NATURE ET IMPORTANCE
égard à la valeur des individus, on s'arrêtera à mille considérations accessoires, à la souplesse des esprits, à l'amabilité des caractères, aux opinions politiques, et jusqu'aux tendances anti-ecclésiastiques et funestes à la religion. Combien les intérêts des paroisses et de l'Eglise n'auroni-ils pas à en souffrir !
N'est-il pas vrai que, dans plusieurs pays, chaqjpe fois qu'il s'agit de nommer à certains postes ecclésiastiques, la première question qui se présente est celle de savoir si c'est Tévêque ou la franc-maçonnerie qui occupe la majeure partie de la paroisse et qui doit être chargé d'y gouverner le peuple chrétien? Que deviendra l'Eglise si ses ennemis peuvent élever aux plus importants emplois les prêtres qui se rapprochent le plus de leurs sentiments, et si ces prêtres, grâce à leur position, peuvent exercer une influence corruptrice sur l'ordre sacerdotal tout entier? Toutes les autres libertés ne nous servent de rien si les charges les plus importantes sont livrées à des mercenaires, au lieu d'être réservées aux plus méritants.
Le droit de patronage en particulier a subi de nos jours une transformation contraire à Tesprit de la législation ecclésiastique, et est devenu, à bien des égards, une grande calamité pour l'Eglise : il a certainement besoin d'être révisé. L'Eglise ne prétend pas, évidemment, retirer les droits qu'elle a accordés; mais il importe de mettre un terme aux abus qui se sont introduits dans les pays où la plupart des places sont soumises au droit de patronage. Ici , quatre droits sont en présence, et doivent être appliqués chacun dans leur sphère respective.
Le premier droit est celui de Jésus-Christ, auteur et législateur de tout ce qui concerne les fonctions ecclésiastiques : ce droit exige que chaque promotion soit faite en conformité avec Tesprit de Jésus-Christ. Le second droit^ droit qui est en même temps un devoir, est celui qu'a l'Eglise de remplir son mandat et de nommer aux places vacantes en suivant le mode établi par son Fondateur. Le troisième est le droit de la paroisse d'avoir un prêtre animé de Tesprit de Jésus-Christ, et non point une &me vénale et mercenaire. Le quatrième droit est celui qu'a le patron de faire en sorte qu'on propose à l'Eglise un sujet irréprochable. Le droit de patronage renferme un devoir de conscience de la plus haute gravité. Négliger les grandes obligations qu'il entraine pour ne s'attacher qu'aux satisfactions matérielles qu*il procure, le considérer comme une pure affaire d'intérêt personnel, et l'appliquer d'une façon qui blesse tout ensemble les droits du Christ et ceux des fidèles, c'est en faire un abus révoltant. Quelles réformes ne faudrail^il pas entreprendre sur ce point pour se mettre d'accord avec Tesprit de Jésus- Christ! Quels vastes horizons seraient ouverts à l'épanouissement et à l'action bienfaisante de l'Eglise si, en commençant par le pape et en descendant jusqu'aux plus bas degrés, tous les ministres de l'Eglise, évêques, membres des chapitres, représentants des évêques, administrateurs des décanats, et surtout les curés, dont les fonctions sont si importantes, pouvaient être nommés avec une pleine liberté, conformément à l*esprit de l'Eglise, en dehors de toute influence étrangère et illégitime, et suivant les prescriptions si sages,