II. MUSÉE DE BOTAMIQIE
Ce Musée, mentionné dans la notice de Pb. Lesbroussart sous la rubrique :
Cabinet d'anatomie végétale, de carpologk, etc., a été fondé en i836 par Cb. Morren. ttC*est le seul de ce genre, écrivait Fauteur qu^on vient de citer, qui existe en Europe. Les dissections des plantes y sont conservées dans de Tesprit de vin, et Ton y compte aujourd'hui (1838) au delà de 1,300 préparations molles, parmi lesquelles on remarque les injections au mercure des vaisseaux des plantes, des dissections de trachées, de tiges, de feuilles, de fleurs, etc. Les pièces de tératologie végétale , la collection des champignons , Texposition des familles naturelles y méritent une mention spéciale. Il y a en outre un fruitier classé d'après Lindley, une collection carpologique classée par familles, une grande série de céréales, une collection de bois de toute espèce, un palmier de trois siècles, un herbier général et de la province {*) extrêmement riche, une collection de produits des plantes, de matières textiles , etc. — Les végétaux fossiles extraits des terrains bouillers de la province de Liège forment une collection des plus curieuses. M. Sauveur et feu R. Courtois y ont reconnu 91 espèces, dont plusieurs nouvelles ».
Nous avons rappelé ailleurs (art.
ScHMERLiNG , col. 56i) qu*un Congrès scientifique s'ouvrit à Liège le 1'''' août 1836. La section des sciences naturelles ayant visité avec une vive satisfaction le Musée naissant, et appréciant toute l'importance d'une semblable collection, proposa de voter des remerclments à Fauteur de ce nouveau monument élevé à l'afiatomie et à la physiologie végétales, a Les préparations de M. Morren , disait son rapporteur , doivent être signalées comme un modèle à Imiter, dans les grandes villes de l'Europe où les sdences nafturelles sont Tobjet d'un enseignement complet.» Ce vœu fut approuvé publiquement dans la séance générale du Congrès.
H. Ed. Morren a donné tous les soins, depuis 1855| au Musée de botanique fondé par son père. Il s'est surtout efforcé de le nendre aussi utile que possible à l'enseignement* Mais pendant plusieurs années il a dû se contenter d'en améliorer la disposition : les ressources de son budget lui interdisaient forcément l'acquisition de nouveaux objets. Ce n'est guère qu'à partir de 18C2 que le Musée a recommencé à pfendre du développement. Nous mentionnerons, parmi les achats de date récente, un grand microscope de Schidc, de Berlin ; divers appareils de micrographie, de Berck et Beck, à Londres; les collections de préparations microscopiques d'Amadio, à Londres, et de Van Hcurck, à Anvers; les coupes de bols, de Nordlingen; les herbiers de Rabenhorst, ^Irtgen, Van Haesendonck , Rose et Bescherelle , Dossin, Van Heurck ; une collection de fruits et de racines » moulés par Buchetet, à Paris ; les vues paléontologiques d'Unger, de Vienne, etc.
Le Musée se compose aujourd'hui :
D'une galerie de technologie végétale, disposée d'après les familles naturelles, et comprenant tout ce que les végétaux fournissent ou produisent d'intéressant pour la médecine, la chimie, l'industrie le commerce, etc.;
D'une collection d'anatomie végétale;
Id. de tératologie;
Id. de pathologie;
Id. de paléontolc^e.
M. Ed. Morren l'a enrichi, dans ces derniers temps, d'un nombre considérable de dons que lui ont valus ses relations étendues sur toute la surface du globe, et notamment de 5 à 6,000 objets recueillis en 1867 à l'Exposition «universelle de Paris, et provenant de toutes les colonies et répons étrangères.
Direction du Musée.
1836. Ch. Morren.
1855. Ed. Morren.
III. NOTE SUPPLÉMENTAIRE CONCERNANT LA CHAIRE ET LE MUSÉE d'AGRICULTURK.
Le Conseil provincial de Liège, dans
(*) L'herbier de R. Courtois.
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C0UECTWN3.
sa séance du 20 juillet 1837, émit le V(feta dé soUicitèlr du gouvernement la création d'une Ecole des arts et manufactures et rérectiott d'une chaire d'agriculture et d'économie forestière à ITJniversité de Liège ( ' ).
L'administration communale de Liège, convaincue des avantages qui résulteraient pour la ville et la province de l'exécution de ce projet, prit à sa charge (séance du 24 mars J838) la constructien des bâtiments nécessaires , â condition que l'Etat et la province pourvoiraient aux frais :
i^ De l'acquisition des machines et des ustensiles ;
2® Du personnel et de l'entretien du matériel.
Cette proposition fût admise, et il y fut tout d'abord donné suite en ce qui concernait l'Ecole des arts et manufactures.
Dans sa séance du U juillet i84i, le Conseil provincial chargea la Députation permanente de faire, auprès dn gouvernement, les démarches nécessaires pour la mise à exécution de la seconde partie de sa résolution du 20 juillet 4857, c'est à dire pour l'érection d'une chaire d'agriculture , moyennant une somme de 4,000 frs., quiserait consacrée k l'achat d'instruments aratoires modèles et de plantes intéressant l'économie rurale et forestière.
Le 25 mars 4842 parut un arrêté royal établissant, près de l'Université de Liège, un cours d'économie rurale et d'agriculture.Le professeur Ch. Morren fut chargé de ce cours ; D. Henrard, horticulteur à Liège, fut nommé démonstrateur, chargé de tout ce qui concernait le matériel (*).
Au moyen des subsides alloués par l'État et par la province, des instruments aratoires modèles furent acquis en Belgique et dans les pays étrangers : ainsi mt formé le noyau d'un Musée
agricole. Des graines et des plantes furent également achetées, et placées dans une partie du Jardin botanique réservée à cet effet.
La maladie et la mort de D. Henrard (•)et l'état de santé de Ch. Morren arrêtèrent, à partir de 4855, le développement du Musée agricole.
D'un autre côté, le gouvernement s'était préoccupé, depuis 4849, d'organiser régulièrement, dans les différentes régions du pays, l'enseignement de l'agriculture.
Un arrêté royal du 48 juillet 4863 rapporta celui du 25 mars 1842. Un arrêté ministériel du même jour décréta que les instruments composant le Musée agricole de l'Université de Liège seraient transportés à l'Institut de Gembloux.
Professeur d'agriculture et directeur du musée agricole,
4842. Ch. Morren.
Démonstrateur.
4842. D. Henrard.