‹ L’Hémato-ThérapieChapitre 11 sur 11 · HAE · texte numérisé non relu

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phithéâtre où au cours d'opérations chirurgicales. On les faisait macérer pendant douze heures, dans 6 à 8 lois leur volume de solution physiologique après addilion de chloroforme où de thymol pour s'opposer à la culture des bactéries, cette macération se faisait dans une glacière. On recueillait le tout sur une étamine, et après centrilugation on filtrait,

Le liquide obtenu est acidifié à l'acide acétique et addilionné d'un volume égal de solution saturée de sulfhydrate d'ammoniaque. En quelques heures il se forme un précipité volumineux renfermant les nucléoprotéides et la thyroglobuline, Ce précipité est dyalisé pendant quatre jours, puis alcalinisé avec du carbonate de soude,

Les corps obtenus sont injectés au mouton ou au lapin (le chien ne fournirait pas de sérum actif). Au lapin, on injecte l'extrait représentant 10 gr. de corps thyroïde humain et on répète l'injection 5 fois à six ou huit jours de distance : une semaine après la dernière injection on recueille le sérum en saignant l'animal à blanc par section de la carotide.

Pour le mouton on agit de même, sauf en ce que la dose initiale d'extrait représente S0 gr. de corps thyroïde humain,

Voici comment l’on procède pour l'injection de ce sérum à l'homme,

La première injection est de 1 ce. sous la peau de la face dorsale du bras du malade. Suivant les réactions présentées par le malade on augmente la dose des injections ou au contraire on la diminue les fois

suivantes. De même on tâte la susceptibilité du malade pour la plus où moins grande fréquence des injections. La moyenne est d’une injection {outes les semaines endant quatre où cinq mois.

Parfois des accidents sont observés: de la vaso-dilatation périphérique, de l’algidité, de la prostration el même la syncope, aucun de ces accidents n'ayant duré plus d’une heure.

En général, aussi, on observe des phénomènes locaux, œdème au niveau du point d'injection, rougeur, douleur vive. Ces phénomènes étant accompagnés de fièvre, d'un état général mauvais et de diarrhée.

Dans leur communication à l'Association médicale américaine de Boston (1906), MM. Beebe et Robers donnent les résultats suivants : 90 malades ont été soignés par ce sérum.

Il y à eu 23 guérisons, 52 améliorations et 11 insuccès. À malades ont succombé.

Une seule de ces 4 morts paraît imputable au sérum. Elle a, du reste, suffi à faire renoncer à leur sérum MM. Beebe et Rogers qui ont abandonné définitivement ce mode de traitement.

Celle mort est survenue chez un malade attemt d'un goître exophtalmique fort grave et auquel on imjecta du sérum préparé exclusivement avec des nucléoproléides provenant d'un malade mort de goître exophtalmique et ne renfermant par conséquent que de la Cylotoxine.

En général l'amélioration n'est obtenue qu'au bout

de quelques mois; dans certains cas cependant, elle se produit au bout de quelques jours. Parfois elle ne s’est produite que quelques mois après la cessation de tout lraitement.

Cette méthode n'est point encore mise au point, on y manque de données précises et sur les doses et sur la fréquence des injections, De plus, elle ne paraît pas exempte de dangers.

Quoiqu'il en soit, de toutes les méthodes que nous avons passées en revue, celle-ci est la seule à fournir 23 guérisons sur 90 cas. Elle mérite donc d’être prise en considération.

Il semble que par ce procédé on ait un moyen certain de traitement contre tous les goîtres exophtalmiques d’une certaine catégorie, dont la pathogénie serait d’un certain ordre.

Il reste pas mal d’objections à faire sur la technique présidant à la préparation de ce sérum.

Le mode d'obtention de l'extrait thyroïdien humain paraît très compliqué, il y a là un grand nombre de manipulations susceptibles de l'altérer. Certains ferments, sont susceptibles d'être détruits complètement, certaines substances colloïdales peuvenñt être laissées de côté. De plus l’addition à la macération de substances antiseptiques et en tous points nuisibles à l'obtention d'un produit spécifique.

Le mode d'injection lui-même d’une dose de 1 €. €. du premier coup n’est certainement pas sans inconvénients.

D'après ce que nous savons des sérums thyrotoxiques,

de petites doses fréquemment répétées nous paraissent devoir donner des résultats plus favorables.

De toutes façons ces expériences méritent d'être reprises, faites avec soin et contrôlées par la méthode graphique, ce que nous nous proposons de faire plus tard.

Dans le même ordre d'idées nous avons nous-même essayé d'obtenir un sérum thyrotoxique en imjectant à un lapin du sérum de Basedowien.

Nous avons retiré à une Basedowienne par saignée d'une des veines du coude, environ 300 gr. de sang. Après exsudation nous avons recueilli aseptiquement le sérum. Celui-ci fut injecté à un lapm.

Tous les deux jours, il reçut 10 ce. de ce sérum de Basedowienne en tout 4 fois, puis quatre Jours après une injection de 20 cc. de ce sérum toujours sous-cutanée:

Il présenta alors de l'hyperthermie, des secousses musculaires, avec accès tétaniformes, le tout pendant une Journée.

Quatre jours après, 1l fut saigné à blanc et son sérum injecté à la dose de 2 ec, à la malade qui avait fourni le sang.

Il y eut 3 injections qui semblèrent amener une améhoration, notamment du côté de la tachycardie, des tremblements et de la température.

Nous désirions poursuivre celle étude, mais à ce moment el comme nous tardions à lui faire une nouvelle injection de ce sérum, que la malade prétendait l'avoir

lort améliorée, elle quitta l'hôpital, et nous n'avons

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pas encore eu l’occasion de renouveler cette tentative, ce que nous nous proposons cependant de faire,

À rapprocher de ces essais sérothérapiques le procédé thérapeutique qui consiste à faire ingérer des lobes thyroïdes aux Basedowiens.

On peut se demander si l'on ne provoque pas ainsi chez l’homme, par le même mécanisme que chez les animaux, la formation d'anticorps spécifiques et si les améliorations signalées par ce traitement par nombre d’auteurs, et notamment par Gauthier de Charolles, ne se sont pas produites par ce mécanisme.

Nous avons tout dernièrement tenté avec M. SA d'immuniser une chèvre, contre les produits thyroïdiens du mouton.

Pour cela, à une chèvre de 8 kilos nous avons injecté tous les trois jours pendant un mois l'extrait de deux lobes thyroïdes de mouton, extrait préparé aseptiquement et suivant le procédé que nous avons décrit plus haut. Nous injections cet extrait directement dans Île péritoine.

Au bout d'un mois la chèvre fut saignée par la jugulaire et nous avons injecté de son sérum pendant quatre jours à la dose quotidienne de 10 ce. à un mouton.

Au bout du troisième jour ce mouton a présenté des troubles dans la marche. De plus il restait couché, ne bougeait plus, même pour manger, et a présenté de la diarrhée.

À ce moment nous lui avons enlevé un lobe thyroïde pour'en faire l'examen histologique. Ce lobe présenterait de la chromatolyse et des vacuoles anormales,

Il nous semble en résumé que l'hématothérapie peut donner des résultats, des améliorations, et même parfois, quoique rarement, des guérisons dans certains goîtres exophtalmiques.

De même, si une comparaison nous est permise, que certains diabètes sont améliorés par la privation de sucre et un régime approprié. (Cependant le diabète n'est pas une maladie primitive du foie, tout le monde reconnaît l'existence de différents diabèles, diabète d'origine bulbaire, pancréatique, ete.) De même le goître exophtalmique ne reconnaît pas une origine univoque, les influences qui peuvent produire la dysthyroïdation sont multiples. Sans nier qu'il existe parfois des goîtres exophtalmiques d’origine thyroïdienne primitive, on peut reconnaître des goîtres basedowiens, d’origine bulbaire, infectieuse, cardiaque, et surtout par retentissement du défaut de sécrétion ou du vice de sécrétion d'une autre glande à sécrétion interne (cas de tabès et Basedow, rapports avec l’hypophyse, etc). Nous insisterons surtout sur ce fait qu’un grand nombre de maladies de Basedow surviennent

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après la castration, comme nous en avons plusieurs observaliôns.

En revanche il y a nombre de cas où la guérison de la maladie de Basedow est survenue après la castration.

Nous n'insisterons pas sur les rapports du goître exophtalmique et de la grossesse si bien mis en lumière par le Professeur Joffroy.

Il n'y a donc pas une maladie de Basedow, mais des maladies.

S1 la symptomatologie est la même, l’origine et la cause actuelle en sont très différentes.

On conçoit donc que l’hématothérapie puisse être un moyen de diagnostic précieux. Elle devra toujours être essayée.

Si l’on a affaire à une maladie par dysthyroïdation uniquement, la cause primilive ayant disparu, le traitement agira, améliorera et même pourra guérir. Dans le cas contraire et sans s’attarder à l'hématothérapie, on tâchera de trouver la cause et d’instituer un traitement en conséquence.

De toutes façons quelle que soit l’origine de la maladie, quelle que soit la cause faisant que le corps thyroïde sécrète un produit vicié, il y aura avantage à neutraliser dans l'organisme ce produit vicié, à annihiler en quelque sorte la sécrétion et le pouvoir sécrétoire du corps thyroïde, sans cependant aller jusqu’à la destruction el ceci est une affaire de doses.

De facon à ce que le malade se trouvant dans de meilleures conditions, il soit possible d’instituer une médi-

calion énergique contre la cause provocatrice, et d'obtenir ensuite une véritable régénération et de lä glande thyroïde et de sa fonction. Cela sera l'œuvre des sérums cytotoxiques.

La spécificité des anticorps n'étant pas une spécificité zoologique, mais ayant surtout une action prépondérante sur les éléments vis-à-vis desquels on l'a préparée, il semblerait que l’on puisse préparer des sérums cytotoxiques pour l'homme au moyen de glandes d’animaux, injectées à d’autres animaux. Cependant, et l'ex. périence Fa prouvé, la spécificité zoologique n'est pas à négliger,

Aussi pour préparer un sérum thyroloxique et cela pour des thyroïdes de malades atteints de maladie de Basedow, vaudra-t-il mieux s'adresser à des corps thyroïdes humains et surtout à des corps (hyroides de Basedowiens (dans ce dernier point 1l y a une très grande difficulté).

Il y aurait donc intérêt à employer des corps thyroïdes frais, obtenus soit après opération de goïtres, soil après aulopsie, cependant, dans ce dernier cas un certain nombre de précautions seraient nécessaires pour se garder d'employer des corps thyroïdes en état de décomposion cadavérique. De mème il faudrait se garder de prélever des glandes prises sur des mdividus ayant succombé à des états infectieux, ou à des maladies chroniques ayant pu retentir sur le corps thyroïde.

Il nous semble, quoique pour l'obtention de certains

sérums on «it prétendu le contraire, que dans aucun cas

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ces glandes ne devront subir les longues manipulations anbiseptiques auxquelles les ont soumises MM. Beebe el Rogers, manipulations délruisant les ferments thyroïdiens possibles et transformant les substances chimiques, définies, contenues dans la glanie.

C'est l'extrait de la glande fraiche, extrait obtenu par les procédés que nous avons précédemment indiqués, qui devra être injecté à des animaux, de préférence à des herbivores (l'expérience a montré que le mouton était en ce cas l'animal de choix).

Il nous semble que dans aucun cas on ne devra employer la méthode rapide, qui provoque un très grand amaigrissement de l'animal, et le rend sérieusement malade; mais la méthode des petites doses par injeclions périlonéales d'extrait, doses longtemps continuées. Ce n'est que par de nombreuses expérimentations que l'on parviendra à discerner les doses nécessaires et la durée utile des injections.

Il paraît probable que l’on obtiendra ainsi un sérum cylotoxique spécifique pour le corps thyroïde et qui permettra alors, les mauvais effets de la sécrétion thyroïdienne viciée, annulés, d'agir suffisamment sur la cause initiale, différente chez chaque malade, de la maladie de Basedow et d'obtenir en un grand nombre de cas la guérison. La régénération thyroïdienne, d'après de nombreuses expériences ne faisant pas plus de doute que la régénération hépatique, par exemple.

Nous souhaitons pouvoir un Jour nous consacrer à ces

expériences et à celles qui en découlent.

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