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mais il n'oubliajainais sa déconvenue (*). li quitu La Haye en 185i, avec le titre de conseiller intime et de bibliothécaire da roi de Wurtemberg. Son activité littéraire et son ardeur à rompre des lances en politique se soutinrent jusqu'au dernier moment: il était à la fois plein de spontanéité et de finesse; ses compatriotes lui reprochent de la légèreté, Tbabitude de composer avant d'avoir pris le temps de mûrir ses idées ou de les rectifier, par une critique approfondie des sujets qull se proposait de traiter : en revanche, ils constatent sa grande habileté à saisir Toccasion de faire des livres de circonstance, et son talent incontestable de journaliste et d'agent de propagande. — - On doit à Mûnch :
!*• Une édition des OEuvres d'Ulrich vonHûlten, Berlin, 1821-25, cinq vol.
in-8°.
2« Une traduction allemande des OEuvres choisies du même Leipzig, 1822- 24, trois vol. in-S"".
3« Die Heerzûge der christlichen Eu-ropa wider die Osmancn und die Versuchen der Griechen zur Freilteii Bàle, 1822-26, cinq vol. in-8«.
4® Die Schicksale der altcn undneuen Kortea von Ionien. Stuttgart, 1824, 2 vol. in-8^
5* Franz von Sickingen Thaten, Stuttgart, 1827-29, 5 vol.
6* Charittts Pirkheimer, ihre Schwes^ tem und Nichteu. Nuremberg, 1826.
7" Une édition des Epistolœ obscurorum nrorum, augmentée de quelques pièces rares et précédée d'une introduction étendue. Leipzig, 1827, gr.in-8''
8<^ Vermischte historische Schriften.
Ludwigsbonrg, 1828, 2 vol. in 12.
Ce recueil contient des notices i^ sur le roi Eozio , fils naturel de l'empereur Frédéric II (•) ; 2« sur Pîerre-le-Cruel et Inès de Castro ; Z^ sur les Conférions de Pétrarque ; 4* sur Thraseas Pœtus ; 5^ sur Hypatie d'Alexandrie, martyre de la philosophie ;
6» sur HakoD Jarl de Nonvége ; 7» sur Lienhard Kaiser, victime de Hnlolérance religieuse en Bavière au XVI« »iècie ; 8<» sur Fui via Olympia Morata, femme illustre du XVI« siècle ; 9<» sur le cardinal Giovanni Morone, président du Concile de Trente ; 10» sur Stepbano Porcaro, imitateur de Cola Rieozi ; 14» sur la prétendue donation de Constantin ; tSo enfin sur les grands héros de l'Allemagne à l'époque de la prépondé rance française en Europe (règne de Louis XIV).
9» Jugendbilder und Jygendtrâume.
Liège, 1829, in-8°
Volumineux recueil de poésies, dont quelques-unes ne sont pas sans mérite.
ïO'^DieFreifieitdes Untenichts. Bonn, 1829, in-8».
Ouvrage consacré k l'apologie du système de Guillaume 1er (v. HelfTerich, ohv, cité, p. 46 et 49). — L'auteur s'y cache sous le pseudonyme : Un Suisse ami de la vérité, II s'appuie, pour combattre la liberté de l'enseignement, sur Montesquieu, Destult Tracy et Filangieri. Il dislingue entre la direction des écoles par l'État et le monopole ; il discute vivement les théories du Globe, passe en revue les difTérents systèmes d'organisation de l'instruction publique adoptés chez toutes les nations civilisées et finit par comparer le clergt; belge de i829 ë celui de 1815, qui réclamait le monopole de l'enseignement, mais à son prolit. Le purti catholique ne se montre aujourd'hui si jaloux de la liberté, ajoutc-t-il, que pour en revenir U ; quant à l'opposition libérale, elle a tout simplement peur des fortes éludes. Mijnch prend ensuite la défense du Collège philosophique, ei finit par conclure q^e la surveillance de toutes les écoles est un droit inaliénable du pouvoir. Des pièces juslificalives fort intéressantes terminent le volume.
1 i^ Geschichte des Hauses uud Landes FUrstemberg, Âix-ia-Chapelle, 1820-52, 3 vol. in-S».
12o GescMchie des Hauses Nassau^ Oranien, Ibid. 1851-53, 3 vol. in-8".
Ko^ Dos llerzogthum Luxemburg aln integrirender Theil des deutschen Bundes. La Haye, 183i,in-8«.
14° Karl von Rotteck,geschildert nach
(*) « Il continua d'attaquer, en Allemagne, la Belgique, ses écrivains, ses hommes politiques, et plus tard sa révolution et ses institutions, jusqu'à l'époque de sa mort,
arrivée en 1841. » (0. Delepierre, Àvampropos de la Lettre à M. Miinch, éd, de 1863. ( * ) Une seconde édition de celte notice a paru à Stuttgart en 1841.
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seinen Schriften und semer polUUchen WirksamkeU. La Haye, 1851, in-8o.
i5" Vollsiândige Sammlung altérer und neuerer Concordate. Leipzig, 1851- 55, 2 vol. in-8^
16® Die FûrsHnnen des Hanses Burgund'OEsterreich in d^n Niederlanden, Ibid. 1852, 2 vol.
17® AUgemeine Gcschichte der neuesten Zeit. ibid. 1855-55, 6 vol.
1 8® Erinnerungen und Studien aus den ersten olJahren eines deutsehen Gelehrten, Carisruhe, 1856-58, 5 vol.
Aulobiognrapbie Irès-délaillée.
19® Paolo Sarpi und Sein Kampf mit dem CuriûlismusundJesuitismus, Stuttgart, 1859, in-8®.
20® Denkwûrdigkeiteti zur polit. Kirchen-und Sittengeschichte der drci letzten Jahrhunderte, Ibid. 1859, in-8o.
21® Denkw&rdigkeUen zur Geschichte des Hauses Este und Lothringen, Ibid.
22® Erinnerungen, Reisebilder, etc, a. d. /. 1828-1840. Stuttgart, 1841, 2 vol. in-8®.
25® Sàmmtliche Diehtungen. Stuttgart, 1841, in-8o.
24® On attribue encore à .Miinch deux lettres intitulées: Sendschreiben eines deuischen Publicisten aneinen Diplomaten ûber die grossen Fragen am Wiener
Congress (1859) , et adressées selon toute vraisemblance à M. Prokesch von Osten. La publication des écrits posthumes de Schmeller avait mis notre publiciste en relation avec ce personnage, qui lui avait même laissé, en 1856, le soin de publier ses Denkwûrdigkeiten und Erinnerungen aus dem Orient, — N. B. Les écrits politiques de Mûncb, assez souvent cités en Allemagne, y ont répandu, sur les hommes et les choses de la Belgique de 1850, des préjugés qui tendent à s'effacer aujourd'hui, mais qu'il ne serait cependant pas trop tard de redresser dans une étude impartiale.
nroëi (Jean-Nicolas) naquit à Dombrot, département des Vosges, le 6 février 1785, et mourut à Liège le 12 mars 18G7, resté le dernier de la famille qu'il s'était créée , à l'exception d'un petit-fils comme lui dévoué à la science et comme lui appelé à se distinguer dans l'enseignement ('). Eprouvé dans ses affections les plus chères, Noël chercha des consolations dans un redoublement d'ardeur au travail; il s'était d'ailleurs fait une loi, dès sa plus tendre jeunesse, de ne point passer un jour sans rien faire ;mais sa fécondité, dans les dernières années de sa vie, à un âge qui commande ordinairement le repos, a quelque chose de vraiment exceptionnel. Noël était, dans toute la
{* ) Noêl eut deux enfants, un fils qui donnait de grandes espérances, mais qui mou rut dans la fleur de la jeunesse, et une fille qui épousa en 1838 le docteur Habets. Tous deux furent à leur tour moissonnés avant le temps. Noél resla seul avecsa digne et vénérable compagne, qu'il eut le bonheur de conserver jusqu'au 23 novembre 1863, et son petit fils M. Alfred Habets, ingénieur des mines et répétiteur aux Ecoles spéciaks.
Le nom du docteur Habets doit trouver place dans les fastes dt TUniversité de Liège. Habets était Liégeois; né le 16 décembre 1807, il mourut dans sa ville natale le 24 septembre 1 844. Ses études médicales avaient été brillantes ; possédé d'un ardent désir de savoir, il ne se laissa point absorber par la pratique de son art, mais se tint assidûment au courant des théories les plus nouvelles, avec la pensée d'entrer 161 on tard dans renseigne-
ment. La mort de J.-Ant. Leroy (v. ce nom) lui offrit l'occasion qu'il recherchait : le 22 janvier 1839, il fut chargé provisoirement du cours de physiologie humaire et de physiologie comparée, en y comprenant, conformément au plan adopté par le professeur défunt, quelques notions indispensables d'anatomie générale. Il ne resla qu'une année dans sa chaire : sa santé, qui n'avait jamais été bien florissante, fut tout d'un coup gravement compromise ; la dernière période de sa vie ne fut pour ainsi dire qu'une lente agonie. 11 a publié :
i» Une traduction du Traité de phyiiologie du Dr Rodolphe Wagner. Bruxelles. 4841, in-8",
2« Notice sur N.'J.-G,-A, Amiaux (v. ce nom). Liège, 4849, in-S®.
3« Exposé du système hydriatiqne, Bmxelles, 1843, in-8«.
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force du terme, le fils de ses œuvres. Les biens de ses parents, honorables cultivateurs, avaient été engloutis dans la tourmente révolutionnaire : Jean- Nicolas ne pouvait compter que sur lui-même. Son goût pour les arts du dessin fentraîna un instant : nous le voyons, à seize ans, exécuter des peintures pour Téglise de son village.
Mais le rôle d*arliste de campagne ne lui souriant que tout juste, il se dit que son intérêt le plus pressant était de compléter son instruction. L'argent qu'il avait gagné par ses premiers essais lui permit de passer une année k FEcole centrale de Nancy, où il remporta les prix de mathématiques et de dessin. Il en revint l'escarcelle vide, mais la tête déjà bien meublée. Tout en prodiguant à sa mère malade les soins d*un bon fils, il tint Técole du village et, dans ses heures libres, se mil à étudier les œuvres du géomètre Lacroix, son pris de Nancy. Il entra ensuite au cadastre en qualité de géomètre ; ses collaborateurs reçurent de lui des leçons sur la science qu'ils dedevaient appliquer ensemble. Nommé maître d'études et répétiteur de mathématiques au Lycée de Nancy, en I80i, il eut enfin un point d'appui A la fols élève et maitre, il suivit les cours supérieurs de rétablissement avec tant de succès, qu'au bout d'un an il se vit appelé à la chaire de mathématiques du Collège de Pbalsbourg, petite ville de l'ancienne Lorraine. Le 5 décembre i 8 10, il reçut sa nominationdéûnitive de professeur de l'Université de France. Le diplôme de bachelier ès-sciences lui fut délivré le âojanvier 18 1 1. Quelques années s'écoulèrent paisiblement pour Noël, tout occupé de ses devoirs et de ses études : il perfectionnait sa méthode d'enseignement, il acquérait de l'expérience, il préparait de longue main le plan et les matériaux des ouvrages qui devaient plus lard consacrer sa renommée. L'Empire s'écroula ; l'un des premiers soins du nouveau gouvernement des Pays-Bas fut d'organiser, sur des bases solides et d'après les meilleures traditions, des
établissements d'instruction moyenne et supérieure dans les différentes provinces du royaume. Noël fut appelé, en 1819, à l'Athénée de Luxembourg, pour y enseigner les sciences physiques et mathématiques. Laissons parler M. Spring (*) : « C'est à partir de cette époque et jusqu'en 1855, où il fut nommé à I Université de Lié(:e, que Noël exerça une grande influence sur l'étude et l'enseignement des sciences exactes, non-seulement dans l'ancien Grand-Duché, mais aussi dans les provinces occidentales de la Belgique actuelle. Il réforma coraplèlement cet enseignement et parvint à le placer k une grande hauteur. Pour y parvenir, il se dévoua à donner aux instituteurs du Grand- Duché un cours normal d'arithmétique, afin que les élèves arrivassent mieux préparés à l'Athénée. El c'est Ji ses soins que le Luxembourg est redevable d'avoir produit un grand nombre d'esprits mathématiques, qui ont brillé depuis dans les difl'érentes carrières savantes de la Belgique régénérée... Je pourrais citer des noms qui, à eux seuls, témoigneraient de l'excellence des services rendus par notre collègue. J'en pourrais citer dans l'enseignement, dans le génie civil, dans le génie militaire ; et même, en dehors des branches spéciales, l'ascendant des sciences exactes et l'esprit de méthode qu'elles prêtent aux intelligences supérieures n'ont certes pas été étrangers au développement des hommes éminents que le Luxembourg a fournis à radmlnistration, à la magistrature , à la diplomatie et à la politique. J'ai personnnellement eu l'occasion fréquente de voir avec quel plaisir de tels hommes se rappelaient l'époque de leurs éludes à TAlhénée, dont la réputation était immense : j'ai été témoin du respi^ct et de la reconnaissance qu'ils avaient voués à leur ancien professt'ur. En vérité, Noël pouvait dire, comme autrefois le professeur d'éloquence Eumène, demandant au préfet des Gaules le rétablissement des écoles d'Autun : Multi ex me rivi non ignobiles fluunt, multi sectatores mvi
(*) Discûors proococé aux funérailles de delon el Schmit, dans le Journal de Liège Noël, publié, ainsi que ceux de MM. Chan- du 15 mars 1867.
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provincias administrant (*). » Ce fut dans le cours de cette même période que NoM publia les premières éditions de la plupart de ses traités classiques; quoique tirés à grand nombre, plusieurs de ces volumes furent jusqu'à huit fois réimprimés. L'Académie de Metz soumit les ouvrages de Noël à Texamen de Commissions scientifiques (*) et s*at(acha Fauteur à titre de membre correspondant. Professeur zélé, fécond écrivain, Noël suffisait k tout, parce que sa vie était parfaitement réglée ; ses nombreuses occupations ne Tempêchèrent pas d'accepter, en 1824, le titre de principal de r Athénée, et il s'acquitta de ces fonctions toutes spéciales avec une activité et une vigilance exemplaires. Indulgent sans faiblesse, ferme et juste sans rigueur, il fut pour ses élèves un père éclairé, et l'on peut vraiment appeler filial l'amour qu'ils lui vouèrent. En 1855, lorsque, malgré toutes les instancesquefitle gouvernement luxembourgeois pour le retenir, il saisit l'occasion d'aller rendre des services sur un plus grand théâtre, Thcure de la séparation fut le signal d'une scène touchante : M. Schmit (v. ce nom) porta la parole au nom de tous ses condisciples de rAthénée,et remit à Noël une médaille d'or , en témoignage de leur reconnaissance. Ce ne fut pas une démonstration de commande ; les rapports ultérieurs de Noël avec ses anciens élèves prouvent assez qu'il leur avait inspiré autant d'affection sincère que de respect. H en retrouva successivement un grand nombre à Liège, où il enseigna , de 1855 à 1852 , comme professeur ordinaire de la Faculté des sciences, les mathématiques élémentaires et la haute algèbre. Il apporta, dans l'exercice de son nouveau mandat, non seulement les rares qualités dont il avait fait preuve comme professeur à Luxembourg, mais encore le tribut d'un savoir solide et approfondi qu'il avait graduellement acquis, en con-
centrant sur la spécialité de ses études toutes les forces d'an esprit à la fols pénétrant et judicieux. Un de ses anciens auditeurs a très-bien fait i*emarquer que Noël cherchait, en toute occasion, à éveiller la spontanéité desélèves, et qu'il savait leur communiquer cet enthousiasme froid, permanent, que rien ne rebute et que tout fortitie. Il leur donnait, d'autre |)art, l'exemple d'une activité infatigable. Son influence s'étendait au delà de l'Université et des Écoles spéciales ; elle se fit notamment sentir dans l'enseignement moyen, qui compta parmi ses professeurs un grand nombre d'élèves de Noël. Par sa collaboration assidue aux différents journaux pédagogiques du pays, aussi bien que parla révision incessante à laquelle il soumettait ses propres ouvrages , Noël tint constamment en haleine le monde scolaire des mathématiciens. La ville de Liège eut plus d'une fois recours à sa grande expérience au profit de ses établissements d*instrnction ; le gouvernement invoqua également ses lumières. Recteur de l'Université en 1842-43, il reçut la croix de chevalier de l'ordre de Léopold le 26 septembre de cette dernière année. Il obtint Téméritat, sur sa demande, le 5 janvier 1849, après 45 années de services :
toutefois il continua, jusqu'à la fin de 1852 , d'enseigner la haute algèbre.
Forcé alors de prendre du repos, il quitta l'enseignement, mais ne se confina dans son cabinet que pour se livrer plus assidûment que jamais à ses études chéries. Le soir, il descendait quelquefois au salon pour s'entretenir une heure ou deux avec de vieux amis : il ne connaissait point d'autres distractions. La t)erte de la femme aimable et distinguée qu'il avait associée à sa vie lui porta un coup fatal, il s'affaiblit de jour en jour; cependant il n'abandonna son pupitre que quand il fut absolument incapable de se tenir debout (' ). Il mourut universellement regretté, et
( ' ) Oratio pro restaurandis sekoU^.
(*) Left Mémoires de V Académie de Sieiz (1819-1832} coatienoent l'analyse des rapport de ces Commissions : on peut s'y fair<3 une idtic de IVstime dont jouissait l'auteur
auprès des tioromes compétents, tant sous rapport du s^ivoir qu'au point de vue de son m>îrite didactique.
(*) C'est dans celte attitude que Noël avait travaillé toute sa vie; il y avait gagné
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ii méritait de l*être, car son cœur valait son talent.
BIBLIOGRAPHIE