ACTE I, SCÈNE YI. ix
bon Antoine , n ai-je pas bien fait de refuser Georges ce
matin ?
théodoue (étonné).
Georges !
LIA
Oui , un jeune colon, qui est venu me demander en mariage , et que j'ai refusé : mon cœur n'est-il pas tout à toi !... Ah ! je n'aurais jamais pu supporter ta longue absence , si le ciel ne m'eût envoyé une amie...
THÉODORE
Une amie ?
LIA
Une jeune Française Je l'aimai dès que je la vis;
elle était du même pays que toi ; son mari est mort quelque temps après leur arrivée. Je la consolai, et notre tendre intimité lui fit bientôt oublier sa douleur, et me rendit une partie de ma gaîté.
THÉODORE (« part).
Aimable enfant !
LIA
^ir de V Angélus.
Elle regrettait chaque jour
Et ses parens et sa patrie;
Et moi j'espérais le retour
De celui dont j'étais chéiie.
Ainsi nos cœurs plus satisfaits
Sentaient moins les maux de l'absence,
Je diminuais ses regrets,
Elle augmentait mon espérance.
THÉODORE
Mais où est-elle donc? Je brûle de la voir-, l'amie de Lia in est déjà presque aussi chère qu'à elle-même.
LIA
Je ne sais pourquoi elle s'est retirée à notre approche. . .
12 LIA
Mais, monsieur..., prenez garde.... IN 'allez pas laimer plus que moi — Céline est bien jolie !
THÉODORE {étonné).
Céline, dis-tu?
LIA
Oui, la veuve de M. Dercourt..,. Est-ce que lu la
connais ?
THÉODORE (trouhlé).
En France... sa famille était liée à la mienne.
LIA {joyeuse).
L'heureuse rencontre ! . . . Comme elle sera contente
de te voir... Je vais l'appeler.
THÉODORE (Tarrêtant).
jNon, non... Allons d'abord embrasser ta mère.
LIA (souriant avec sentiment).
Oui, ma mère dabord 5 tu as raison... {à Antoine)
Antoine , cache cela à Céline , et dis - lui de venir nous
rejoindre... Je veux jouir de sa surprise.
AINTOIKE.
Oui , mademoiselle ( Lia entre dans la chambre de sa mère; Théodore la suit).