XXXVI DOCTORAT SPÉCIAL
au traitement de Furéthrite aigne et chronique. Paris, Delahaye, 1862,
in-8M')-
11. Le 3 février 1863, M. Charles Horion, de Hermalle-sous-Argenteau, ancien chef de clinique des accouchements (18SS-18S7), a reçu le diplôme de docteur en sciences chirurgicales, après avoir publié une thèse intitulée : Des rétentions (turine, ou pathologie spéciale des voies urinaires au point de vue de la rétention. Paris, Dclahaye, un vol. in-8® de XX et 366 pages (*).
(* ) La disserlatîoo de M. Hicguet a eu deux tirages, ce qui veut dire que le public savant ne l'a pas accueillie avec moins de faveur que la Faculté. — M. Hicguet, né à Namur, le 9 janvier 4830, est docteur en médecine, en chirurgie et en Bccouchements depuis le i6 août iSM. l\ a fait une étude toute spéciale des maladies des voies urinaires et des maladies syphilitiques ; l'adm. comm. de Liège lui a confié, ii ce dernier titre, une mission d'inspection sanitaire. 11 a longtemps pris une part active à la rédaction du Seaipel, fondé et dirigé par M. le docteur A. Festraerts. Membre de phisiears Sociétés de médecine, il t publié dans leurs annales ou dans les Bulletins de l'Académie les noUces suivantes : i^ Mémoire sur une tumeur érectile de la fiice, guérie au moyen de la gai vano -caustique (Bull, de CAcad. royale de médecine de Belgique, t. XIV) ; S® Observation remarquable de spermatorrhée {Ibid., ano. 4858-1859); 3» Mémoire sur deux observations d'aspermatisme (Ibid.f i86ti); 4° De la méthode substitutive appliquée au trailement des écoulements des organes sexuels chez la femmo. Liège, 4862, ia-8« ; 5» Observation de leucémie [Ann. de la Société médieo-ckirurgicale de Uége, 4862) ; 6o Observation de fièvre typhoïde compliquée d'accidents pernicieux de sufiocation (Ibid.); 7» Symptômes d'étranglement inlerne; fièvre typhoïde bénigne; accès intermittents pendant la convalescence; ascite ; dysscntcrie; mort {laid. ; 8<> Traitement de la gale par l'huile de pétrole {Ibid., 4865); 9«Sur un symplûme propre à l'hyporlrophie des parois do la vessie (ibid.^ 4866} ; 4(K* De l'intervention du médecin dans la recherche des crimes, k propos d'une observation médicolégale (M. Hicguet a été souvent consulté comme médecin légiste), ibid., 4866; 44^ Triple rétrécissement de Turèlre ; fistules urinaires ; trois uréthrolomies ; guérison {Ibid.^ ; 42» Double rétrécissement urélhral ; fistules urinaires ; guérison {Ibid.); 43* De l'unité du virus chancreux (Ibid,, 4867'; 44« De la fistule du canal de sténon; observation et réflexions. Liège, 4868, in-8«. — M. Hicguet est chirurgien de l'HûpiUl des RécolleU.
(*) M. Charles- Joseph Uomon, né à Hermalle-sous-Argenteau le 46 avril 4830, est à la fois docteur on sciences naturelles et docteur en médecine, en chirurgie et en accouchements. Il n'avait que 22 ans lorsqu'il accompagna dans un de ses grands voyages André Dumool, dont il était k la fois le disciple et l'ami (v. ci-dcsf us , col. 238). Reçu docteur en sciences iirec (fronde diiitinction,\e 28 août 4854,M. Horioo,qui avait su mener de front deux séries d'études, fut nommé dès le 18 septembre de l'année suivante chef de la clinique des accouchements. Il remplit cas fonctions jusqu au 47 avril,dRte de son dernier examende docteur en médecine, il obtint celte fois la pin* grande diaiinciion^ el par suite une bourse de voyage, qui lui permit de fréquenter les cours el les cliniques de Paris, pendant les années scolaires 4858-1859 el 4859-1860. De retour à Liège, il s'établit comme médecin, et bien que sa clientèle s'étendit de jour en jour, il trouva encore le temps de se préparer au doctoral spécial el de donner fréquemment signe de vie au monde savant. — On lui doit, outre la disserUilion inaugurale citée dans le texte, plusieurs publications qui attcslcnt la variété de ses connaissances et la portée philosophique de son espril. Nous citerons : 4* André Dumont et la philosophie de la nature \^* édition, cxtr de la Preste scientifique des deux monde», Paris, 48(i5, in-8<*; 2« édition, Liège, Carmanne, 4866, in-8o) ; 2^ Leçon sur ledia-
UOCTORAT SPÉCIAL. XXXVij
12. Le 30 mars 1868, le même diplôme a été décerne à M. Nicolas- Joseph Larondelle, de Membach (Liège), sur la présentation d'une thèse portant pour titre : De$ Kystes du œu^ Liège, Garmanne 1868, un vol. in-8^ de 287 et VI pages (' )•
Conformément à l'arrêté royal du 30 janvier 1864, déterminant les conditions sous lesquelles les docteurs spéciaux et même les docteurs munis simplement d*un diplôme délivré par un jury d'examen, peuvent être admis à ouvrir des cours privés aux Universités de l'Etat, MM. Krans, Hicguet, 0. Ansiaux et L. Goff^rt ont reçu l'autorisation (arr. minist. des 16, 17 et 18 août 1868) :
M. Krans, de Taire quelques leçons sur la thérapeutique générale des maladies de l'enfance ;
M. Hicguet, de faire l'histoire et l'exposé des progrès récents de la chirurgie ;
gDOstic difTërentiel des tumeurs du genou. Liège, 4863, in-8® (Leçon faite en séance solennelle de la FacuU<l de médecine, pour la troisième épreuve du doctorat spécial); 30 Note sur le terrain cri^tacé de la Belgique {BuH. de la Société géologique de France, 2« série, t. XV, p. 635^; 4» Sur les terrains primaires des environs de Visé {ib,, i. XX, p. 766); 5<* Hernie crurale étranglée; opération (Ànti. de la Soc. médico-chirurgicale de Liège, t. 1. 1863); 6» Lilholrilie cl Uille {Ibid., t. II, 4863) ; ?<> Des polypes naso-pharyngiens {Ibid.); 80 Tumeur k myélophaxes du tibia gauche ; amputation de la cuisse ; mort de pleurésie accidentelle ; étude microscopique de la tumeur; évolution des myélophaxes iibid,\ — M. Horion a dû interrompre pendant quelque temps ses travaux pour motir de santé ; le climat de l'Italie lui a heureusement rendu de nouvelles forces.
(MM. Nicolas Joseph Larondelle, né à Membach le 4 1 novembre 48Sâ, a fait ses études à l'Université de Louvain, oii les fonctions de prosecteur et de chef des travaux anatomiques lui ont été confiées pendant trois ans, de 4849 à 485S. Après avoir subi avec grande dittinclion son dernier examen, voulant se rapprocher le plus possible de son pays natal, il a fixé sa résidence à Verviers. M. Larondelle est chirurgien en chef de l'hospice de St-Lauront k Dison, membre du Conseil de salubrité de Verviers, membre de la Société de médecine de Louvain; les services qu'il a rendus en 48tti, pendant l'épidémie du choléra, lui ont valu la médaille d'or de 4>^ classe — Publications ; 4* La dissertation citée dans le texte; 2« Observation d'une grossesse rompliquée d'hydropisie ascite; avortement. — Ponction abdominale répétée deux fois dans le courant de la dernière grossesse ; accouchement à terme (v. les Bull, de tAcad, roy. de médecine, séance du 44 juillet 4863; ; 3» Rapport au Conseil de salubrité de Verviers sur les mesures à proposer pour éviter l'invasion en cette ville de la terrible maladie des trichines, qui sévissait en 1865 dans plusieurs parties de l'Allemagne ;Verviers, L.-J. Crouquet, 4865, in-8°); 4<» Mesures préventives contre le choléra : hygiène privée. Ibid,,
4866, in-8<> (publ. quelque temps avant l'apparition du choléra a Verviers) ; 5o Rapp. sur Tépidémie du choléra qui a régné à Verviers et' dans les environs. Bruxelles, Manceaux,
4867, io-8<*; 6^ Observation d'une déchirure du périnée compliquée de chute de matrice; périnéorapbie; guérison {Btdl. de l'Acad, de médecine, 4861, p. 607). — Le 7 juin 1869 , M. le docteur Fossiou a présenté à l'Académie de médecine, de la part de M. le docteur Larondelle, une observation d'un anévr.sme de l'artère poplitée, guéri par ce dernier, en trois jours, à l'aide de la flexion de la jambe sur la cuisse. (Renvoi à une Commission pour rapport).
XXXViij DOCTORAT SPÉCIAL.
M. 0. Ansiaux, d*aborder dans un cours privé Tétude générale et approfondie du traitement des fractures ;
Et onfin M. Goifart, de faire des leçons de physiologie appliquée à la médecine, conformément au programme approuvé par la Faculté.
MM. Krans et Ansiaux ont seuls profité, en 1865-1866, de Tautorisation qui leur était accordée (*).
(*) Ua été fait mention, col. 831, ool. 89 ot i05i, «tcol. iiSS, d'autres cours privés donnés conformément k l'arrêté de 1864, par des personnes non munies du diplôme de docteur spécial.
DIPLOMES HONORIFIQUES
ET
DIPLOMES SCIENTIFIQUES.
C'est encore à notre plus ancienne charte qu'il faut ici reraonler. On lit dans le Règlement de 1816 (art. 30) :
c II sera permis aux Universités de conférer à des hommes d'un mérite extraordinaire, tant étrangers qu'indigènes, le litre de docteur, ou de le leur offrir, comme une preuve d'estime; mais dans ce cas, l'affaire, sur la proposition de la Faculté qui confère le grade, sera traitée par tout le Sénat spécialement convoqué à cet effet. On n'exigera, des docteurs créés de celle manière, ni les examens ni les droits d'usage. »
Dans de telles conditions, le doctorat honoris causa n*avaiL d'autre but que de rattacher aux Universités des Pays-Bas, par des liens plus étroits, les hommes distingués dont les sympathies leur étaient déjà acquises ; c'était ou un hommage de reconnaissance, ou une distinction qui devait être réservée à des talents tout à fait exceptionnels. Cette distinction fut plus d'une fois ambitionnée ; mais l'on s'en montra systématiquement avare, et l'on eut raison. Le Sénat académique écarta, en 1822, une proposition tendant à décerner le diplôme honorifique de docteur à un étudiant d'un mérite hors ligne, trois fois lauréat du Concours. Il n'avait pas encore subi l'examen final : le Sénat usa de prudence. — De 1817 à 1830 , l'Université de Liège ne délivra que cinq diplômes d'honneur, 3 dans la Faculté des lettrfes (*)> 2 dans la Faculté des sciences.
Le titre honorifique de docteur en droit n'a été décerné jusqu'ici qu'une seule fois, en 1831.
L'art. 6 de la loi organique de 1835 modifia comme suit l'ancien système :
« Les Universités pourront conférer des diplômes scientifiques, en observant les conditions qui seront prescrites par les règlements. — Ces diplômes ne conféreront aucun droit en Belgique. >
(^) Ce passage servira de rectification à ia note de la col. 842.
XL DIPLOMES HOiNORlPIQUES
Les mesures réglementaires prévues par cet article se firent attendre jusqu'au 13 octobre 1838. On distingua dès lors deux espèces de diplômes, les uns honorifiques, au sens du Règlement de 1816, les autres scientifiques. Les Facultés eurent qualité pour délivrer ces derniers, après exatnen public. Il y eut des diplômes scientifiques de candidat et de docteur, tandis que les diplômes honorifiques, s*obtenant sans examen , ne conréraient naturellement que ce dernier titre.
La loi sur lesjurys d'examen fut modifiée en 1849, en 1887 et en 1861. Il eût fallu soumettre en même temps à révision Tarrélé de 1838, quant au programme des matières exigées et quant aux formalités à observer ; mais on crut devoir ajourner toute décision à cet égard : après 1849, parce qu'on se promit de tout coordonner lorsqu'il s'agirait de réformer définitivement le titre III de la loi organique ('); après 18S7, parce que, le nombre des diplômes scientifiques étant insignifiant, on se dit qu'il n'y avait pas urgence. Quant à ce dernier point, l'idée nous est venue de consulter les archives de l'Université de Liège. Elles nous ont appris qu'un certain nombre de jeunes gens étrangers (Portugais, Brésiliens, Anglais, etc.) s'informèrent auprès du recteur, à l'époque où les grades scientifiques venaient d'être institués, des (conditions b remplir pour obtenir les dits grades. Il fut répondu A chaque demande de renseignements par une simple communication de l'arrêté du 13 octobre : or, le dit arrêté ne disait pas un mot de la dispense des examens préparatoires, qui pourrait être éventuellement accordée à des récipiendaires ayant commencé à l'étranger leurs études universitaires. C'était là pourtant un point essentiel, et si essentiel que les intéressés prirent l'habitude de s'adresser aux Universités libres, lesquelles avaient eu soin d'adopter des règles très-précises pour la. collation des grades qu'elles délivraient en leur nom privé. — Il a bien fallu, dans ces derniers temps, accorder une nouvelle importance à la question des grades scientifiques. La réputation de nos Ecoles spéciales attire à Liège une foule déjeunes gens de toutes les contrées de l'Europe et des deux Amériques; ils contribuent peu à peu à faire connaître l'Université dans leur pays; des compatriotes viennent les rejoindre; c'est ainsi qu'il s'est formé à Liège de véritables colonies espagnole, polonaise et roumaine. Or, les étudiants de ces dernières nationalités commencent h se rencontrer non plus seulement dans les Ecoles , mais aux cours
{*) Le jury combiné n'a été institué que pour irois ans, à titre d'essai. La diversité des opinions qui se sont produites, lorsqu'il a été question de s'entendre une fois pour toutes, a déterminé les Chambres à voter une prorogation du provisoire ; vingt ans écoulés, nous sommes encore dans le statu quo,
(■) Rapport triennal de 1856-1858, p. XV.
ET DIPLOMES SCIENTIFIQUES. Xlt
des Facultés, notamment en droit (pour le doctorat eu sciences politiques et administratives) et en médecine. La plupart sont déjà porteurs, en arrivant, d'un ou de deux diplômes : on ne peut songer à leur faire recommeocer leurs études ; le gouvernement, sur l'avis de la Faculté, les autorise, s'il y a lieu, à se présenter directement aux examens de candidat ou de docteur. Un arrêté royal du 29 juillet 1869 vient en outre de rapporter l'arrêté de 1838 et de soumettre les examens pour les grades scientifiques aux règles et aux conditions prescrites et à prescrire pour l'obtention des grades légaux. Les résultats de celte excellente mesure sont faciles à prévoir.
A. DIPLOMES HONORIFIQUES.
Faculté de philosophie.
1. Le diplôme honorifique de docteur en philosophie et lettres a été conféré pour la première fois, le 15 juin 1822, à M. Gérard-Joseph Meyer, d'Amsterdam, professeur ordinaire à la Faculté de philosophie de Louvain, membre de la Société des lettres et des sciences des Pays-Bas, des Sociétés littéraires de Bruxelles, de Gand, etc.
2! Le 9 mai 1824, le Sénat académique a délivré le même diplôme, en séance solennelle, à M. Jean-Joseph Walter, administrateur de l'Université de Liège, etc. (v. ci-dessus, col. 4).
3. Le même jour , le diplôme de docteur en philosophie a été également décerné, honoris causa, h M. Louis Dewez, membre de l'Acîadémie de Bruxelles et de riiistilut des Pays-Bas, inspecteur-général de l'instruction publique pour les provinces méridionales du royaume, etc. (*)•
4. Le seul diplôme honorifique de docteur conféré par la Faculté de philosophie depuis 1830 a été offert le 26 mars 1847, au R. P. Henri-Dominique (Jean-Baptiste) Lacordaire, de l'ordre des Frères- Prêcheurs, décédé en 1861, membre de l'Académie française (v. cidessus, col. 841).
Faculté de droit.
5. Le 6 août 1831, M. Charles de Brouckere, membre du Congrès
{*} h. Dewez a plus contribué que personne à relever en Belgique le goût de l'histoire nationale. Ses ouvrages sont encore estimables^ malgré les progrès inouïs de la science et surtout de la critique historique dans ces dernières années. Tout le monde connaît Y Histoire de la Belgigne, X Histoire des provinces belges^ l'Histoire du pays de Liège, etc. ; Dewez a également laissé une Rhétorique extraite de Cieéronl, longtemps classique au Collège de Liège.