ACTE II, SCÈNE VII
Si tu croyais ton honneur engagé à nie donner ta niain^ si tu te faisais un devoir de ces sentiniens que tu me témoignes..., Théodore se résignerait sans doute à accomphr ce devoir 5 mais son cœur en gémirait peut-être, et plein d'un autre souvenir, il n'aurait pour la pauvre Lia qu'un intérêt trop voisin de la pitié... Je serais bien malheureuse alors..., et tu le serais aussi... THÉODORE (vivement).
Avec toi, jamais!... Si le bonheur est pour moi quelque part, c'est dans ton amour..., c'est à tes pieds. LIA (souriant).
Fort bien, Monsieur..., vous plaidez votre cause à merveille. . . 5 mais la mienne. . . Depuis ton arrivée, Théodore , j'ai remarqué en toi un changement...-, je t'ai surpris rêveur, agité... Soyons sincères!... tuas un chagrin; mais quel est-il?... C'est le premier dont tu me fasses mystère , et voilà précisément ce qui me l'a fait deviner.
Air d'jâristippe.
Entre deux cœurs qu'amour engage
La confiance est un devoir.
Peines, plaisirs, tout se partage; Ce que l'un sait, l'autre doit le savoir.
Mais quand la confiance cesse, Quand un amant, jusqu'alors sans détour,
Cache un secret à sa maîtresse , Ce secret-là... doit être un autre amour...
THÉODORE {trouhîe).
Un autre amour !... Lia, tu penserais... LIA (jcivec plus de fermeté).
Encore une fois, Théodoie..., soyons sincères!...
THÉODORE
Eh bien! oui, Lia..., ma coniiancc en toi... doit être
4o LTA.
sans bornes, comme l'amour que tu mérites... En France, avant de te connaître..., une femme... Mais que ses paroles m'abusèrent !.. . que son cœur était loin du tien... Elle me trompa-, elle fut parjure... Je crus en mourir; je quittai ma patrie, et... tu sais le reste — Ta tendre affection a ranimé mon coeur flétri par mon chagrin si cruel...-, et tu crains que je ne conserve pour ime autre des sentimens qui ne sont dus qu'à toi?.... Oh ! non. non!
^ir de Céline.
Je veux oublier l'infidèle, Mais sans cesse je veux penser Qu'aux sermens que j'ai reçus d'elle, La perfide a pu renoncer...
Que d'avoir tralii ma tendresse Rien ne peut la justifier.
LIA (doucement).
Mon aïoi , pense-t-on sans cesse ) . A celle qu'on veut oublier I j
THÉODORE
Rassure-toi , Lia , ces pensées ne feront qu'augmenter mon indifférence pour elle , et mon amour pour toi.