‹ Liber memorialisChapitre 165 sur 336 · TRO · texte numérisé non relu

TRO

de cours ; de plus , Tautorisation d'enseigner ne s'étendait pour eux qu'à une année académique, el devait être régulièrement redemandée. M. Troisfontaines eut confiance en son étoile ; aussi bien M. Rogier lui avait promis, sHl réussissait^ de ne pas retarder trop longtemps sa nomination de professeur extraordinaire. Ce titre lui fut conféré le 24 septembre i857. L'arrêté de nomination le déchargea du cours d'histoire littéraire et lui donne mission d'enseigner, concurremment avec l'histoire politique de l'antiquité, les antiquités grecques et romaines (v. l'art, de Closset). M. Troisfontaines est professeur ordinaire depuis le 24 sept. 4857; il a rempli, en 4860-4861 , les fonctions de secrétaire académique. — Plusieurs articles de M. Troisfontaines, publiés dans des recueils périodiques ou séparément, ont été fort remarqués ou ont même donné lieu à des polémiques passionnées. Nous citerons entr'autres un travail critique sur Y Histoire ancienne de M. le professeur Altmeyer, inséré dans la Revue de Bruxelles, et vivement attaqué par M. A. Massart dans V Annuaire de la Société des étudiants de r Université libre de cette ville (1840, p. 452-177). Deux notices consacrées,l'une à son maître, J. deGoerres (de Munich) , l'autre à l'un de ses amis les plus chers , Léon de Closset(4866), méritent encore une mention (*). Dans la presse quotidienne, M. Troisfontaines s'est surtout occupé de politique étrangère; pendant des années, il a observé très-attentivement la marche des affaires européennes et publié de nombreux articles sur les questions à l'ordre du jour. En matière scientifique , son travail le plus important jusqu'ici, est un traité d'Antiquités romaines envisoifées au point de vue des institutions politiques (!"' édition, Lié^e , Henard, 18G2, în-8'' de 184 p.; 2« édition, Bruxelles, Decq, 4860, in-8° de 260 p.). C'est la première partie d'un travail considérable, qui embrassera les antiquités religieuses, militaires, etc., aussi bien

que les antiquités politiques et judiciaires. La première édition comprend quatre livres, la seconde cinq livres , précédés d'une introduction sur les origines de Rome, et spécialement consacrés aux différentes conditions sociales.

La seconde éditiou est de beaucoup supérieure à la première, et tout-à-fait au courant de la science. On y remarque plusieurs théories nouvelles, ou du moins adoptées décidément par l'auteur après de nouvelles recherches. Il abandonne l'hypothèse de la conquête de Rome par les Etrusques et considère la ville éternelle comme une cité italique et non comme une cité latine, contrairement à l'opinion de Mommsen. Il donne de h gens une définition qui à elle seule en explique l'origine : La gens, dit-il, est un ensemble de familles unies par le lieu de l'agnation, mais ayant perdu, à cause de l'élolgnement des temps, le souvenir de leur commune extraction.

Il substitue le nom de tribus consanguines aux expressions trop vagues de tribus de race ou tribus génétiques. Il fait comprendre pourquoi le nombre des gcntes était illimité, celui des curies limité : les curies étaient des corps politiques investis de la souveraineté, -personnification des trois tribus à qui revenait la même part de pouvoir, puisqu'elles formaient ensemble un même Etat. Il maintient l'exclusion des plébéiens des curies, en tant que celles-ci étaient des corps politiques; en revanche, il les y admet en tant qu'elles étaient des corporations religieuses , mais alors seulement qu'elles avaient perdu toute influence sérieuse sur la marche des affaires. Il soutient que les Comices curiales ratifiaient l'élection des magistrats à imperium; d'autre part, il est porté à croire que la ratification des lois ne doit être attribuée qu'aux seuls patriciens du Sénat. Il distingue soigneusement les Latins d'Italie des Latins extra-italiques, et leur accorde le droit de mariage, qu'il avait cru d'abord devoir leur refuser.

Le chapitre consacré au droit italique

(*) Celte notice est la reproduction de l'éloge funèbre de L. de Closseï, prononcé par M. Troisfontaines le 14 septembre 1866,

en séance solennelle dans la Salle académique (v. l'art. DB Closset).

VAN

est entièrement neuf et à peu près exclusivement propre à Tautenr. Le livre de M. Troisfontaines s'adresse aux étudiants; la forme en est sëmi-développée, évitant également la sécheresse d'un programme et tout étalage d'érudition qui ne serait de mise que dans un travail destiné aux savants de profession. — M. Troisfontaines prépare depuis longues années une Histoire des Athéniens, qui aurait vu le jour dès 1857, si une maladie grave contractée cette année même, et si depuis lors, des fonctions nouvelles n'avaient empêché l'auteur d'y mettre la dernière main. — M. Troisfontaines a été nommé chevalier de rOrdre de Léopold le 5 novembre 1867, date du premier jubilé de l'Université.

Van Aub«»i (Jean-Chari.es), né à Meersen (duché de Limbourg) le 4fév.

1852, a fait de bonnes études bumanitnires â l'Athénée royal de Maestricht.

— Il se rendit ensuite à l'Université de Gand, pour y suivre les cours de la candidature en sciences physiques et mathématiques. Au bout de quelque temps, se sentant peu de goât pour les sciences positives, il vint à Liège (18S4) avec l'intention d'embrasser la (^arrière médicale. Il subit l'examen de candidat en sciences naturelles avec grande distinction; dans toutes les épreuves suivantes, il atteignit la plus grande distinction. Pendant le cours de ses études, il concourut avec succès, tour à tour, pour la place de prosecteur du cours d'analomie et pour celle de chef de clinique des accouchements.

Désireux d'entendre les maîtres étrangers, il alla plus tard fréquenter les écoles de Paris et de Berlin, puis revint à Liège pour y pratiquer la médecine. Ses services universitaires remontent à 4865; il est, depuis cette époque, préparateur du cours de médecine opératoire et consenateur du cabinet des instruments de chirurgie.

Son désir d'étendre toujours ses connaissances dans l'art de guérir lui a

(*) La famille Yan Hulst est conoac en Hainaut depuis le lemps de Marie de Hongrie ; la direction des jardins royaux de

valu la position qu'il occupe aujourd'hui dans l'enseignement. En 1866, il a subi at^ee la plus grande distinction i'examen de pharmacien ; c'est en vertu de ce nouveau titrequ'il a été chargé de suppléer Péters-Vaust (v.ce nom) dans l'enseignement de la partie non chimique du cours de pharmacie. Depuis la mort de son ancien maître, M. Van Aubel est chargé seul des cours de pharmacie théorique et pratique. — H a publié :

i^ Quelques mots sur ropération césarienne. Bruxelles, 1865, in-8^ de 15 pages.

Exir. du Bulletin de tAcad. rotf, de médecine de Belgique, t. VI, nfi 9. L'auteur, s'appuy&nt sur un principe de Bicbat, pitH pose un procédé enliërement nouveau, ayant pour but de prévenir la péritonite en soustrayant le pins tôt possibtc la cavité péritonéale à tonte influence extérieure.

^ Nouveau procédé de céphalotripsie.

Bruxelles, 1864, in-S'^de 12 p., avecfig.

Même Bulletin, t. VII, n« 7.— H. Van Anbel décrit un eéphalotribe de son invention el en fait ressortir les avantages.

Van HuiRt (Félix-Albxandre-Joseph) , ^ , né à Fleurus, le 19 février 1799 (*), eut pour premier maître le curé de son endroit natal, puis fut envoyé, à l'âge de neuf ans, au presbytère de Moussy-le-Neuf, près Dammartin, et de là chez l'abbé Lefranc, à Bruxelles, qu'il dut quitter pour entrer aa Lycée de cette dernière ville, lorsqu'un décret impérialeutenjointauxélèves des pensionnats particuliers de suivre les cours des établissements universitaires.

Il obtint quatre années de suite le prix d'excellence ; reçu bachelier ès-lettres, il se flt inscrire à l'Ëk^oIe de droit de Bruxelles ; mais des affaires de famille (à l'époque de son séjour en France, il avait perdu son père) le forcèrent, an bout de six mois, d'interrompre ses études pendant un an et demi. Cet intervalle fut consacré à l'étude d'un procès ardu et compliqué: il plaida lui-

Mariemont y a été une charge héréditaire jusqu'à la Hn du XVin« siècle.

VAN

roême sa cause et la g[agna. A peine débarrassé de cette affaire, à peine porté sur la liste des étudiants de TUniverslté de Liège, il dut s*engager de nouveau dans le dédale de la procédure.

EnOn, libre de soins, il soutint une thèse De utilitate in Ethicesprœceplis et rerum pubîicarum legibus comtituendis considerandà^ et conquit le diplôme de docteur en droit, le 8 mai 1822. H n*avait pas attendu ce moment pour tailler sa plume : dès 1818, il avait rédigé une Noike sur la vie et les ouvrages de Servan, publiée Tannée suivante en tète de Fédition liégeoise des OEuvres choisies de ce jurisconsulte (*). A TUniversilé, il s'était intimement lié avec quelques jeunes gens d*élite, dont Tinfluence Tentraîna de bonne heure dans les régions orageuses de la presse. Ëni824, une association se forma entre MM. Paul Devaux (*), Lebeau, Charles et Firmin Rogier, Van Huist et Henri Lignac (ce dernier imprimeur-éditeur), pour fonder, sous le litre de Mathieu Laensbergh, un organe de Fopposition resté célèbre.

M. Van Hulst s'y occupa principalement de politique générale, et d'autre part des projets de Code pénal, d'instruction criminelle et d'organisation judiciaire. Rien ne manquait, dit un écriyain français, à la prospérité de cette feuille : M. Devaux y apporta sa raison grave et froide, M. Lebeau son esprit caustique et mordant, M. Charles Rogier sa plume chaleureuse, toujours pittoresque et vive ('). a Le Mathieu Leansfcrr^y, écrivait en 1827 VHermte en Belgique, est, de tous nos journaux, le meilleur; lui seul s'occupe sans re-

(') Liège, CûlIardiD, 1819, S vol. in-8«. ToDS les exemplaires do celte édition ne contienoeat pas la notice de M. Van Hulst. Elle a été réimprimée en 1843 dans les Mélangea, p. 71 et suiv.

(*} M. P. Devaux, celle mémo année, dédia sa thèse à M. Van Hulst.

(*) V. Ul. Capitaine, Recherches tur les Journaux liégeois. Liège , Desoer , 1850, p. 175. — La correspondance luxembourgeoise fut écrite pendant plusieurs années par H. J.-B. Nothomb, aigourd'hui ministre de Belgique à Berlin.

(*) Ibid., p. 176. < Sous le roi Guillaume et au Congre», écrivait récemment If. P. Devaux (lettre à V Impartial de Bruges,

lâche des intérêts de la nation ; lui seul met le vulgaire au courant de ses droits et de ses devoirs ; lui seul ose critiquer ceux des actes du Gouvernement qui semblent s'écarter des véritables principes du droit public ! » Une critique se mêlait à ces éloges : VHermite ne pouvait comprendre que nos jeunes et ardents libéraux ménageassent le parti catholique. C'est à Liège, ajoutait-il, qu'il faut le combattre corps à corps ; mais le Mathieu Laensbergh cède malheureusement âi des considérations trop positives . . . Rien n'était plus injuste que ce reproche ! C'était par conviction politique que MM. Rogier, Devaux et consorts refusaient de rompre en visière avec les amis de l'épiscopat. « En demandant que le pouvoir civil fût indépendant du clergé, dit très-bien M. U.

Capitaine, le Mathieu Laensbergh reven* diquait pour celui-ci les libertés et les firanchises que lui déniait le gouvernement hollandais (* ).» Le Mathieu Laensbergh n'avait point été fondé dans des vues sordides, mais au contraire pour prendre courageusement la défense des intérêts nationaux, pour propager dans le pays les idées qui triomphèrent en i850. Cependant la polémique devenant de plus en plus vive, on crut devoir donner au journal un litre plus en rapport avec son caractère. A partir du h^ janvier 18â9 , il s'appela le Politique. Son influence ne ût que s'accroître dans le cours des deux années suivantes; ses rédacteurs jetèrent les premières bases de cette fameuse Union sous laquelle devait succomber le royaume des Pays-Bas (*). Ils n'en continuèrentpas

6 janvier 1864), pourquoi nous trouvionsnous dans les mêmes rangs ? Pourquoi avai»je pu la premier donner à doux opinions différentes l'idée de se rapprocher dans ce ou'on a appelé l'union des catholiques et des bbéraux? Parce qu'à cette époque le clergé et son parti ne demandaient et n'ambitionnaient que leurs libertés. »

(■) V. la note précédente (Cr. Th. Juste, Les fondateurs de la monarchie belge :

Joseph Vebeau. Bruxelles, 1865, in-8<>, p. 7. — Quelque temps avant la Révolution, P. Kersten, rédacteur en chef du journal catholique le Courrier de la Meuse, s'entendit ouvertement avec SOS confrères du Politique,

VAN

moins à développer Tespiit libéral dans la province de Liège ; mais surlout ils hâtèrent Tavènement de l'indépendance belge, en combattant avec la plus grande vigueur les mesures impopulaires de Guillaume I. Le gouvernement s'émut à plusieurs reprises : plusieurs articles furent incriminés ; M.

Yan llulst eut deux fois à plaider la cause de M. Cb. Rogler ; une autre fois, il fltrestituer au journal desdroits considérables indûment perçus pour le timbre (*). Les citations tombaient comme grêle; un jour, c'était Weustenraad qui avait écrit contre les tralnevrs de sabre (*); le 16 Juillet 1859, c'était la rédaction du Politique presqu'au complet, que le juge d'instruction mandait chez lui pour s'expliquer sur quatre articles injurieux pour le chef de l'Etat. La Révolution suspendit les poursuites ; le Politique vécut longtemps encore, mais dans des conditions nouvelles; à l'exception de H. Lignac, ses anciens rédacteurs le quittèrent pour devenir des hommes d'Etat et se charger ainsi d'appliquer par eux-mêmes les doctrines dont ils avaient assuré le succès. M.

Yan Hulst ne les suivit pas dans la capitale : sa dernière intervention dans les affaires du temps remonte même plus haut que la Révolution : nous faisons allusion ù une Consultation qu'il publia, avec M. Doreye, pour M. Ducpétiaux et de Potter, que le gouvernement avait fait incarcérer. Yers la fin de i850, il fut mandé chez le gouverneur de la province de Lié^e, M. de Sauvage, qui l'engagea à solliciter la place d'avocat des domaines. II hésita d'abord ; le gouverneur passa outre et le mit en tête de la liste des présentations. Ce fut au tour du ministère de faire quelques diificultés ; enfin M. Yan Hulst l'emporta, et nous l'avons vu jusqu'à ces dernières années s'acquitter avec un zèle infatigable des devoirs de

sa charge, tout en consacrant ses loisirs à des travaux littéraires qui auraient suffi, à eux seuls, à remplir l'existence d'un homme moins actif et connaissant moins le prix du temps.

Les lettres ont exercé sur H. Yan Hulst, depuis sa première jeunesse, des séductions irrésislibles. L'enseignement de Rouillé (v. ce nom), au Lycée de Bruxelles, avait exercé sur lui une telle influence, que ce fut pour entendre encore cet aimable professeur qu'il choisit, pour y faire ses études, l'Université de Liège, où Rouillé monta en chaire dès 4817. Cependant ce ne fut que plus tard que M. Yan Hulst s'occupa tout ù fait spécialement de littérature française. Il eut d'activés relations avec Warnkœnig et Wagemann, qui lui conseillèrent d'entrer dans l'enseignement et de viser à une chaire de philologie. Etudiant en droit, il se jeta passionnément dans l'étude du droit public et du droit pénal sous la direction deDestriveaux (v. ce nom), qui ne se contentait pas de stimuler ses élèves par l'éloquence hardie de ses leçons, mais se plaisait à réunir chez lui. tous les dimanches malin, pour les entretenir des questions à l'ordre du jour, quelques jeunes gens choisis , parmi lesquels MM. Yan Hulst, Barbanson, Picquet (de Mons), Yan Hocgarden,etc. — Mais Rouillé, devenu le beau-père de M. Yan Hulst vers l'époque où celui-ci s'établit comme avocat, devint par excellence son guide et son modèle. Ils vivaient sous le même toit ; leur salon, à partir de 1 H25, devint insensiblementun centre où se réunissaient volontiers les amis des lettres et des ^rts. Rouillé lisait admirablement ; on ne se lassait pas de l'entendre ; mais comme lui-même finissait par se fatiguer, on prit le parti de se répartir les rôles, et une fols l'habitude prise, on la conserva, même après la mort de Rouillé ('). On se sou-

( < ) £d cetto circoDstanco , Raikem fut favocat du Courrier de la Meuxe, Lcsoinne celui du Journal de Liège; ce dernier procès est antérieur au changement de titre du journal. Notons en passant que les magistrats n'étaient pas alors inamovibles.

(*) Il eut pour défenseurs MM. Van Hulst

et Jaminé.

(*) Rouillé fut déclaré ëmérile le 46 décembre 4830, par l'arrêté qui supprimait la Faculté des lettres de Liège. Ce fui un coop de foudre pour lui comme pour Fuss etCall ; ils ne s'attendaient à rien. M. Van Halsi prit leur cause eu main. Nous avons rap-

VAN

vient encore, à Liège, de ces agréables séances qui coïncidèrent avec un mouvemenl littéraire dont les circonstances et les préoccupations d'une société nouvelle , entraînée dans une direction toute différente, ont singulièrement ralenti Fessor. Nous voulons parler de la Revue belge, dont M. Van Huist fut un des collaborateurs les plus assidus, avec Lesbroussart et M. Polain (v. ces noms). En 1843, la Société pour Fencouragement de la littérature nationale fut dissoute et la Revue cessa de paraître : M. Van Hulst reprit seul tout le fardeau et fonda la Revue de Liége^ recueil plus spécialement littéraire, qui ne vécut pas autant que son aîné, mais n*en eut pas moins une existence honorable (*). Au commencement, les collaborateurs ne manquèrent pas :

de tous les coins du pays on vint en aide au courageux éditeur ; mais peu à peu le zèle se refroidit, et M. Van Hulst se vit obligé, pour dissimuler son isolement, de rédiger sous différents pseudonymes les articles dont ses numéros étaient remplis. La presse périodique est un vampire insatiable; un moment vint (1847) où le fécond écrivain voulut en finir avec ce labeur ingrat. Il ne brûla point ce qull avait adoré ; mais, résolu de remplacer la plume par la parole, il se rappela que M. Van de Weyer, en 1845, Tavait nommé agrégé à la Faculté de philosophie de l'Université de Liège. Une chance d'obtenir le cours d'histoire de la littérature française se présenta bientôt. Ph. Lesbroussart (v. ce nom) , en demandant sa retraite (1 848), avait signalé M. Van Hulst à Tatlentlon du gouvernement. On parlait de Weustenraad (*); M. Sainte-Beuve fat nommé. Lorsque l'auteur des Portraits littéraires et des Causeries du Lundi rentra en France, Bl. Van Hulst ne fit pas de démarches : Baron (v. ce nom) quitta Bruxelles pour venir occuper la chaire vacante. Alors

M. Van Hulst, qui n'avait d'autre but que de trouver à s'occuper d'une manière conforme à ses goûts, ouvrit un cours public à l'Université (1849). Il s'adressa moins aux étudiants qu'aux gens du monde; il fit moins de l'histoire littéraire que de la littérature proprement dite, suivant en cela les traditions de Sun beau-père. Il traita des sujets spéciaux, sans s'astreindre à un plan régulier; il n'entra dansle domaine de rhistoire que pour mieux analyser les œuvres des grands maîtres auxquels il s'attachait tour à tour. Les deux premières années (1849-1851), il fit en outre un cours approfondi pour quelques élèves de choix ; quant aux leçons publiques, elles étaient fréquentées par un auditoire varié, notamment par un grand nombre de dames. Le nom deM. Van Hulst figure encore au programme, bien que l'état de santé du professeur Tait forcé de suspendre son enseignement depuis plusieurs années.

M. Van Hulst s'est mis à étudier, dans ceâ derniers temps, les questions religieuses : une sér le de Lettres sur les défenseurs de VEglise, publiées dans la Gazette de Liège (') en fournit surabondamment la preuve. — Pour ne rien oublier, nous rappellerons qu'il a fait pendant longtemps partie de la Société d'encouragement pour Vinstruction élémentaire (v. l'art. ARNOi:LD),et qu'on lui doit la révision de plusieurs ouvrages classiques longtemps répandus dans nos écoles. Il a aussi cultivé l'histoire naturelle et principalement l'ornithologie (v. la Revue de Liège). 11 a publié :

1® Notice historique sur la vie et les ouvrages de Servan. Liège, Collardin, 1819, in-8".

%° De utilitate in Ethices prœceptis et rerum publicarum legibus constituendis observandà (Thèse inaugurale). Liège, Collardin, 1822, in-4« de 40 p.

L'aut6ur se rattache , eo économie poliii-

pelë ailleurs qu'ils fondèrent une Facutié liffre.

(*) La collection de la Revue de Liège forme 8 vol. in-8* (1844-1847).

( * ) Poète di8tjnguë,anteur du Remorqueur, du Uaut-foumeau et d*une foule d'antres

pièces qui ne sont pas oubliées. Weustenraad était auditeur militaire à Liège el rédacteur en chef de la Tribune, qui avait remplacé k la fois VEupotr et le Politique. (*) Organe de l'opinion catholique à Liège.

VAN

que, aux idées de J.-B. Say ; en natière de li'gislation , ses coDcIusioos aoDt celles de Bentham.

5« Mémoires et consultations juridiques : a. Pétition dn généra] Crewe h la Chambre des Communes. Liège, 4824, ln-8« (*) ; b. Précis pour Thon. John Crewe conire de Simoni. Liège,

4827, In-i»; c. Consultation pour Ch.

Rogier, avocat, et Lignac, éditeur du Mathieu Laensbergh, contre les pompiers de Liège (4827), in-4*; d. Précis pour J.-H. Moraux, prévenu de calomnies envers deux officiers prussiens,

4828, in-4<»; e. Précis pour H. Lignac contre la régie du timbre (s. d.) ; f. Consultation pour Ducpétiaux et de Potier

4 829, en collaboration avec M. Doreye) ; g, Id. pour les entrepreneurs des ifcssageries générales de ta Belgique conire M. L. Pasquet, directeur des dites Messageries à Liège, 4854, in-4*; h.

Au roi (à Toccasion du pillage de la maison Orban), 4854,in-8°; t. Des ravages de rOurlhe (4832), in-8<» (*) ; j. Mémoire adressé à la Régence de Liège sur le cours du bras de TOurthe dit Fourchu-Fossé, 4834, in-8*> ('); *.

Mémoire pour A. Rally, gentilhomme anglais, contre J.-D.-J. Beliefroid , 4832, in-8"» (*); L Post-scriptum de M. Rally (s.d.)* in-8^ ; m. Observations contre M. Fremersdorf, 4853, in-8®, avec une pi. (•).

4» Est-il juste de changer tes bases de rimj)ôt foncier'! Liège (s. d.). in-8o.

Extrait de la Revue t>elge. Ce travail, commnniquë au Congrès scientifique de Liège (4835), révoque en doute l'équité d'une révision cadastrale. Il doit avoir été traduit en anglais.

5° Rapport fait au nom de la Commission de surveillance du Collège municipal de Liège, sur la marche et le

résultat des études dans cet établissement. Liège, Dessaiu, 4837, in-8*.

Imprimé par ordre du Conseil communal.

Le bourgmestre Jamme (v. ce nom) avait chargé M. Vfln Huist de rinspection générale des écoles de Liège. 11 conserva ces fonctions 80US l'administration Tilman. Kous avons sous les yeux un Diseoun qo'il prononça, en 184â, à la distribution des prix des écoles communales gratuites de fiUes (Tiré k part, 4 p. in-8«).

6^ Essai archéologique sur Vexistence des jardins suspendus de Babylont, Bruxelles, 4837, în-8°.

Cette notice, précédée d'un Rapport de M. Roulez, est extraiic du Butl. de VAcnd, rog, de Bruxelles, t. V, p. 373, 47Set 540.

V Histoires incroyables, par Paléphate, traduites et annotées par Félix van Ilulst. Liège, Jeunehomme, 4838, in-8«de404 p.

8^ Notices sur des hommes illustres de la Belgique, insérées pour la plupart dans la Revue belge, de 485G à 4844 : a. A'otice sur le général Jardou (s. d.), in-8*', avec portrait. — h > Légénéral Ransonnet et ses quatre fils (a>ec portrait), 4836, in-8^ — c.

Le peintre J,-G* Cartier , 4837 (porlr.).

— d. Le peintre iY.-i\. de Fassin^ id., id. — e- J,-B.Plasschaert, id., id. (*).

9« Vies de quelques Beiges. Liège, Oudart, 4844, iD-8ode268 p.

Philippe de Commines. — Cartier. — Fassin. — Ransonnet. — Lambrechts. — Jardoo.

— Plasschaert.

W René Sluse. Liège, 4842, in-8« de 72 p. (portr.).

Rcprod. du Bull, de VAcad. royale de Bruxelleê, t. VIII, 4« partie, p. 43 et 416.

440 Grétry. Liège, 4842, în^*» de 99 p. (porlr.). — V. le Journal de Liège du 26 septembre 4842.

(') Le général Crewe (plus tard pair d'Angleterre) avait été détenu en France à la requête d'un ex-valet do pied du duc de Bourbon, naturalisé anglais en 4806. Celle pièce est très-curieuse à raison des questions qui y sont soulevées. Le général Crewe habitait le château de BouUicou (Sclessin tez-Liége).

(*) A propos des aflbuillcments du Fourchu-Fossé, près Fetinne.

(' ) Les affouillements ont continué, malgré

les avertissements de H. Van Hulst, dont la Régence ne voulut pas tenir compte, bien qu'ils fussent appuyés par toute la Commission.

(*) A propos d'une contrainte par corps, (') Il s'agit de l'expropriation d'une partie du pré de la Boverie, lez-Liége, pour les travaux de la dérivation de la Meuse, dont M. Fremersdorf était l'entrepreneur.

(•) V. l'art. Rouillé.

VAN

12^ Notices Jbiographii}ues publiées par la Revue de Liège, de 1844 à 1847, iû*8^ et tirées à part.

a. André Boussart (1844). — b. Le P. de Bossche {Sidronius Hosscbius, -1844) (•). — c. Le P. Bennepin d'Ath (1845). — d. Rouillé (1845, portr.). e. Abraham Ortelius (1846, id.)- — f- Bubert GoUxius (id., id.). — g- Christophe Plantin (id., Id.). — /*. Charles de Langhe (Carolas Langius) et Liévin Vander Beeke (Laevinus Torrenlius) , id. — i. Les neveux de Lœvinus Torrenlius (1847), S éditions. — j, André Sdiott (1847, portr.), t éd. — k. Jean Gruytere (Janus Gruterus), id., id., S édit.

1 5o Notice sur Etienne-Joseph Ltberl (jardinier-fleuriste). Liège , Oudart , 1845, in-8^

ik^ Mélanges. Liège, 1845, in-8'' de 575 pages (Dédié à L. Rouillé).

Analyses critiques ; barreau français ; Servan ; articles d'économie politique, d'arcbéologie, de littérature, de jurisprudence ; réim- (iression des morceaux mentionnés n^ 4, 5, 6, etc. — Bonne table analytique des matières ; en somme ^ ricbe recueil de faits concernant les bommes et les cboses du pays.

15<> Le Rhin de Cologne à Mayence; ses châteaux, ses ruines, ses coteaux ; souvenirs historiques, traditions populaires, chroniques et légendes qui s'y rattachent, ou Excursion d'un Belge en Suisse^ V partie. Liège, 184*7, in-8°de 608 pages.

Publié d'abord dans la Hevue de Liège, M. Yan Hulst, ayant renoncé à faire paraître cette Revue en 1B47, n'a pas donné suite au projet annoncé dans la S« partie du titre de cet ouvrage.

16° Extraits d^un manuel d'ornithologie domestique y ou histoire naturelle des oiseaux de volière, par F. (Félix Van Hulst), membre de la Société des sciences de Stockholm , de la Société royale d'agriculture de Lille et de quelques

( * ) Il existe deux éditions de ce travail ; la seconde est très- différente delà première. La notice du P. do Hosscbe a été écrite à l'occasion du monument qu'on se proposait d'élever au célèbre poète latin, dans la commune de Merckem (Flandre occidentale].

autres Sociétés savantes. Liège, Ou* dart, 1847, tn-B^" de 72 pages.

Extrait de la Revue dé Liège, tiré à 35 exemplaires seulement.

17° Introduction au cours public dp littérature de M. Félix Yan Bulst, contenant les deux premières leçons, suivies d'extraits et de l'analyse des autres leçons du l*' semestre de 1854.

Liège, Dessain, 1854, in-12^

Première conférence : sur l'alliance intime du vrai, du beau et du bien. — Deuxième conférence : De l'importance des principes en littérature. — Le résumé des conférences suivantes est extrait de la Gazette de Liège,

18° Rapport sur le Concours de poésie française institué à Toccasion du â5« anniversaire de Tinauguration de S. M. Lèopold I, adressé à M. le Ministre de rintèrieur au nom du jury.

Bruxelles, 1856, in-8o.

p. 20-S9 de la brochure intitulée : Fétei nationales. — Concourt de poésie française et flamande,

19'' Revue de Liège, 1844-1847, 8 vol. in-8° (Liège, Oudart), recueil mensuel (*).

20» Collaboration au Mathieu Laensbergh; articles de critique littéraire dans la Revue belge (entre autres une appréciation des Fragments philosophiques de Gibon : v. ce nom) et dans la Revue de Liège ; Lettres sur les défenseurs de VEglise, dans la Gazette de Liège, etc.

M. Yan Hulst est chevalier de Tordre de Lèopold depuis le 19 juillet 1856.

* Yonlatr (CoNSTANT-FbANÇOIS), Uè

à Créteil (Seine) le 21 janvier 1839, flt de brillantes études humanitaires à FÂthénèe royal de Namur (1850-1855) et se fit ensuite inscrire à l'Université de Liège, où il fréquenta les cours de la Faculté de médecine. Il subit avec distinction répreuve en philosophie (') et

( » ) V, Ul. Capitaine, Bech. sur les journaux liégeois, p. 217-Î19.

(*] Remplacée aujourd'hui, pour les élèves en médecine, par un simple certificat de fréquentation (avec fruit) du cours de psychologie.

Page 1