peu usitée.
Carrière. — Lieu d’extraction des pierres à bâtir.
Cartel. — (Art déc.) — Encadrement de pendule, surtout de style rocaille, destiné à être appliqué contre une muraille. Se dit aussi de cartouches de petite dimension. Un tableau accompagné d’un cartel explicatif.
Se dit enfin en blason pour désigner un écu : un cartel d’armoiries.
CAR
CAR
Gartisane. — Petit fragment de parchemin à l’aide duquel on obtenait du relief dans les anciennes broderies de fils de soie, d’or ou d’argent.
Carton. — Se dit, dans certains volumes, de feuilles d’impression exécutées après coup pour remplacer des pages défectueuses. Se dit aussi parfois des cartes de détail placées dans les angles d’une grande carte géographique. On dit aussi papillon dans ce sens.
— Grand portefeuille où l’on renferme les dessins et les gravures.
— (Arch.) — Feuille de carton découpé servant à tracer un profil de moulure.
— bitumé . — (Constr.) — Carton recouvert de bitume et usité pour recouvrir les toitures des petits bâtiments de peu d’importance, des hangars volants, ou des constructions momentanées.
— cuir. — Carton dans la pâte duquel on a mélangé des rognures de cuir et qui sert à fabriquer des ornements par un procédé de moulage spécial.
— de Bristol. — - Le carton de Bristol, ou plus simplement le bristol, est un carton très blanc, de pâte très fine, très satinée. Il est usité surtout pour l’encadrement, et c’est à l’aide de feuilles de bristol qu’on ajoute de la marge aux aquarelles ou aux dessins.
De plus on se sert de bristol aussi complètement blanc que possible pour exécuter les dessins à la plume que l’on fait réduire par les procédés de gravure en relief adoptés aujourd’hui. On peignait autrefois sur bristol des aquarelles et des miniatures dans lesquelles on cherchait un fini extrême auquel se prêtait admirablement sa surface unie.
— de collage. — Carton léger, formé à l’aide de feuilles de papier collées dans toute leur étendue.
— de peintre. — (Peint.) — On nomme cartons, en peinture, les études faites par les artistes avant d’entreprendre l’exécution d’un tableau et surtout d’une fresque. La peinture à fresque devant être exécutée sur un enduit frais, qui ne permet point les retouches, les peintres
étaient obligés de faire des dessins en grandeur d’exécution qu’ils n’avaient plus qu’à décalquer sur l’enduit. Le papier fort dont ils se servaient se nomme en italien cartone. De là est venue l’habitude de désigner sous le nom de cartons les études préparatoires des artistes.
Carton lithographique. — Carton ayant reçu une préparation spéciale et destiné à remplacer les pierres lithographiques.
— • pâte. — (Art déc.) — Le cartonpâte se fabrique avec du papier gris, désigné sous le nom de fluant, et des papiers spongieux et mélangés à de la colle de Flandre. Les ornements en carton-pâte, lorsqu’ils sont achevés, doivent être exposés à un feu très doux jusqu’à complète siccité. Ils sont ensuite maintenus par des fils de fer jusqu’au moment de leur emploi. Après la pose, qui se fait à l’aide de petites pointes, on coupe les morceaux de fil de fer qui ont servi à maintenir l’écartement des ornements en carton-pâte. — (Voy. Carton-pierre.)
— pierre. — (Art déc.) — Pâte de rognure de papier et de colle de Flandre additionnée de matières durcissantes, avec laquelle on exécute les moulages d’ornements. Néanmoins le carton-pierre résiste peu de temps à l’humidité. On en augmente la durée par l’application de fréquentes couches de peinture à l’huile. 11 n’est utilisé à l’extérieur que pour des travaux provisoires. Dans les travaux intérieurs, au contraire, on emploie presque exclusivement le carton-pâte pour la décoration des plafonds, corniches, etc. Ces pâtes sont d’un prix de revient très peu élevé et offrent plus de solidité que les ornements en plâtre.
Cartonnage. — Opération qui consiste à recouvrir un tableau à rentoiler de papier collé que l’on fait adhérer à la peinture. On peut alors enlever la toile qui servait de support primitif et la remplacer par une autre toile ou un panneau neuf.
— (Rel.) — Se dit d’une sorte de
CAR