II. Collaboration a des publications PÉRIODIQUES
A. Bulletin de V Académie royale de Belgique.
24» Découverte de la chronique de Jehan Le Bel (t. XIV, 4847). — Note sur le baron de Waleff (t. XV, 4848).
— Note sur un fragment de Ms. d'Orose, de la fin du VI* ou de la première moitié du Vli* siècle (t. XVI, 4849).— Rapport sur un mémoire concernant la Constitution de Tancien pays de Liège (t. XVIII. 4854). — Note sur un diplôme de Louis le Débonnaire (t. XIX, 4852). — Nouveaux éclaircissements sur la chronique de Jehan Le Bel {Ibid.K — • Pierre TErmite, Picard ou Liégeois (t. XXI, 4854) (M. — Où est né Charlemagne (t. XXIII, 4856) ? — Quand est né Charlemagne {Ibid.)*! — Encore Charlemagiie (Ibid.). — Rapport sur un mémoire de M. Arsène de Noue, concernant la patrie et la famille de Wibald (t. XXIV, 4857). -- Rapport sur une notice de M. Tabbé Kempeneers, relative à Tancienne franchise de Montenaeken (t. VIII, 2* série). — Rapport sur un mémoire de M. Loise, intitulé : Influence de la civilisation sur /ajKM^te(t. XIV, 2«série).
b. Messager des sciences historiques, de Gand.
22* Recherches sur la vie et les ouvrages de Jean des Prez, dit d*Outremeuse, chroniqueur liégeois du XVI* siècle ( 4834). — Notice sur Guillaume de Meeff dit de Champion, chroniqueur du XVI* siècle (4835).— Esquisses biographiques de Tancien pays de Liège,
(MM. GrandgagDage, premier président de la Cour d'appel de Liège, avait publié dans le Bulletin de flrutitut archéologique liégeoi$, également en 1854, une dissertation
intitulée : Pierre FBrmite, Liégeois ou Picard. Celle de M. Polain en est la contrepartie.
POL
i^ série : AdeUwld (XI" siècle) ; Amelgard (XV" siècle) ; 2* série : Coppée, poète et écrivain dramatique (XYII* siècle); FouUon, historien (XYII^siècle); Brixhe, Jurisconsulte et liomme politique (XVIH* siècle) (1856).
Ces difTérentes notices oot été complétées et réiaprimées dans les Mélangée hittoriques etlittéraireê (1889).
c. Revue de Bruxelles.
23* Guy de Kanne, ou le vendredi de Pâques de Tan i486 (1858). ~ Notice sarGodefroidde Bouillon (même année),
Guy de Kanne a été réimprimé dans la S* éd. des Récits historiques ^ mais n'a point été reproduit dans la 4*. — Godefroid de BouUlçn se retrouve dans les Mélanges historiques et littératres (iHSd),
D. Bulletin de VlntHtut archéologique
liégeois.
24<» Notice sur un livre d*Evan^iles, conservé dans Féglise de S^-Jean Evangéliste à Liège (i852). — Police de l'imprimerie et de fa librairie au pays de Liège (1854). — L^abbé Raynal et Bassenge (1854). — Commerce et industrie du pays de Liège au XVllI* siècle (1859). — Population de l*ancien pays de Liège au XVIII* siècle (1857).
— Analectes liégeois, ou Recueil de pièces originales (1852-1857), 2 fascicules ln-8®. — Divers comptes rendus littéraires.
s. Annuaire de la Société d^Emulation ,
de Liège.
25* Notice sur l'Académie royale de Belgique (1857). — Le sanglier des Ardennes (1866).
Ce dernier morceau a été réimprimé dans la 4* édition des Récits historiques.
F. Journal de Liège,
26* Un grand nombre d'articles de critique littéraire, aussi tirés à part in-*8*. Nous citerons les suivants :
Collection de documents inédits sur l'histoire de France (1851-1852). — Histoire littéraire de la France, par les Bénédictins, continuée par l'Institut de Franœ, t. XX et XXI (1851) ; t. XXII
(1855); t. XXIII (1857); t. XXIV (1864). Ces deux derniers comptes rendus ont été reproduits par le Moniteur belge. — Recueil des historiens des Gaules et de la France (1851). — Notice sur la vie et les ouvrages de Raynouard {Id.). — De la renaissance des arts à la Cour de France, par le comte de Laborde (Id.). — Correspondance de Philippe II sur les aflâires des Pays-Bas, par Gachard (Id.). — Essai historique sur l'organisation judiciaire et administrative de la justice depuis Hugues Capet jusqu'à LouisXIl, par Pardessus (Id.). — Revue historique du droit français et étranger (1855). — Correspondance de Guillaume le Taciturne, prince d'Orange, par Gachard (1855). — Histoire politique desEtats- Uuis, par Laboulaye(i856). ~ Histoire de la Flandre, par Kervyn de Lettenhove, in-8'' — Uist. des Belges à la fin du XV11I« siècle, par Ad. Borgnet. — Lettre sur les Anglais qui ont écrit en français (1855). — Les historiettes de Tallemant des Réaux (Id.). — Athènes aux XV, XVI* et XVïl* siècles, par le comte de Laborde (Id.). ^ De l'union des arts et de l'industrie, par le même, etc., etc.
G. Bulletin de la Commission royale pour la publication des anciennes Lois et Ordonnances.
27* Divers rapports sur les travaux préparatoires du Recueil des Ordonnances et du Recueil des Coutumes.
H. Recueils divers.
28** Quantité de notices historiques, biographiques et bibliographiques dans la Revue belge, la Revue de Liège, la Biographie universelle de Michaud, les Archives du Nord de la France et du midi de la Belgique (d'Arthur Dinaux), les Archives de Reiffenberg ; le Bulletin du Comité de la langue, de V histoire et des arts de la France ; la Revue des Sociétés savantes; le Bulletin du bibliophile de Techener ; le Bulletin du bibliophile belge ; la Biographie nationale, etc., etc.
PROFESSEURS DECEDES
Aekei-fNijreu (Jeau), Dé à Bois-leduc le 22 octobre 4790, mourut À Utrecht le 15 juillet 1861. Il ne passa guère que cinq années à Liège ; mais son enseignement laissa, dans notre pays, des traces qui ne sont pas encore effacées. Son dernier biographe (*) nous rappelle qu*en 4847, à Bruxelles, au Congrès d'économie politique, « un » ministre d*Etat, M. Charles de Brou- 0 ckère, déclarait que plus d'un publi- » ciste belge devait à ce professeur » hollandais la véritable intelligence de 9 la liberté économique. » La forte éducation que reçut AckersOyck, sous rœil paternel, le prédisposa autant que ses propres instincts à s'assigner le rôle de défenseur des idées modernes.
Son père, avocat-secrétaire de la régence de Bois-le-Duc . était un homme lettré en même temps qu'un savant jurisconsulte (*) ; par-dessus tout il aimait la llbrediscussion et répudiait toute espèce de routine, bien qu'il fût très-
attacbé aux opinions qu'il s'était faites après mûr examen. Persécuté à cause de sa fidélité à la maison d'Orange, Corneille Ackersdyck alla s'établir à Utrecht, où il demeura jusqu'en 4820 ; son fils Jean put ainsi s'adonner aux hautes études sans sacrifier la vie de famille. Ce n'est pas toujours un avantage, du moins quand les parents ont l'esprit étroit et intolérant ; mais malgré le contraste des âges et des caractères, il y avait entre Corneille et Jean plus d'un point de ressembl&nce, l'un et l'autre goûtantrérudition, Tnn et l'autre ayant foi dans l'avenir (*). Tout concourait, ce semble, à hâter la maturité du jeune homme : l'influence de son père, les leçons et les entretiens de l'illustre platonicien Van Heusde, le cours éminemment pratique du professeur De Rhoer, qui saisissait toutes les occasions d'entretenir la jeunesse des choses les plus modernes ; enfin tes préoccupations politiques,qui donnaient
(*) M. le professeur Stecher {Annuaire de la Société d'Emulation de Uéçe, 4865).
(*) Nous eoDnaissoDa de lui un opuecnle intitulé : Observations sur la tangue flU' mande par rapport aur provinces méridio-
nales (trad. en fraoçais, par le baron Van Ertborn. Anvers, 4Sâl, in-8o).
(•) Stcchcr, op, cit, — M. C. Mees, Leventberigt van M*, Jan Ackersdyck, Leiden 4882, in-8«, p. 4.
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à la ville dTtrecbt une animation inaccoutumée, depuis que le roi Louis, frère de Napoléon, y avait fixé sa résidence. Il fut tout d*un coup question de supprimer les anciennes Universités :
Jean Aciiersdyck, qui n*avait pas vingt ans, s^empressa d*acliever ses études, et présenta une thèse doctorale sur un point d'économie politique. H débuta sans retard au barreau, et comme il possédait bien la langue française, il se fit une spécialité des affaires qui ressortissaient au Tribunal des douanes impériales (*). Telle était, au bout d*une courte pratique, l'importance du Jeune avocat, que Tautorité française, pour ne pas se priver de ses lumières, Texempta du service de la garde d'honneur (•).
La révolution de I8i3 lui porta un coup sensible, et Tannée suivante une grave maladie Téloigna tout à fait du palais. A peine rétabli, Télan patriotique de I8i5 Tentralna. Il prit du service dans les chasseurs à cheval, suivit jusqu'à Paris Tarmée victorieuse, et une fois U, n'eut de repos qu*après avoir obtenu son congé ; il avait à cœur de profiter, pour compléter ses études, de son séjour dans la grande ville. Nommé en 1816 juge suppléant au tribunal de première instance d'Utrecht, il consacra ses loisirs à la rédaction du catalogue de la bibliothèque académique. De 1817 à 1825, il exerça tout à la fois les fonctions de substitut près le même tribunal, et celles de secrétaire du Collège des curateurs de TUniversité. Il se fit dans ce dernier établissement une réputation de sévérité inflexible ; on s'accorde cependant à reconnaître que ses rigueurs ne furent jamais tracassiëres. « Le sens » de la légalité, assez rare en ce temps » là, dit M. Mees, était l'âme de sa vie ; » on s'étonnait , parfois même on se » plaignait de voir un membre du par- » quel aller jusqu'à mettre en doute la » valeurd'uneordonnanceirrégulière. »
Il arrive assez souvent que les hommes
de cette trempe demeurent indifférents aux choses extérieures et ne sont heureux que dans le silence de leur cabinet, constamment occupés de doctes controverses. Tel n'était point Ackersdyck:
possédé d'une curiosité insatiable, il s'inquiétait de tout et observait d'aussi près qu'il pouvait la mobilité humaine.
Il avait la passion des voyages, et il aimait les livres qui traitent des civilisations les plus lointaines. Son respect pour les moindres préférences d'un vieux père l'empêcha, jusqu'en 1818, de parcourir les pays étrangers ; mais à partir de cette époque jusqu'en 18G1, il se donna libre carrière et employa toutes ses vacances à se rendre compte par lui-même de la véritable situation de l'Europe. « De l'Irlande jusqu'à » Kasan , de la Laponie jusqu'à Pa- » terme et Gibraltar , il voulut tout » étudier dans sa vivante réalité. Avec » cette ténacité propre à la race germa- » nique, il ne s'arrêtait devant aucun » ennui ; avec cette hauteur devues que n donnent les lettres associées à la » philosophie, il s'intéressait à toutes » les manifestations de la vie du peuple. » Chaque soir, quelle que fût la fatigue » du touriste, il notait scrupuleusement » tout ce qu'il avait pu observer dans m la politique, dans la religion, dans » l'économie , dans l'administration , D dans l'industrie, dans la littérature, n et jusque dans les plaisirs et les pré- » jugés les plus grotesques » ('). On peut regretter qu'il n'ait livré au public que le récit d'une partie de ses pérégrinations : les Fragments éTun voyage en Hollande, entrepris dans le courant de Tannée 1826 avec son ami Victo^ Bronn, professeur d'agronomie à Liège (v. ce nom) ; le Voyage en Russie (iS^h); deux notices sur la Hongrie, et sur la Silésieel les Sudètes, soni des morceaux instructifs et pleins de remarques souvent profondes sur les institutions sociales. Statistique des écoles, questions agricoles, questions financières,
( * ) Institué poor connallre des violations da blocus continental.
CJ Stecher, op. cit.
(*) Ibid. — On trouvera des détails plus
explicites sur le fruit qu'Ackersdyck retira de ses nombreux voyages, dans la notice de M. 0. Van Rees {Almanaeh des étudiants d'Vtrecht, 1861 in-1S«).
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pondération des pouvoirs, libertés publiques, il passe tout en revue, et de tout il retire quelque enseignement utile, ce qui ne Tempêche pas de s*élever jusqu'aux hauteurs de Tidéal et de se recueillir quelquefois dans une pieuse pensée, témoin ce paragraphe de son voyage en Silésie : « C^est sur » les montagnes qu*on se pénètre sin- » gulièrementdela petitesse de Thomme » et de la grandeur éternelle de Celui n qui a tout créé. C*est là, je crois, ce » qui produit cette jouissance ineffable » que procurent les magnifiques ta- » bleaux de la nature. Quand on a » voulu prouver par ce spectacle la » sagesse de Dieu et riromortalité de » l'âme, on n'a peut-être pas fait valoir i> assez ce langage direct par lequel la » nature s'adresse à notre cœur en y » suscitant une conviction irrésistible. » L'Université de Liège ayant eu le malheur de perdre, en 1825, l'un de ses meilleurs professeurs, Jean-George 1/Vagemann (v. ce nom), le gouvernement fit des démarches pour y attirer le célèbre économiste Jean-Baptiste Say. Les négociations n'ayant pu aboutir, on nomma Ackersdyck, et les cours d'histoire politique et d'économie politique furent du même coup transportés de la Faculté des lettres dans celle de droit. Le professeur devait ainsi trouver un auditoire mieux préparé, plus disposé à s'intéresser à des questions spéciales, à des détails pratiques dont la jeunesse avait surtout besoin, la science économique étant encore trop nouvelle à cette époque pour lui offrir des théories générales suffisamment positives. Ackersdyck ne fut pas indigne (le son prédécesseur. Il débuta le 31 décembre 1825 par un discours inaugural Sur rutilité des voyages pour les études historiques et politiques» a En » termes éloquents, il montra ce que » gagnent à quitter de temps en temps » l'air natal les artistes, les poètes, 9 les naturalistes et surtout ceux qui » par l'histoire, la statistique et l'éco- » nbmie sociale, cherchent la raison des » choses humaines. Mais sa modestie
» l'empêcha d'invoquer ici l'autorité de » son expérience personnelle et per- » sistante pour achever de prouver que » le voyage n'est fécond que quand il » est nourri et préparé par de métho- » diques études. » Ackersdyck fut d'autant plus vivement applaudi, qu'il sortait des banalités traditionnelles.
Son cours fut la meilleure démonstration de la thèse qu'il avait soutenue le 31 décembre. Chaque année, il remontait dans sa chaire avec une nouvelle provision d'idées et d'observations recueillies dans les pays qu'il venait de visiter. Il ne dictait pas, mais se contentait de quelques notes échelonnées ; il tenait, disait-il, à se mettre dans la nécessité de préparer chaque leçon. Il visait à la brièveté ; son langage était sobre et parfaitement clair, et cette force contenue assurait précisément son succès. Le libéralisme de ses opinions répondait aux instincts de la jeunesse, très-préoccupée alors de questions politiques (v. Wagemann) ; on a dit avec raison que ses élèves devenaient véritablement ses disciples.
Il exerça plus tard, par ses écrits, une grande influence en Hollande; mais les étudiants d'Utrecht furent plus lents à l'apprécier. Il se plaisait à répéter, dans sa vieillesse, qu'il ne s'était jamais senti aussi heureux qu'à Liège. 11 y avait vécu, d'ailleurs, dans une grande intimité avec ses collègues; ce fut en outre dans cette atmosphère calme et sérieuse qu'il apprit à connaître Maria-Anna Walterthum, la femme qui devait achever de charmer sa vie et le consoler aux dernières heures.
Le gouvernement, qui faisait grand cas d'Ackersdyck, le choisit, en 1828, pour représenter l'Université de Liège au sein de la Commission consultative chargée de l'examen de toutes les questions relatives à l'enseignement supérieur (*). Cette enquête scientifique ne préoccupa que médiocrement le public ; la réforme des Universités paraissait moins urgente , aux yeux de l'opposition, que la proclamation de la liberté de l'enseignement. La révolu-
es) Il y eut pour collègues MM. Ch. de Keverberg, 0. Leclercq, Quelelet, etc. (v. Broockere, Donckcr-Cttrtitts, Dot:t>nge, de ci-dessus, p. 66).
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tioti tfoimi Ackéi*$dyck fidèle à U maison d'Oratige; il panit pour Aix-la- Chapelle, puis, après un court séjour en Hollande, alla paisiblement attendre en Allemagne rissue des événements.
Il profita de son séjour à Berlin pour assister aux savantes leçons de Hegel, de Gans, de Mîchelet, de Savigny, de Yon Eaumer et du professeur de statistique Hoiftnann. Attaché provisoirement à rUniversité d*Utrecht vers la fin de 1851, il ne put y obtenir, Jusqu*en 1841, aucun cours à examen (Examen-colkgie) ou à certificat (Testimofiium-callegie). Pendant dix ans, il traita devant un auditoire d^amateurs
Quelques questions spéciales choisies ans le domaine de ses études de pré-^ dllection. Enfin il Ait appelé à remplacer Van Heusde dans la chaire d^histoire moderne, et en 1849, il devint titulaire du cours d*économie politique, après la mort de J.-R. de Brueys. Il ne quitta ITniversité qu*en 1860, avec le titre de professeur émérite.
L*enseignement d'Ackersdyck se distinguait par une heureuse combinaison de la science pure et de ses applications. Selon Tusage du temps, il divisait l'économie politique en quatre parties, traitant respectivement de la formation, de la circulation, de la distribution et de la consommation des richesses. Il faisait précéder son cours d'une introduction historique étendue, qui lui prenait plus d'un tiers de l'année. Alors il discutait l'intervention de l'Etat dans l'industrie, la liberté du travail, les lois sur la propriété foncière, l'influence du mouvement international des capitaux sur la prospérité du pays ; incidemment il abordait la question monétaire et l'organisation des banques;enfin son attention se fixait sur le problème du paupérisme. La science des finances n'entrait pas dans son plan; tout ce qui concerne la dette publique et le système des impôts rentrait dans son cours de statistique.
Ici encore il débutait par une introduction, mais plutôt encyclopédique
qu'historique. Le pays et \e peuple, tels étaient les deux objets de son corps de doctrine. Après avoir déterminé tons les éléments qui doivent être pris en considération dans la description d'une contrée, eonfij^ration géographique, situation, clinut, fertilité du sol, ressources, moyen de défense, il passait à la population, tenait compte des races, des caractères et des mœurs, et traçait le tableau d'une statistique ffénérale des citoyens, notant chemin faisant une infinité de fkits intéressants, comparant entre elles les diverses nations civilisées, et laissant entrevoir qu'il était partisan des idées de Malthus. II spécialisait ensuite son sujet en s'attachant directement à la statistique de la Néeriande. Ici le temns lui faisait défaut ; il lui manquait quelques leçons supplémentaires qu'il eût consacrées aux colonies, sujet de ses vives préoccupations, comme on le verra plus loin. Mais sa collaboration active à différents recueils d'économie politique était le complément naturel de ses leçons. Il est peu de sujets de controverse qu'il n'ait au moins, touchés sur ceteriain. Il fut l'adversaire déclaré du protectionnisme, des droits différentiels, du principe de consignation maritime, des fonds secrets et des finances arbitraires. Monts-de-Piété, colonies de bienfaisance, lois des céréales, abus du crédit, papier-monnaie, affaires de Java, rien ne resta étranger à sa critique magistrale et courageuse. Il regardait comme un devoir de faire de la propagande et de combattre à outrance tous les préjugés économiques. 11 défendait le principe de la publicité, et il prêchait d'exemple; il voulait la liberté la plus large, et il en usait lui-même en se lançant hardiment dans la mêlée politique. Ses RéfiexUms sur la loi des céréales (1855) firent sensation et irritèrent le gouvernement, qui le fît admonester par le baron Van der Capellen, président des Curateurs de l'Université d't]trecht(* ). Le tarif de 1845 servit de réparation
(*) M. Van der Capellen lai transmit, diton, le message à contre-cœar et atténua •uttnt qu'il pnt lliomiliation qu'il devait in-
fliger au zèle d'un professeur patriote {Vf» C. Mees et Stecher;.
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au pensenr libre-échangiste, dont le crédit s'accrut dès lors de Jour en jour. Il lutta jusqu*à la fin : nous le voyons encore reprendre la plume en i857 pour combattre un projet rétrograde sur la surveillance des métiers. En 4S60, dans la réunion de la Société (TEcanomie politique de Paris, il protesta éloquemment contre les \ices du monopole colonial ( * )• Le gouvernement hollandais doit travailler luimême , s'écria-t-il , à Témancipation intellectuelle et politique des Javanais, tt Cest à rindépendance individuelle, » et non pas à un servage abrutissant, n que doit tendre le système de notre » gouvernement... La transition doit » avoir lieu par la libre disposition Il pour rindigène de ses forces et de » son travail. Plus on avancera dans » cette voie, plus on obtiendra d*a- » vantages de la possession de Java.
» Les vices inhérents au monopole » commercial se font aussi de plus » en plus sentir. Le commerce rolos- » sal des produits d*une Ile cent fois > plus grande que la Hollande, se fait » d'une manière dispendieuse; les prot fits sont achetés si cher, que la li- » berté sans désordre augmenterait n immensément les profits pour la » nation. »
La loyauté d'Ackersdyck était À la hauteur de sa généreuse audace. Le ministre Van Hall, en pleine séance de la seconde Chambre des Etats-Généraux, Favait traité de pamphlétaire ; ayant eu l'occasion d'apprécier publiquement les actes de cet homme d'Etat, Ackersdyrk en fit l'éloge sans aucune arrière pensée. Quand il croyait avoir la main pleinede vérités, il s'empressait de rouvrir, quelles que dussent être pour lui les conséquences de sa franchise ; en revanche, il se défiait des engouements éphémères, ne s'inféodait à personne et n'en voulait systématiquement à personne. L'élévation de son carac-
tère, non moins que son savoir et son jugement sûr, donnait à ses avis de la consistance et du poids ; on savait qu'il ne se prononçait qu'à bon escient, et qu'il ne transigeait Jamais avec sa conscience. Il avait horreur des tartuffes de ïïUBurs^ qu'il croyait assez nombreux en Hollande ; il détestait la dévotion intéressée, et s'élevait volontiers contre le formalisme de certaines sectes protestantes. On en a voulu conclure que ses convictions libérales ne reposaient sur aucune base religieuse. C'est une erreur et une injustice ; il ne croyait au progrès que sous la garde d'une Providence. Quelques semaines avant sa mort, il écrivait dans son journal intime : « Me voici libre de tout devoir » officiel ; mais Je sens que ma fin » approche : j'ai soixante-dix ans.
» Ayant toujours pris mes devoirs au » sérieux. J'ai préparé ce départ. Je » regarde en arrière avec mélancolie, » mais en paix a\ec moi-même : la vie » m'a servi à faire quelque bien. Le n crépuscule ne m'inquiète pas : il ne » ne saurait être long. Et j'en ai la con- » viction : un jour plus lumineux se n lèvera aussitôt après la nuit... »
Ackersdyck ne se reposait d'une acti vite que par une autre. Il ne quittait sa chaire ou son cabinet que pour aller prendre la parole dans les Congrès scientifiques, siéger dans des Commissions administratives ou travailler à son jardin. En Juin i86i, à peine remis des fatigues d'une longue discussion au Congrès agricole de Dordrecht, il projeta un nouveau voyage : on eut beaucoup de peine à l'en dissuader ; la veille de sa mort il travaillait encore. 11 remplit toutes sortes de mandats, et partout il sut se rendre utile. Il siégea au Conseil communal d'Utrecht et aux Etats provinciaux ; il présida en i859 la Commission royale de statistique ; il fut membre de l'Académie royale des sciences, et l'un des directeurs de la
( *) Il avait osé écrire il ce propos, dans le Journal de» EconomisteM (t. XXXVIII) : « Retirer do pays le plus gros produit pos- » ftible, sans trop s'embarrasser du sort > des populations conqnises ; pousser le » principe de l'exploitation de l' homme jns-
» qa'i ses limites extrêmes, et ne s'arrêter » que devant la crainte de compromettre » les intérêts matériels, après lesquels on » court : telle est la pensée profondément > empreinte dans les actes du gouverne- 9 ment de Java. >
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Société provinciale des arts et des sciences d'Utrecht; il présida la 5* section du Congrès agricole, etc , etc. A Liège, il fonda, avec le concours de Destriveaux, d'Ernst, de Warnicœnig (v. ces noms), etc., la Bibliothèque du jurisconsulte et du puMiciste ; à Utrecht, avec ses amis MM. P. Broers, W. J.
Van Hoylema, le dr A. S. Rueb , Hora Giccama et G. W. Yreede (son collègue), une revue intitulée : Bijdragen toi de hennis van Nederlandsche en vreemde koloniën, bijzonder betrekkelijk de vrijlating der Slaven, 11 écrivit dans les périodiques étrangers comme dans ceux de son pays,non pour le plaisir d'écrire, mais toujours pour hâter Tavénement des réformes qu'il avait eo vue. Il a puissamment aidé au progrès des idées économiques en Hollande ; le concert de louanges qui a retenti sur sa tombe n*est qu'un légitime hommage rendu à son activité féconde et à son patriotisme éclairé.
Bibliographie (d'après MM. 0 Van Rees, U. Capitaine, etc.)