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COLLECTIONS QCI EN DÉPENDENT

L*enseignement de la chimie a pris graduellement chez nous, depuis la réor-

ganisation de 1855, un développement et une importance qui ne font, et selon toute apparence ne feront que s'accroître encore, pourvu que Fadministration communale se décide à décréter Tagrandissement des laboratoires, devenus insuffisants au-delà de toute prévision. Ce fait s'explique, d'un côté, par la destination spéciale assignée à notre Ecole des arts et manufactures (v. ci-dessus« col. 1026 et col. 10312) ; de l'autre , par l'extension progressive des industries chimiques dans les provinces de Liège et de Namur, extension due pour une bonne part, on ne saurait le méconnaître, à l'influence de l'Ecole. Un laboratoire de recherches (v. col.

1047), enfin, était depuis longtemps reconnu nécessaire; à un moment donné , on s'est trouvé pour ainsi dire rois en demeure de réaliser ce projet.

C'est une première satisfaction donnée aux intérêts les plus élevés de la science comme aux intérêts bien entendus de la haute industrie; cependant, ne le dissimulons point, ce laboratoire est loin d'être ce qu'il sera sans doute un jour.

Nous sommes bien loin de l'époque où il n'existait à rUniversité qu'un simple cours de chimie générale et appliquée, confié à Ch. Delvaux, avec le docteur Simon pour préparateur. La docimasie fut l'objet d'un enseignement spécial à partir de 1828 ; mais les sciences chimiques n'ont pris décidément leur essor à l'Université que dans l'enceinte des Ecoles régénérées. On a fait connaître plus haut (col. 997) la division actuelle des cours (théoriques et pratiques) qui leur sont consacrés : il importe maintenant de renseigner le lecteur sur les ressources matérielles mises à la disposition des professeurs de chimie.

A. Laboratoires.

Les laboratoires actuels de chimie générale, de docimasie et de manipulations chimiques ont été construits en 1851 par M. l'architecte Rémont, sur

(<) De 1817 à 48iâ, le sous-bibliothécaire Terwagne porta le titre de conservateur do eabinet de physique ; postérieure-

ment, un préparateur spécial tai adjoint au professeur-conservateur.

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les indications des professeurs ('). lis occupent l'emplacement de Tancienne orangerie (v. coi. i086).

Le laboratoire de chimie générale comprend : i® un grand auditoire; 2« un laboratoire proprement dit, où le préparateur dispose les appareils et prélude aux expériences de chaque leçon. En soulevant la planche noire suspendue au fond de la tribune, où se tient le professeur, on découvre Tinlérieur dulaboratoire aux yeux des élèves, rangés en hémicycle sur les gradins élevés de Tauditoire ; 3° deux petits laboratoires à Fusa^e des professeurs de chimie inorganique et de cbimie organique ; 4** enfin une grande salle, où sont déposées les collections de chimie générale et de cbimie industrielle, tant organique qu'inorganique.

Le laboratoire de docimasie et de manipulations comprend : 1° une grande salle de travail ; 2<* un magasin pour les réactifs et les instruments ; 5" la salle dite des bahnces; 4o une autre salle-magasin.

Le laboratoire de recherches est installé vers le milieu de Taile centrale, dans une salle précédemment affectée à TÉcole de pharmacie, et qui, à Torigine, avait servi de laboratoire à Ch. Delvaux, dont Tauditoire était adjacent. 11 se compose : i^ d'une salle de travail pour 45 élèves; ^ d'une salle pour les réactifs et les instruments ; 5^ d*une salle pour 5 balances de précision , avec un bureau et une petite collection de traités spéciaux de première nécessité ; 4^ enfin, d*une cave-magasin.

Le Rapport triennal publié par M.

Piercot en i854 signale les nouveaux laboratoires de Liégê parmi les plus remarquables du royaume. Ils méritent encore cette qualification; mais, comme nous Tavons dit , ils ont cessé d*être assez spacieux pour les besoins actuels. Le laboratoire de docimasie surtout laisse à désirer, du moins au point de vue de la distribution intérieure.

B. Collections.

Le développement des collections a été longtemps entravé par la modicité des subsides alloués à renseignement de la chimie. « D'après le calcul établi par M. le professeur Cl^ndelon, écrivait M. Piercot en 1854, il n'a à sa disposition que i fr. 75 c. par leçon de chimie inorganique, pour acheter les matières nécessaires aux expériences de chacune d'elles, tandis qu'au laboratoire du Muséum de Paris , auquel jie nôtre ne le cède pas en impprtaace, on peut dépenser fr. 57-50 pour c^que leçon. Le rapport de M. de Koninck constate également Finsufiisancé du subside pour la chimie organique. »

Les allocations affectées à la chimie ne s'étalent élevées en moyenne qu'à 584 frs. par année, de 1849 à i 852: il y avait impossibilité matérielle de songer aux collections I

Les choses ont changé depuis,comme on peut le constater en parcourant les Rapports triennaux. Les subsides ont été augmentés, bien que dans une proportion encore trop minime. 11 faut dire que l'accroissement des collections est dû surtout au zèle infatigable de MM. Chandelon et de Koninck, qui ont stimulé la générosité de nos principaux industriels et ont profité de leurs voyages et de leurs visites aux grandes expositions internationales, pour enrichir les Cabinets de Liège d'un grand nombre de produits de toute espèce.

Différents composés ont été préparés, d'autre part, au laboratoire même; enfin, de bons instruments ont été successivement acquis. Les collections de chimie laissent peu à désirer aujourd'hui quant au contenu ('); ajoutons qu'elles sont parfaitement entretenues.

Elles comprennent au moment où nous écrivons (juillet 1869):

1« Une série d'appareils et d'instruments communs à la chimie générale Inorganique et à la chimie générale inorganique, au nombre de i25;

(M L^8 plans des nouveaux laboratoires éuient arrêtés dès 1836.

(*) Cependant elles sont loin d'être suffisantés pour entreprendre des travaux scientifiques exigeant de longues el minutieuses

recherches. L'attention de la Faculté, noud t'avons déjà dit à propos d'une autre collection, est dirigée sur ce point : il y a là certainement à satisfaire à Tune des principales exigett<se8 4e l'enseignement supérieur.

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2^ Une série d*appareil8 et dlnstniments pour la chimie générale inorganique (iOl articles);

5<> Des échantillons de produits inorganiques, au nombre de 98G;

A"" Une série d'appareils et instruments pour la chimie générale organique (124 articles) ( * ) ;

5^ Des échantillons de produits organiques, au nombre de 652.

Les collections dm 2 et 3 sont da domaine de M. le professeur Chandelon ; M. de Koninck a sous sa direction les dépôts n^ 4 et fi, dont il a exciasivement rassemblé les éléments.

6» Deux collections importantes d'échantillons intéressant la chimie industrielle, tant organique qu'inorganique.

Ces échantillons ont été spécialement choisis et classés de manière ft rendre visibles les tranformations que subissent, dans les manufactures, les matières premières, Jusqu'au point d'arriver à des produits achevés et susceptibles d'être mis dans le commerce.

Ces derniers, par parenthèse, sont en assez grand nombre.

Les échantillons et spécimens composant la collection de chimie industrielle inorganique (formée et dirigée par M. Chandelon) concernent :

L'eau dans ses rapports avec l'industrie. - Echantillons d'incrustations.

— Gaz d'éclairage ; gaz de la houille, du boghead, des matières grasses ou résineuses. — Eaux ammoniacales et produits accessoires : goudrons, brais gras et sels, huiles lourdes, huiles légères, noir de fumée, houille agglomérée.

Minerais des soufrières de Sicile. — RaflBnage du soufre. — Pyrites de fer.

Acide sulfurique de Nofdhausen. — Id. anglais.

Acide nitrique.

Soude brute, sel de soude, cristaux de soude, sonde caustique.

Chlorure de chaux.

Potasses extraites des vinasses de betterave, des suints.

Salpêtre.

Poudre à tirer, de guerre, de mine, de chasse.

Verres k gobeleterie , verres à vitre, verre ft glaces, verre k bouteilles.

Produits céramiques.

Couperoses. — Aluns. -— Cérase.

La collection de chimk induitrieUe organique (formée et dirigée par M. de Koninck) comprend les divisions suivantes :

Bois.— Amidon et fécules.— Sacres.

— Bières.— Vins.— AlcooL —Acide acétique. — Essences. — Corps gras.

— Cires. — Caoutchoucetgutta-percba.

Savons. — Tannage. — Gélatine. — Teintures. — Substances alimentaires (en tout, plus de 300 produits différents).

7^ Les Catalogues comprennent encore : a. Vingt-dnq grands tableaux peints , exécutés par M. Von Gross , dessinatenr au Musée de l'industrie, à Bruxelles, et représentant les appareils employés dans les principaux établissements industriel8,|ainsi que les plans détaillés de plusieurs de ceux-ci; b. Un grand nombre de planches autographiées, représentant également des appareils industriels. Ces planches sont distribuées gratuitement aux élèves ; de la sorte , les professeurs ne sont plus forcés de crayonner sur la planche des dessins, qui doivent presque toujours être cotés pour avoir une certaine valeur.

Nous insisterons encore une fois sur Tutilité des constructions rédamées pour les laboratoires. Le laboratoire proprement dit est commun aux deux professeurs de chimie, disposition dont on ne citerait peut-être pas un second exemple, et qui offre l'inconvénient d'entraver d'une .manière sérieuse les travaux de l'un et de l'autre. De pliis, ils n'ont comme auxiliaires qu'un seul et même préparateur et un seul et même garçon de laboratoire. Enfin, le subside dont ils disposent n'est plus en rapport avec l'importance que la chimie a acquise dans ces derniers temps.

Les travaux du laboratoire de recherches donnent chaque année des résuluts satisfaisants; les analyses des élèves sont publiées, s'il y a lien.

(M Dont 60 appareils spéciaux, tels que fourneaux k analyse, baromètre, pompe pneu-

matique, élnve, réfrigérants, lampes, etc.

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soit dans la Revue universelle de M. de Cuyper, soit dans les Annales des iravaua: publics. Plusieurs de ces notices ont déjà rendu des services réels aux chefs d*établissement ou aux administrations locales

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