AOUT
GAINS ET PEETE8.
II y a six mois y on nous disait : Le parti du silence est le seul qui convienne à votre position faible et dépendante. Si vous parlez, si vous réclamez, si vous saisissez le public de vos craintes, vous êtes perdus.
Nous avons fait voir* qu'il n'était pas à propos d'écouter celte prudence humaine, et nous avons parlé.
Maintenant, on nous dit : Qu'avez-vous gagné à tout ce tapage ? Les Chambres ne vous en sont que plus hostiles , le gouvernement est froissé , et l'esprit public , qui se rapprochait insensible-
* 2" Exnnien , 2* question.
ment de la religion , s'en éloigne de nouTeaa. « Tout à coup , ce mouvement s'est arrêté , nous a dit M. Thiers ; la déiîance a succédé à l'em- « preiBraient. ■
Voici notre réponse : i* Il est faux que nous ayons perdu ; 2' il est sûr que nous avons gagné.
1* Ce n'est ni dans les débats tout profanes des Chambres , ni dans les salons des ministres, ni dans les intrigues de la bureaucratie, ni dans les déclamations du journalisme qu'il faut étudier les pertes ou les- progrès de la religion ; c'est dans les temples, et la plupart de ceux qui nous attaquent n'y viennent pas ; c'est dans l'étude des consciences, et nos adversaires ne s'en occupent pas; c'est, enfln, dans tous les rapports du saint ministère des âmes , et , évidemment, il n'y a que les prêtres qui piiissent bienenjuger.
Or , voici ce dont nous sommes sûrs , et ce que nous pouvons proclamer à la face du ciel et de la terre : c'est que, depuis un an, les fruits spirituels du ministère pastoral , pour ce que nous en connaissons , n'ont aut^unement diminué; les confessions et les communions n'ont été ni moins nombreuses, ni inoins consolantes ; les peuples n'ont point cessé d'accueillir partout leurs pasteurs avec empressement , respect et confiance; et, s'il y a, comme nous le pensons,
quelque diffépence ^ elle est à l'avairtâge de rËglise et de ses omiistres^ (ki peut s'en assurer à Paris mème^ où les passons irréligieuses sa^* Tent exercer tant d'empire. Jamais peufr-étre ^ depuis longtemps, il ne s'y fittantde conversions notables qu'aux dernières fêtes pascales ; jamais il ne s'y (»rganisa plus d'oBuvres chrétiennes qile depuis un an ^ ; jamak» nous n'avons trouvé les enfants de Paris plus empresiaés à courir ptt*bliquement au-dàvant du prêtre , et nous ne croyons paë abuser de la confiante amitié dooA noitô h(Hi(»r6 le pieux et savant prélat de cette puissante ciq)itale , en révélant ce qu'il nous a confié. Jamais il n'a vu de jeunesse plus pimise que celle qui lui a été présentée pour la confira matioû dans ses dernières tournées pastorales. Otf il est bien clair que les dispositions dés enifant^ sont la révélation la plus fidèle de la dis^ position des familles. Certes , si les parents étaient irrités contre nous , il serait impossible que les enfants ne s'en ressentissent pas^ Bh bien I c'est tout le contraire qui arrive. t\ est donc faux que le mouvetnent du bien se soit ût^ rite ; il est fauit que la défimiee ait succédé à r empressement é
* Etatre autres, TOEuvre de Saint-François-XaVier, qui compte mâintebimt^lftt» dé quàtt« mille ouTriers.
Au moment où l'on met tout en œuvre pour effrayer et pour décourager nos frères, il importe de le dire, de le dire bien haut, et de le redire encore : Non , ia cause de la religion m'a rien perdu a nos débats pubucs. Nous verrons tout à rheure combien elle y a gagné.
Au moins , nous dit-on , vous avouerez qu'il y a maintenant beaucoup plus d'excitaiion du côté de vos adversaires.
Cela peut être, et nous voulons bien admettre que cela soit. Mais cela ne prouverait-il pas que la perte est de leur côté 7 Est-ce qu'il est dans la nature de l'homme de s'irriter quand il gagne?
Eh bien , puisqu'on nous y force , nous allons mettre à nu le véritable état des choses.
La plupart de nos gouvernants, occupés avant tout de ce qu'ils appellent Y État j la raison d'Ëtat , les intérêts de l'État , ne considèrent la religion que comme un ressort secondaire combiné avec les autres dans la machine gouvernementale et fonctionnant avec une docilité toute passive sous la main suprême de ce qu'on appelle les pouvoirs publics , et qui se réduit le plus souvent à l'arbitraire indéfini de ce pouvoir nouveau qu'on nomme l'administration.
« Assurément , dirons-nous avec M. Thiers , ce il n'y a pas aujourd'hui grand mérite, pas <( grande profondeur de vue à reconnaître que
il la religion est un des plus grands besoins de la a société humaine. » Nous ajouterons même qu'il est dans le devoir des ministres de cette religion toute bienfaisante d'apporter le tribut de leur concours au bonheur public , non-seulement en perfectionnant les individus par le travail de la civilisation chrétienne y mais aussi en venant en aide aux puissances de la terre dans les limites des lois étemelles , dont les prêtres sont avant tout les organes et les agents.
C'est ce que, malgré les opinions personnelles de quelques-uns de ses membres , le clei^é catholique faisait depuis treize ans ; c'est ce qu'il était disposé à faire avec un zèle toujours croissant et avec une unanimité toujours plus complète.
Les hommes du pouvoir s'en réjouissaient et ils en recueillaient les fruits. Plusieurs d'entre eux y sans doute y ne voulaient pas en abuser, mais d'autres croyaient que ce concours du clergé devait être sans limite; que les Chambres, par le seul fait du vote de son budget annuel y l'enrôlaient dans la classification des fonctionnaires publics y et qu'il était chargé par le ministre des cultes de faire de la morale au profit de l'Ëtat, absolument comme les armées font des campagnes, les tribunaux des jugements, et les Chambres des lois. On voit que c'est tout le
système d'une religion nationale, et nous en parlerons ailleurs ; il suffit ici de constater le fait^ qui est indubitable.
Le clergé catholique n'avait pas à s'occuper, au moins publiquement, de cette prétention exorbitante de nos gouvernants tant qu'elle ne se révélait pas par des exigences inacceptables. Sans s'aveugler sur leurs tendances , il conti^ nuait à les seconder loyalem^t , se réservant de s'arrêter seulement au point où il ne pourrait plus obéir atix hommes sans désobéira Dieu. De là la paix , de là la Satisfaction du goth vemement à l'endroit du clergé, qu'il cherchait, il faut le dire , à s'attacher toujours de plus en plus par des procédés bienveillants et des faveurs temporelles.
Mais des principes faux conduisent tôt ou tard à de fausses démarches. L'idée que l'État est tout amène nécessairement cette conclusion, que FÉglise, comme les diverses classes de la société, doit toujours s'incliner devant ses arrêts ; et alors les hommes d'État, sans s'occuper des droits de l'Église , ont préparé des lois destructives de la foi des peuples^ Les ministres de cette Église sainte ont d'abord et longtemps averti dans le secret les fabricateurs suprêmes de ces lois pernicieuses : on n'a tenu aucun compte de leurs sérieuses et pressantes técla-
mations , et on leur a fait dire hardiment par les organes les plus vulgaires de la publicité : Il faudra bien que vous obéissiez ecHmne les autres. Le clergé a répondu : Nous avons sacrifié pour vous nos opinions politiques et nos affections privées ; nous sommes jusque-là sincère*ment à vous; mais ^ sachez«*le bien , nous ne sacrifierons pour personne les intérêts et l'avenir de la religion.
Cependant , jusqu'alors tout se passait dans des rapports intimes et secrets qui n'étaient pas encore dépourvus d'une confiance mutuelle.
Quelques voix seulement signalaient les ravages causés dans l'héritage de la foi chrétienne par une philosophie insensée. Le reste de l'Ëpiâcopat se taisait.
Mais^ quand une fois ce projet de soumettre l'enseignement de toutes les doctrines à un pouvoir sans croyances fut devenu manifeste, les familles chrétiennes^ surprises et presque scandalisées de notre inaction apparente , nous demandèrent si nous voulions livrer à l'aventure la foi de leurs enfants^ D'un autre côté, les hommes du pouvoir donnaient publiquement notre dilence sur leur funeste système comme une preuve de notre approbation tacite et de notre coopération indirecte. Ce silence^ ainsi interprété en pressée des alarmes catholiques ,
allait donc dcTenir un vrai scandale : il a fallu le rompre.
Nous Tavons fait nn des premiers ; nous avons demande le maintien de la paix , non pas même au nom de l'Église, mais au nom du pacte social ; nous avons demandé la paix par ce qu'il y a de plus précieux pour l'honune : par la liberté, par la liberté promise , par la liberté pour tous, sans privilège comme sans exception. On ne nous a pas répondu , mais on a continué à pro* voquer la guerre , et on nous a fait dire , toujours par Forgane insultant du journalisme :
Nous ne vous craignons pas , car nous avons pour nous les Chambres.
A cette déclaration formelle de guerre, l'Épîscopat, sans s^ètre aucunement concerté dans son ensemble, mais conduit par le sentiment d'un devoir qui ne pouvait plus être douteux , a fait entendre le cri d'alarme avec une admirable unanimité. 11 a dit au pouvoir : <( L'enseignea ment tient aux doctrines, et les doctrines tien- « nent aux consciences. Or , les consciences ne i( sontpas de votre domaine; elles vous échappent « de droit divin , et vous-même vous les avez dé- « clarées libres de votre contrôle par l'article 5 de « notre Charte. Nous, évêques, nous sommespar « vocation défenseurs des franchises de la con- « science. Nous déclarons donc que tout pou-
ff voir humain qui viole son sanctuaire fait un « acte d'usurpation, et que, déplus, le pouvoir «public, tel qu'il est constitué en France, ne « peut pas faire cette usurpation sans une viola- « tion formelle de ses propres engagements. »
A ce raisonnement si clair , sur lequel nous reviendrons encore , M. Thiers n'a pas même essayé de répondre. Trop habile pour se fourvoyer dans les répliques impuissantes que d'autres ont balbutiées, il a omis notre objection, et il s'est contenté de dire et de répéter solennellement : l'État le veut ainsi.
Ainsi l'État veut violenter les consciences ; et nous , en vertu du droit naturel et des droits de l'Ëglise , nous déclarons que cette violence est sacrilège , et que le pouvoir qui se la permettrait ne pourrait plus avoir notre concours.
Que s'ensuit-il? que ceux qui comptaient sans limite sur ce concours, qui en jouissaient, qui s'en trouvaient bien, se fâchent, se récrient, nous menacent et cherchent à nous inspirer de la peur ou des regrets. Ces démonstrations sont fort naturelles; nous comprenons les alarmes du gouvernement , qui verrait se retirer de lui cet appui moral de la religion dont M. le rapporteur a dit que les plus vulgaires intelligences, comme les plus hautes, en comprennent le prix et la nécessité. Nous serions , pour notre compte ,
affligé profondément de voir les choses publiques compromises à ce point. Mais c'est comme Français beaucoup plus que comme chrétien.
Le clergé y en se retirant , n'aurait rien à re^ gretter que des faveurs précieuses y il est vrai , mais auxquelles il peut à la rigueur renoncer sans cesser de remplir sa divine mission. Il est le sel de la terre : le monde ne peut se passer de lui ; mais il peut se passer du monde. Les Chanobres françaises lui sont opposes y mais ce n'est ni par le sénat de Rome y ni par l'aréopage d'Athènes que s'est faite la conquête spirituelle des nations. On le voit donc y ce n'est pas de notre côté qu'il y a perte y aussi ce n'est pas de notre part qu'il y a colère.
Et quant à ces divers projets de loi plus ou moins défavorables à notre cause, soyons bien sûrs qu'ils étaient dans la tète de ceux qui les ont proposés avant que nous eussions rien dit. Cela nous rappelle L'apostrophe d'un pair de France à M. de Montalembert : «c C'est vous y lui dit-il y qui, par vos exagérations, êtes cause que la loi exigera des certificats d'études ; on aurait moins peur des jésuites de Fribourg si vous les eussiez moins vantés.» C'est un orateur ministériel qui parlait ainsi ; or, trois mois avant la discussion , le projet du ministère portait l'o* bligation du certificat d'études*
Nous n'avons donc rien perdu à ces débals ; mais il y a plus , nous y avons gagné.
^ Le premier triomphe que le clergé recherche y parce qu'il est la source de tous les autres, c'est le triomphe des principes.
Quand les vrais principes sont encore mécon* nus y il cherche à les mettre au jour. Quand ils cmt éclairé l'esprit, il s'efforce de les faire passer dans le cœur, et du cœur dans la conduite.
Nous qui savons ce que c'est que la conver--sion du pécheur, nous nous réjouissons quand nous entendons un homme, endurci d'ailleurs, reconnaître seulement de bouche quelques vérités morales.
Certes, nous le savons bien, l'attitude des Chambres est loin de nous être favorable ; et nous devions nous y attendre, puisque la question n'y est pas comprise à notre point de vue , qui est, selon nous, le seul vrai. Ce que nous devions donc désirer d'abord, c'était que cer^ tains principes y fussent proclamés et reconnus.
Or, que de vérités précieuses sur lesquelles la plupart de nos gouvernants n'avaient pas réfléchi , et qui leur ont été mises sous les yeux avec une précision et une puissance de paroles qui ne laissent rien à désirer !
Ainsi , dans son exposé des motifs à la Chambre des députés , M. Villemain s'est bien garde
de rétablir l'analc^e emphatique dont il avait tiré si grand parti à la Chambré des pairs^ entre l'ancien et le nouveau régime d'enseignement en France. Depuis que les éloquents défenseurs delà liberté ont montré si admirablement ladifTérence profonde qui existe entre l'Université sceptique du monopole actuel et les Universités essentiellement catholiques et rivales d'autrefois ; depuis surtout que M. Guizot lui-même ^ pour l'honneur du cabinet, s'est vu contraint , dans la séance du 9 mai , de rendre pleine justice aux données de l'histoire sur ce point , que son collègue avait embrouillé à plaisir; depuis enfin que M. Thiers vient de reconnaître formellement l'origine ecclésiastique des anciennes universités et leurs rivalités si précieuses à Vémulation, et la concurrence que leur firent jusqu'au bout les ordres religieux, et l'origine purement conventionnelle et impérialiste du monopole, c'est maintenant un fait incontestable , que l'U^ ni versîté actuelle n'a pas d'ancêtres , qu'elle est en opposition flagrante avec toute notre histoire , et qu'elle nous impose , sous un régime de liberté, un joug que jamais la France n'avait ni porté ni connu , même sous le règne de ce qu'on appelle l'absolutisme. Et combien d'autres principes proclamés , et dans les magnifiques débats de la Chambre des pairs, et
même dans ce dernier rapport de M. Thiers!
Ainsi^ la distinction essentielle entre l'instruction publique donnée par l'Ëtat^ et l'enseignement privé pour lequel la liberté est promise , cette distinction qu'on a si longtemps cherché à détruire pour donner à croire que nous demandions le renversement de l'Université; cette distinction qui fait si bien ressortir le droit des familles y n'a-t-elle pas été proclamée encore par M. Guizot dans cette même séance du 9 mai ? et M» lliiers ne vient-il pas de l'admettre^ ai exprimant^ comme étant la pensée unanime de k coïkimission , le vœu que l'Ëtat ait le droit de direction de l'enseignement public y et le droit de surveillance de renseignement privé ? D'où il suit qu'il doit y avoir en France un enseignement autre que celui que dirige l'Ëtat ^ et que les amis de la liberté ne la réclamant que pour cet enseignement privé y il est injuste et calomnieux de dire qu'ils demandent la ruine de l'Université^ ce que, au reste, personne ne dit plus* Voilà donc encore un pas de fait.
Mais n'est-ce donc rien que ce comité respec<<» table établi pour délivrer les certificats de moralité qui , précédemment donnés par le maire ^ n'étaient qu'une pièce insignifiante et une ga-^ rantie dérisoire contre laquelle nous nous étions hautement récrié? Croit*on qu'on rendrait un
jiiédiocre service à la morale publique , si J'on oblij^idt tous les instituteurs primaires à puiser à une source semUable ces certificats à Taide desqttels^ maiilteuaiit, ils trompent si $ouvent la crédulitë des communes ^ et font ensuite la désolation des pasteurs?
N'est-ce rien que cette flétrissure imprimée au front de la philosoplûe universitaire par les délibérations retentissantes et le vote formel de la haute Chambré? Et quand même les honorables députés rendraient au conseil royal les attributions que les illustres pairs oat transpo]>tées au conseil d'Ëtat^ ce qui^ au fo nd, est fort indifférent à la cause de la religion et de la liberté ^ croit-on que cela pourrait faii^ oublier que. l'enseignement de la philosophie , donné parl'Ëtat, a été déclaré suspect par le premi^ corps de l'Ëtat?
N'estr-be rien qu'une telle déclaration lancée dan» le pays ^ et un tel souvenir laissé dansThis^ toârè ? Or^. qu'on en soit bien sàr, on n'eût pas même essayé de le faine ^ on n'y eût pas pensé sans les réclamations de l'Êpiscopat.
N'esl-ce rien encore que les aveux que vient d'eJiprinler M. Thiérs lui^mèi&e sur le besoin de certains ordres religieux? Certes^ quand u& pareil homme d'État déclare que «les congr^^a- « tions 4iyant \yçmv objet dé procurer à deb
tf âmes fatiguées du monde le repos de la re- « traite religieuse , peuvent être regardées « comme tout à fait inhérentes à la religion cau tbolique ; » qiland il dit que , « dans la probibi- <t tion proposée, il ne s'agit pas de toutes les côn- « grëgations, mais de quelques-unes , d'une en « piàrtteulier , de celle des jésuites ; » quand il avoue, enfin, « qu'on peut ne pas poursuivre les « individus^ ne pas chercher à savoir s'ils sont ti assemblés sui* le territoire , de façon à faire <i Voîrqtt'jlseidstenten congrégation,» n^est-on pa8 en droit de croire que les raitonneménti^ exprknés par les ëvêquês èl par de savants pu-blicii^es, s^ria fouisse intér{>rétation donnée à là loi constitutiomielle du 9 février 1790 , com* mëncent à être compris et goûtés î
Enfin,: et surtout, n'est-de rien que les professions de foi catholiques si magnifiquement expirimées à I4 tribune de la ChamlH*e des pairs? Quand, le 16 avril dernier, M. de Montalembert prononça son premier discours sur les libertés de l'Église, ses adversaires ne surent comment exprhner leur indignation, et ses ainik eux-mêmes furent effrayés de son courage. Ce^ pendant^ cette parole de foi eût immédiatement, ati sein de cette France kîèptique , un succès iiioM,et, après avoir étonné et prèscjue révolté la uoble Qhantbre^elte la subjugua, et durant le^
six semaines de la discussion , et parmi tant d'autres paroles , admirables de talent , aucune n'exerça sur cette illustre réunion une puissance aussi merveilleuse. Seule, elle eut la vertu de tenir constamment dans le silence, le respect et l'attention , une immense majorité , qu'elle blessait ou contrariait sans relâche. On ne sau« rait dire tout ce que cet étonnant succès a donné de courage et d'espoir à tout ce qu'il y a de chrétiens croyants en France. Le jeune catholique, quelquefois isolé dans ses habitudes saintes, a compris qu'il était beau de marcher au devoir avec le petit nombre, et les S^;uier, les Barthélémy, les Beugnot, les Montalembert, lui paraissaient d'autant plus grands qu'ils étaient seuls. Le respect humain , si ridiculement funeste parmi les hommes , n'a plus semblé possible en présence de cette sainte har«* diesse d'un fidèle qui trouve sa gloire , même devant le monde, dans sa fidélité.
Des feuilles qui ordinairement se font gloire de leur incroyance, d'autres feuilles, oi^anes de l'hérésie , ont rendu hautement hommage à la supériorité d'un homme de conviction sur tous les politiques et les diplomates de nos jours, en sorte qu'elle a brillé de tout son éclat, cette parole qui autrefois ébranla, déracina et fit croulçr pour toujours le monde païen avec ses
armëeSy ses sophistes et ses Césars : Hœc est mtaria quœ vincit mundumy fdes nostrà. Or, nous le savons à n'en pouvoir douter, rillùstré éomte de Montalembert eAt gardé le silence si FËpiscopat n'eût pas parle d'abord.
Mais , si , dans une question où , de Taveu de tous, se balancent les destinées de la France catholique , les catholiques n'eussent pas pris part au combat , ses ennemis eussent-ils man-^ que de dire : Ce grand culte est mort ; sa bouche est muette, parce que son cœur ne bat plus?
Voyez. •• on peut le rouler dans la poussière , le dépouiller ignominieusement, lui mettre avec insulte le pied sur la face ; il ne remue plus , il ne parle plus, la vie n'est plus en lui...
Voilà ce que vous espériez pouvoir dire , ennemis de l'Église de Dieu , et vous vous irritez parce que désormais cette . bravade vous est impossible.
Nous avons donc gagné, et parce que, er^ rendant les discussions plus sérieuses, nous avons fait déjà réconnaître de précieux et fé-* conds principes dont il faudra bien que , tôt ou tard, la raison publique tire les conséquences, et parce que nous avons fait avouer, même aux moins clairvoyants , que le catholicisme existe encore en France, qu'il a des droits, qu'il veut enjouir parson alliance avec la liberté consti-
^i^i^Ue t . çt, ijtt'U 94t bien; ^étevmmé.km cçppeç ^«ft. ré«^n«$iQQfi qu'ai» jour mon liii
. Ai^ reste, }A,€on9misp)oi^4«lQt Mi'T)iiero e^l l'organe cor\$t^tfi :]afm n^tre^ eKisWoe», .pulli gq'elfe. fiav?. ;f^t .l'Iiowa^w dfti^sfpjseupér de i^jMl, «^ pft.tenw^.gépéraleiïvairt 'M'î^sncop-Yet
ERQ^intô,
* ft r
Nous venons dp rendi-f jugljiçf^ a|tt maaifpST; Rations jprécieusç^, ,àux réfle^ipiis utiles q^ sie trouvent çà et là dans le long travail de M, Thiers. Nous ayons cQmrop^é jpar ce^ félicitations pour montrer qn^ h JPftl flll'ûa nous veut où qu'on nous fait ne 99u$. rend pas injustes. Hélas ! nous voudriojj^ bipn î\'^VQir qu'îj louer, mais il s'en faut qu'il en sojl îjinsi.
Nous comprenons, ^ous le tî(re i.noffensif de ce chapitré, quelques assertion?; .inçoncevaWes, que nous pourrions., sans injustjpe ^ qualifier beaucoup pluç sévèrement: . . *^
JkhAU (^ M. Tbsers^ pour exposer 1» ftyttème : d'édtifeatton lUitîoiiale réglé par la CotiveniiQny . s'éxprix&e omaî : « L'enseigaenleiit est libre ^^ (^ lAvait êk cette assemblée^ mais voki à quelles » (( conditicipsrw.; Les^-dey»nt prètnes, tipsei^ a éeffaat nobles- ptéiaot i^xollis tde répseigBe^. <t fi^eftit. n £Eil)ait, avaoit d'étt^é élUy «rôir tiq> « certificat de cWisme ^. Le choix des livres^^it^ « fixé par m^décretdela ConTentioAJ La Cûii-« of sUtution de l'an m et la Déclaration des droite* <i de rhoinme étaient la Ijiaise deFenseignenieiit. ^ « Pour prindpale ifistruction morale, on devait^ ' « à chaque décadi y raconter les hauts faks de fi ifiosai^mées >►
Le premier sentiment qu'oti éprouve en lisant nh tel exposé dans un tel rapport, c'est la sterprito; maison s'attend au moins que le rapporteur va le flétrir sans réserve, comme une Comble violation des drcnts de la conscience ef de }a nature. Aussi, quelle n'a pas été notre' stupeur en voyant précisément tout le contraire!^ M. Thlers avoue bien qu'il liefaut pas en cela imiter la Convention, mais il ajoute aussitôt
qu'iL NE FAUT PAS NON TtCÈ tA FLÉTRIR. En SOrtè
que tout ce que l'on peut dire, et de Vexclusion des ei^âeDontpNlr^ et des cfdet>ant ndbMjti de
^ C*e8H*d1re déhiaitie à là religion et à laro^iixiié.
ceceriificatdeeMsmej et de cettô comHMUmde Van m y et de cette Déclaration des àroits de l'homme servœU de base à VemeignemefA , et de cette instrwtion morale réduite au récit des hauts faits militaires^ et de. tout ce système le plus cômpldteâieat impie ei le plus hideusemait tyraimique qui futjamais, c'est que ce n'est pas imitable pour le moment, mais qu^au fond ce n'est pas râdicak^nent (mauvais, et qu'il faut se gatder de le fiétrwy parée qu'en retranchant l'jexagération qui tenait au délire d'alors , on trouve là-dessous un patriotisme louable dont on pourrait tirer parti dans l'occasion.
Ainsi , voilà un des plus audacieux attentats aux libertés privées et publiques officiellement réhabilité en droit au milieu du silence des re« présentants du pays, dans un rapport solennel sur une loi de liberté ! Que Ton s^étonne, après <;ela, de nos alarmes , et que l'on nous traite , comme Ta fait M. de Broglie, d'esprits méfiants^ quand nous disons que, si l'on veut enchaîner les consciences, c'est ppur arriver au plus insurmontable des de^otismes l Nous reviendrons sur cette triste vérité.
2'' Yoici un autre signe non moins étrai^e de la sympathie de M. Thiers pour ces pouvoirs révolulionnaires qui ont laissé sur notre glorieuse histoire de France des taches ineffaçables
de $ahg et de honte : « La révdtutîôn française,
<r ditHll^BÀNSUNS INTlMlÔN QUI ÉTAIT LODf b'èTU
c( mptÈy imagina la Goiiititutiofn civile dû cl^*gé, c( qui y SANS TOUôiER AU DOGUE, louchàit surtotit à c( TadmitiiBtratfon et à l'organisation diocé- « saine. » Â de telles pai^oleâ, oh s^arrète et on
relit une sëcotide fois, pour s'assurer si elles* sont bien du rapporteur ; mais rien ne permet d'en douter : elles sont de M. Thiers, et elles ont été lues à nos représentants silencieux.
Maintenant, catholiques, quand, dans les actes publics contre lesquels tos pasteurs réclament , des hommes d'Ëfat vous assureront quMIs sont dirigés par des intentions Wenveillantes pour la religion, et qu'ils ne veulent aucunement porter atteinte a Vîntégrité de la foi, vous saurez ce que valent ces protestations. Yoîlà un homme d*État, puissant, éclairé, influent, très-considé^ rable, un homme qui connaît parfaitement la valeur et la portée des mots qu'il emploie , et qui, dans un discours longuement préparé, rem«* plissant une dés fonctions les plus importantes du [gouvernement représentatif, vous dit que l-Âssemblée nationale qui , après avoir résisté aux réclamations de cent trente et un évéques sur cent trente-cinq, brisa, en 1790, uneortho-* ûùtie de treize cents ans, plongea la France catholique dans un schisme insensé , lequel dé-
généra. M^ntôt i^ «n^ idplâteîe cynique; que
elle î^t^ii:^s^ml9LiWn»*^vm1i9J^ !m'U y
d'umir im\ i9^Mi(m'impie\l ,0\i, yï^i^i vous dif^e qw^ep défiçn^snU à tPWt t^tpyfa» fffiqçais dô f e^ 1 OOmî^îtyç, eQiimçwi^ cas i^ifm^^ ^ucim preV <^ tpyteqw ç^mUX^V^n^ du papç fti 4e s^ç <f : déj€igu^, ?>tt§ndp qnQ ce sçrait recQiuMdtrq ^ « dominatiRud'MBePHlS^WÇO étrangère, »VAs- ^(iibl^e na^onal^ n'a pas timahé 9u^Qffm; et le Mffi^iifur B0 nous di^pas si ces; mon^yo3ités î^^ipat^qliques apt e^c^té quelque mouvement d'I^digfiatkm ou du n^pin^ (Je ^m:prLse dans ri^norable Cban^i^e* .
îiov^s n'affirmQQs p^a cçp€^da9t qu'il y s^f; pjf^çi^nii^ijt en ^n çpla, ,de 1* p»rt des ^dversaire& du clergé^ n^anvaj^ foi ^m^u réfléchie, ni intention bien pçfti^iyçaaaent-hopiUe; nwis 2|lors, il faut l!avouer^ il y ft cl)ej$ eux nne bien
déploraWe ignorwcçv Or, cette ignorance ne sujQSyh^le pas surabondainnient pon^ que les calliQlIques, se m^ent de : I^urs protestations les pius déduisantes, et pwp qu'ils ce tienne t ponstamqipnt .attaehe^ k la direction de leurs
»3?;A cpp prrenrs si graves et n\^me ^ hwanh
liwfeft^r.t'hQninip, public (qui Ies,p(anine<>
Qonii ptmrncaà ànjokiàrb %m très^giind noniftre d'di|troi'4'iiDe moindiv- pfMé»\ epaoUf^ Irès^
j.:Q.^t, iim nûfnfé • régime iémcêjptUiàml tA»! petits sémnaireSf tel que l'ealèad^tefliarpdriiédf U,ç0V^mV!»Mtéié^iifiMt^iiimie dergé à la M^tfwmiimm iiSJ^4t,!iiIonif.cdiiiËné' aujoùK»
epHt|?airi»:^4l l'^)|iDn^imdâ l'Univordfté; mais
d^ ç>^QÇ]^fipw 9flifiv%fi^^ géi»nt«g< JU m ffiu^
qm^ jamais, )e gmif^çrj^^nt impérial«it inaponé
f^u (2«i(l^rpf^fm'^ 4<i)^v«fri$^iM>f««9 excepté imi* la ^if^\ Aj^ X%\ \ t décret fanoé p^r 1« dâ^pp(«.d«Bi| ï» jog^vuient; de «plèFe., diJwTOif 4 jf a» rUmwis site elle-même, et qui n'a jamais reçu sonçnli^cf fijjecu,t^.,.-,, ..,„f ,. -f. •. . ,-: vu.,' ;: ,..l\ p§t, f^^i qpien. fie ! ppiwï^itam :IWW! <W<r .0»
CQifPfift^onça^g^ïiiçp^Q qm «. -U B^igwm ^»fl»»
fi^^ se fé»Rv;,.en,çqnpik!s,pç<)pjîpipp»iHJilfi^
— sale bien c6mnmn. Qvant aux articles organiques^ il esi permis de souf^iir qu'Us ne sont plus même xme loi, mais jamais le jurisconsulfe le plus gaiHîcan n^ osé prétendre qu'ils fissent partie du concordat*
V Dans quelle théologie ou dans quel catédûsme M. Thiersa-t^U lu que rengagement des jeunes ecclésiastiques n^était définitif qu^ au iim>^ ment de leur ordination comme prêtres? Le vulgaire des catholiques sait depuis Tenfance que rengagement des clercs devient définitif dès le sous^diaconat. N'est-il pas triste, n'est-il pas ccmtrela nature et la droite raison, que les destinées de l'Eglise catholique soient, humainement parlant , confiées à des hommes qui manquent des notionus les plus élémentaires de sa constitution?
5' Nous avons dit et nous répétons que M. Thiers connaît parfaitement lé sens et comprend la portée des mots qu'il emploie. Pourquoi donc, contrairement à Fu^ge universel , en parlant de l'Ëglise catholique en France, dit-îl, à plusieurs reprises , rjÉflfft se française? Jusqu'ici cette dénomination étrange était réservée à la secte ignoble de Châtel; encore le patriarche de cette sacrilège parodie y ajoutaitâ X&moXctahotiqm; maïs, à part cette triste inl^ênftiôn de nos j6urs d'égarements', jamais
rhistoire n'avait parlé que de V Eglise galHeoM. Nous avouons que, pour notre part, nous n'aimons que médiocrement ce dernier nom, qui ressemble trop à celui que s'est donné la schismatique Angleterre. Nous aimerions mieux dire VEglise de France, comme on dit l'Ëglise d'O-» rient, l'Ëglise d'Amérique, etc. Cependant, nous nous résignons sans scrupule à un langage consacré par la plume de nos écrivains les plus catholiques. Mais VEglise française ! Cela est bien nouveau ou plutôt bien inouï , monsieur le rapporteur, et comme il n'est pas supposable qu'un esprit aussi pénétrant ait créé ce néologisme inutile sans une intention trës-formelle pour l'avenir, on se demande ce que vous vous êtes proposé par là. Ce n'est pas certainement d'être utile àcette tinî^ catholique dans laquelle vous félicitez Bossuet de s'être maintenu. Mais alors ne serait-K^e pas une inienti<m toute con«* traire? Né serait-ce pas pour préparer la France, par une expression nouvelle, à des idées et à des dispositions plus nouvelles encore? Or, dans le mot Eglise française, il n'y a qu'une idée , c'est celle d'Ëglise nationale. Voudriez-vous y habituer la France? Âuriez-vous quelque espoir d'absorber un jour nos quatorze siècles de catholicisme dans cette unité nationale dont vous portez si haut et si loin les prétentions?
So3fe»-en ^ûr^ nloîisieul'^ vohI» ii'y rëuâsii^si pas ; ma» cemme il est bon de. se mettre en gàtnie bontre les plàs vsûnes attaques y iious signalons k dëaDodinatîon introduite^par M. Tbiers comme une locution favorable au sehisme ^ et nous dé* darons que ]!Àgf/t'^ qui ê' kpp^âlttàxt frof^ûisé ne sera jameikr la véw^ fiom Église d'est l-EiOisé fxmaéneé
ni.
im:6?mÉotiËN£ËS.
. Notre cau$e est tell6niënt.ck)ttfor)Qa6àlas2Ûné raison ^t au droit comoiuvi^ qu'ils impossible à nos .ad versaires^ de poseï^ un prihdpe Trai sans qu'à rijastaat oej^incipe lui-^mâme^ ou ses etoséquenoes imuiédiates ^ ne tournent pouf noua et citatre eux* Nous; avons étaU|i cette démon^atiôti dans nto lettres à M. le duc de Sroglie ^ et particulièrement dans la première* CojnbiLent y en effet ^ peut-on. dem^irer uii seul instant l'avocat du mônopoie quand on a proclamé des. vérités comme celle-câ : Si VEtai intenÀmt dans t enseignement, œ West pas à titre de, ewveruiwp c'est à Miré de prst^cteur,
t'est s^ikmêtU à défaut des familles, pour sup^
pléefr à leurs ressources quelquefois insuffisant tes^.é.. Ainsi ^ plus de tutelle obligée...... ce sont
choses qui ont fait leur tenips.
On avait dit que M. Tbîe» accosait Tillustre rapporteur de la Chambre des pairs [de s'être ainsi mis en opposition avec lui-^mème par suite d'un système de ménagement qui ', au fond , manque de franchise, et qu'il avait promis de suivre une marcbe^toute différente^ en se mon^ trant ouvertement et complètement tel qu'il est; on connaît lejs trois titres par lesquels il s'est caractérisé lui-même : Yoltairien , révolution^* nairê^ impërialisteir II parsdt que ce triple carao tère sourit à l'Université et lui inspire beau«> coup de confiance ^ car elle s'est grandement félieitéedu choix de la ocnnmissiim de la Chamh bre élective , et elle n'a pas dissimulé les espé^ rancéâ que lui ins^pirait l'étrange profession dé foi de son rapporteur, ir est bien vrai qn^ M. Thiers a mis dans son langage moins d'ar^ tifice queM. deBroglie. On y voit peu le travail an tittérateur ^ et beaucoup les tendances d^ rhomme d'É|al« Son double âoge de la Convenu fton révèle en lui des goûts de despotisone et d'a^ narchie qui le rendent un sujet d'èffroî pour toiîs les amis de Tordre et de la liberté. Eh bien ! cependant ^ M. Thiers lui-même > par le besoin
qu'il éprouvait de donner à son exposé quelque air de vraisemblance et de bonne foi, a été obligé d'établir des principes en vertu desquels notre cause est inévitablement gagnée.
Ainsi y l'honorable rapporteur reconnaît qu'il n^'y aura de liberté qu'oDec des régimes divers entre lesquels la sollicitude paternelle puisse choisir suivant ses goûts et ses setUiments... Car, dit^ily celui^ tient aux fortes études, et celuilà se soucie surtout de renseignement religieux... Il faut donc qu'il y ait une certaine diversité dans le régime d'éducation, diversité qui permette à tous les pères de suivre les penchants de leur ^œuTj les vues de leur ambition, les scrupules de leur conscience, mais ne permette à aucune de faire de mauvais citoyens.... Nous ferons voir plus tard comment on peut respecter cette dernière condition sans nuire aucunement à la liberté. Mais nous demandons d'abord si la loi proposée n'est pas le démenti le plus formel et le plus pénible des principes qu'on vient de reconnaître; nous demandons si ces principes ^ devant lesquels est obligé de s'incliner celui-là même qui les outrage , ne sont pas froissés et méconnus par toute la législation universitaire, dans tous les degrés de sa hiérarchie ^
1 On peut juger de ce que Ton veut faire par ce que Ton a fait défit : or, qui oserait dire que la loi du 28 juin 4833 offre partout
Vous avouez, monsieur le rapporteur, que TOUS les pères de famille doivent être mis à même de suivre, pour V éducation de leurs enfants, les penchants de leur cœur. Mais ces paroles ne sont-elles pas votre plus inexorable condamnation ? Mais n'entendez-vous pas , de tous lès points de la France, les pères catholiques qui nous disent que, par tous vos projets de loi, vous heurtez non-seulement les penchants les plus
aux pères de famille des réghnes divers d'éducation primaire entre lesquels leur sollicitude puisse choisir suivant leurs goûts et leurs sentiments, quand il est constant que, par Tobligation où sont toutes les communes d'avoir et de payer un instituteur tout à fait universitaire , les instituteurs privés sont par cela même repoussés partout où rétablissement de deux institutions primaires pour les garçons est impossible, c'est-à-dire dans plus de trente mille communes. 4
Peut-on dire que, de ce côté, on satisfait aux désirs des parents qui se soucient avant tout de V enseignement religieva; » quand , par cette loi fatale, on fait périr la race de ces instituteurs indigènes choisis et maintenus de père en fils par le vœu des popu* lations , précisément parce qu'ils regardaient l'enseignement religieux comme le premier de leurs devoirs, parce qu'ils le fortifiaient par l'exemple de leurs vertus chrétiennes, aussi bien que par le concours empressé qu'ils prêtaient toujours à l'action du prêtre ; et quand on les a remplacés par de jeunes élèves des écoles normales, qui mettent leur principale gloire dans des pages de calligraphie ou dans des subtilités de grammaire ; mais parmi lesquels le zèle pour la religion est si rare qu'un pasteur se juge favorisé s'ils ne lui sont pas directement hostiles : tellement que, du côté de la foi , TindifiFérence et la nullité sont presque ce qu'on peut espérer de mieux. Voilà pourtant ce qu'a produit cette déplorable loi de 4833, dont on a osé dire : le clergé se trouverait trop heureux s'il pouvait en obtenir une semblable pour l'instruction secondaire 1
respectables , mais les intentions les plus formelles ) les devoirs les plus impérieux de leur cœur ? Nous-mêmes , que sommes-nous en ce moment y sinon les organes de tant de familles chrétiennes dont plusieurs ont le grand tort d*un faux amour de la paix, d'une timidité selon nous blàmaUe, qband il s'agit de faire valoir leurs droits, mais qui n'en sentent pas moins que ce qui se prépare en ce moment sur l'éducation dans les hautes régions du pouvoir est une vraie conspiration contre Tavenir religieux de leurs enfants?
Et c'est à eux comme à nous que vous venez dire , en présence du monde entier attentif à ce grand débat, que vous respecterez dans tous les pères de (sanille jusqu'aux scrupules de leur conscience I Les scrupules ! non, monsieur, les pères de famille ne vous demandent pas d'aller jusqu'à cet excès de délicatesse. Ils vous demandent de ne pas violer dans leur conscience les droits les plus sacrés et les sentiments les plus intimes. Non , monsieur , ce n'est pas un scrupule pour un père qui a de la foi ou qui seulement en comprend le prix, que de ne pas expo* ser, par un enseignement sceptique, la foi de ses enfants ; à moins que Ion ne traite de scrupule de conscience tout ce qui rattache aux devoirs envers Dieu.
NouB savons bien que c'est là malheureusement la pensée de quelques-uns des sages et des doctes du corps enseignant* ai c'est aussi la vôtre ^ monsieur , je vous plains , je plains le parti qui vous a pour organe et pour défenseur, et, élevant jusqu'à l'idée chrétienne le mot d'un ancien Romain : « Je demande au Ciel que « Rome n'ait jamais que de semblables enne-^ a mis. 3»
Mais, à part même tant de plaintes si éner-^ giques, que vous connaissez bien, puisqu'elles vous irritent, n'avez^-yous pas sous les yeux un i^it énorme qui vous révèle que tous les pères de famille n'ont pas , dans le sein de la patrie , le moyen de suivre , comme vous le dîtes , les penchants de leurccBur?
N'est^^e pas un spectacle humiliant , n'esta ce pas même un phénomène effrayâtit pour la France ^ que cette émigration annuelle de tant déjeunes gens pleins d'avenir, qui sont obligés^ par la conscience de leur famille, d'aller demander le bien&it de l'éducation à des terres étrangères? Que les rôles sont changés! Autrefois c'étaient tdutes les nations voisines et quelquefois les peuples lointains qui envoyaient leurs plus nobles enfants étudier les lettres et les sciences au sein de nos universités ^ et aujourd'hui ç'ffA oe qu'U y â de plus noble
et de plus illustre parmi nous, qui ne trouve plus y sur cette vieille terre catholique de France, l'éducation telle que doivent la désirer les descendants du peuple de Charlemagne et de saint LfOuis! Il y aurait un remède facile à ce désordre et à ce malaise , ce serait de rappeler au milieu de nous cette éducation qu'évidemment nous ne possédons plus dans la mesure de nos besoins. Ce moyen , vous n'hésiteriez pas a le demander, à l'employer, si c'étaient des intérêts matériels qui fussent compromis : oui, s'il s^agissait d'une usine ou d'une filature, si, par suite de désertions semblables, nous voyions nos meilleurs chefs d'ateliers s'associer à des fabrications étrangères, au détriment de l'industrie nationale , vous ne manqueriez pas de mettre tout en œuvre pour ramener au sein de la patrie cette redoutable concurrence ; vous flétririez même, comme un mauvais citoyen, celui qui entraverait vos intentions par des jalousies personnelles et des spéculations de monopole ; et voilà pourtant ce que vous faites quand il s'agit de former non des ouvriers et des mécaniciens, mais des hommes et des Français !
Dans la grande question qui nous occupe , ce ne sont pas, il est vrai, des objets de commerce, mais c'est quelque chose à coup sûr de bien plus important, ce sont des convictions et des idées
qu'il s'agit de mettre en circulation; et, loin d'attirer à vous les établissements où ces grands intérêts se préparent, vous les repoussez alors même qu'on vous les offre! Et vous aimez mieux priver votre patrie de ces avantages réclamés par la justice et le besoin y que de renoncer à vos préventions irréfléchies et à vos haines invétérées !
Mais comprenez-vous bien ce que vous faites?
mais ne voyez-vous pas qu'en privant injustement la France d'un bien auquel elle a droit y vous causez encore un tort énorme au gouvernement lui-même dont vous vous vantez d'être les soutiens et les amis? Ne voyez-vous pas que vous lui préparez pour l'avenir des embarras et des résistances dont on ne peut pas calculer les résultats sans effroi 7
Remarquez donc que ces jeunes gens proscrits par vos mesures intolérantes appartiennent presque tous à des ^milles considérables , riches, nobles, influentes, et que vous auriez intérêt à vous rattacher ; remarquez donc que vous les aurez condamnés à l'exil à un âge où ils n'ont pu le mériter, à un âge où se communiquent les impressions les plus vives et les plus durables» Dans cette éducation de Téxil , ils ne perdront rien de leur amour pour la patrie ; on sait, au contraire, que cet amour surtout s'ac-
croit par réloignement. Mais , sonffez-y sërieiM ornent, l6 fait seul de leur position fcffcée leur inspirera des préventions profondes, et pent-^tre un désir de vengeance qu'ils croiront légitime contre vous* Jamais, jamais ils n'oublieront que, pour mettre à Tahri leur innocence et leur foi^ la sollicitude paternelle a été obligée par voua de les expatrier; jamais ils n'oublieront les larmes que ces séparations lointaines ont coûtées à leurs mères , et si un jour ils lisent ce mani^ feste imposteur, où vous osez affirmer que toui les pères de famille peuvent suivre, pour Véduea-^ tion de leurs enfants, les penchants de leur cœur et les scrupules de leur conscience , ils diront que vous avez ajouté l'insulte à la persécu-^ tion.
Croyez-vous nous répondre par ce trop fameux certificat d'études destiné, selon vous, à détourner les étudiants de ces maisons étran** gères, en les rendant, quand ils en sortent, inha<* biles, par ce seul fait, à la réception du bacca^ lauréat? D'abord, on a surabondamment prouvé que cette douane établie contre le savoir est une criante injustice, que vouloir estampiller les sciences et les lettres à l'instar des denrées coloniales, c'était faire du ridicule en même temps que de l'iniquité ; mais, sans revenir sur cette considération 9 devenue vulgaire à force
d'être trop sensible, ne voyez-vous pas que ce genre de vexation sera d'une complète impuis** sançe contre les périls que nous venons de si«t gnaler?
Vous refiiserez votre baccalauréat aux élèves français de Fribourg, de Brugelette, etc.? Eh bien ! ils s'en passeront : que résultera*-t-il pour eux de votre refus? qu'ils n'entreront ni dans la magistrature, ni dansVéducation, ni dans la médecine I soit! mais les empècheres-vous d'entrer dans le commerce et les affaires? Certes, ce qui domine aujourd'hui le mouvement de la France et celui de presque toute l'Europe, ce sont bien plus les affaires que les lettres et les sciences ; et vous ne l'ignorez pas, vous, hommes du pouvoir, dont l'autorité chancelle devant une compagnie de chemins de fer; qui construisez dispendieusèment des villes d'un jour pour offrir des tentes à Tindustrie nationale, et qui, à la place des tournois et des carrousels que nos anciens rois donnaient h toutes les familles princières du monde civilisé, préparez des fêtes royales aux fabricants et aux mécaniciens de la France. Certes, nous sommes loin de vous en blâmer; mais aussi, vous nous permettrez bien d'en conclure que c'est là, de votre aveu même, que réside aujourd'hui la puissance sociale.
Or, pouvez-*vous ne pas voir que ces vieilles
et riches familles nobiliaires, dont par le fait vous proscrivez les fils, entrent aujourd'hui en participation de cette puissance nouvelle ; que, sortis de vos tribunaux, de vos armées et de vos cours, ils se sont rapprochés du peuple, ou dans les perfectionnements de la culture, ou dans les calculs des grandes spéculations? Ne voyezvous pas qu'ils ennoblissent.de leur présence cette industrie que vous êtes réduits à flatter , tant elle est devenue puissante , et qu'ils font grandir encore l'action du commerce par le mouvement de lem*s capitaux, par la garantie de leur honneur séculaire, et par la magie toujours inimitable de leurs noms?
Maintenant, votre refus de baccalauréat empêchera-t-il ces enfants des familles patriciennes de la France d'acquérir , par cette voie nouvelle, une popularité merveilleuse et une incalculable influence ? De ce que, faute d'un certificat d'études , ils ne pourront devenir bacheliers es lettres, en deviendront-ils moins conseillers de départements et députés de la France? Si vous les aviez laissés se choisir au sein de leur patrie l'éducation qui convenait à la conscience de leurs pères , ils fussent arrivés à ces fonctions importantes par le chemin de la liberté que vous-mêmes leur auriez ouvert, et il n'est pas dans la nature de l'homme d'attaquer
celui qui respecte ses droits ; mais ils y arriveront malgré vous, malgré les proscriptions dont ^ vous aurez poursuivi leur adolescence et leur jeunesse ; ils y arriveront pénétrés de ce désir de réaction que l'oppression provoque, et, puisqu'il faut le dire , ils y arriveront vos ennemis , les ennemis déclarés de votre gouvernement, et ils auront pour auxiliaires tous ceux qui auront d'ailleurs été blessés par le monopole, et c'est vous qui l'aurez voulu ainsi ; et ces inimitiés destructives seront le résultat de ce régime uni- *♦» i versitaire qui ne peut pas se maintenir sans devenir persécuteur, et qui ne peut persécuter sans appeler les révolutions*.
SOPmSMES.
Dans le langage de l'Ecole, le sophisme est un faux argument : argumentum quod veri speciem prœ se ferens^ reipsa falsum est. Dans le langage usuel, ce mot s'applique également à une simple
A 11 n'est pas nécessaire d'être un profond politique pour comprendre comment on a été conduit de 4763 à 93, de 4841 à 4814, de 4 8^8 èi 4 830.
proposition spécieuse, mais fausse : c^est sur*^ tout dan» ce dernier sens que nons le pren^t drons ici.
Nos écrivains modernes, quoique génér^le<«^ ment tres-peu exacts par défaut de principes o\ par mille autres causes, font pourtant assez peu de syllogismes faux : c'est que le plus souvent ils n'en font aucun : ils ne raisonnent pas, ils affirment, et c'est dans ces affirmations gratuites, plus ou moins enveloppées d'une appafence de raison, qu'ils glissent l'erreur, y homme atten* tif, instruit et consciencieux, s'aperçoit promp^ tement du mensonge, parce qu'il a le sentiment du vrai ; mais le lecteur superficiel s'arrête aux prestiges du langage, et reçoit sans répugnance le venin que l'art a su rendre agréable.
D'autres raisons donnent encore parmi nous une puissance redoutable à ces assertions mensongères revêtues de formes séduisantes : ce sont d'abord les passions publiques, quand elles en sont excusées et caressées ; c'est ensuite la personne de Tauteur, quand sa réputation éblouit , et que son ton d'autorité subjugue ; enfin, et surtout, c'est le goût du paradoxe, qui charme, par son effet étrange , des esprits distraits et des intelligences blasées. Voilà ce qui met en vogue des opinions qui au fond ne supportent pas un instant d'examen sérieux ; voilà
ce qui ^ dans la question présente, fait acquérir à des discours comme ceux de MM. Cousin, Guisot^ViUemainetThiers, tant d'ascendant sur un peuple irréligieux ; voilà , nous ne pouvons pous le dissimuler, ce qui au contraire nous offre le plus d'obstacles dans cette grave discus* çioUf Nous ne sommes pas compris, parce qu'on ne veut pas nous entendre ; et nos adver* saires sont approuvés , parce qu'il est convenu d'avance qu'ils auront raison. Quelques citations rendront ces réflexions sensibles.
Premier sophisme. — Le droit des pères de famiUe est incommU"
nieaMe,
Qu'y a^t-il de plus concluant , de plus péremptoire en faveur de la liberté d'enseignement, que le droit que les pères de lamille tiennent de la nature, de la religion et de la société, droit qu'ils conservent dans toute son intégrité sous le régime actuel, puisqu'ils n'y ont nullement renoncé par le pacte social? Dès que, devant Dieu et devant les hommes, le père répond de l'éducation de ses enfants, il doit pouvoir la diriger à son gré ; car tout devoir a pour corrélatif un droit, et ce droit c'est la fa« culte de remplir le devoir lui*«mème. Il est impossible de trouver au monde rien de plus
diécisif et de plus triomphant que cette preuve. Aussi, généralement, on s'est bien gardé de la combattre. Il est pourtant un orateur qui a voulu l'attaquer de front. Voici sa phrase :
a Mais, dira-t-on, vous oubliez les droits des ^ pères de famille. Non, messieurs.... le droit a du père de famille est bien grand, je le sais , « mais tout grand qu'il est , il n'est point absolu « et illimité en lui-même , et je prétends d'ail- « leurs qu'il est imommimicdble. )>
Ces paroles ont été prononcées par M. Cousin à l'ouverture même de la discussion à la Chambre des pairs, alors que les esprits avaient toute la vigueur, toute la fraîcheur de leur attention , j'allais dire de leur curiosité. Elles n'ont paru produire sur l'assemblée aucune sensation; or, cependant, nous demandons s'il est possible de trouver quelque chose de plusgrossièrement faux que ces mêmes paroles, surtout les dernières.
Le droit des pères n'est point absolu : assurément, car l'homme est un être contingent, et il n'y a de pouvoir absolu qu'en Dieu. Ce droit n'est pas illimité: non, sans doute, par le même motif; mais il s'agit de savoir si les limites que vous lui posez sont légitimes , vous ne le pouvez pas : or, c'est là tout ce qui est en question.
Mais de plus vous prétendez que ce droit des pères sur leurs enfants est incommunicable , et
vous vous arrêtez après cette phrase sentencieuse sans relayer de la moindre preuve , précisément comme si c'était un axiome.
Mais si ce droit est incommunicable , veuillez nous dire d'abord comment il a été communiqué à l'Université, qui l'exerce si souverainement et malgré les réclamations des pères et mères , lesquels déclarent n'avoir jamais consenti à cette communication î
Si ce droit est incommunicable , que deviennent les dispositions du Code civil sur la nomination légale des tuteurs , curateurs , conseils de familles, etc. ? Si ce droit est incommunicable, alors il faut donc que chaque père fasse lui-même en personne toute l'éducation de tous ses enfants -, il faut donc ou qu'il les maintienne dans sa propre profession, ou qu'il sache luimême et dirige tous les étals divers que ses divers enfants voudront prendre ! Il ne pourra même pas avoir pour eux un professeur dans sa maison , puisque le principe est sans réserve. M. Cousin prétend , absolument et sans exception, que le droit des pères sur leurs enfants est incommunicable!
Voilà pourtant un des mille paradoxes que tes adversaires de la liberté ont semés dans la discussion, d'ailleurs si remarquable, de la Chambre des pairs ! Et cependant on a vanté
ces discours ^ et on a écrit ^ et on a répète qua ces discours étaient des chefsHl' œuvre ^ et qu'il n'y avait pas un mot à y répondre ! Veut-on unautre exemple emprunté à la noble Chambre ?
Deuxième sophisme. — VÉtat est Mque et doit rester Idique,
Nous avions dit au pouvoir constitutionnel
qui nous gouverne : u En vertu de l'article S de
% notre Charte, vous voyez du même œil toutes
' les croyances; vous veillez à ce qu'on n'en abuse
pas par des faits matériels pour troubler V ordre civil dont la surveillance vous appartient \ mais, à part ces règlements de police dont le concordat lui-même vous reconnaît le droit, vous approuvez, vous protégez toutes les croyances, attendu que vous n'y voyez que des opinions, et que parmi nous toutes les opinions sont libres* Ne pouvant repousser aucune croyance , vous ne pouvez non plus, comme gouvernement, eu adopter aucune^ puisque, en matière de religion surtout, elles sont exclusives les unes des autres , et que vous ne pouvez pas en exclure une seule sans violer la constitution^ Quelles que soient donc les convictions personnelles d^ individus qui composent le corps de l'Etat , ce corps, moralement prisy n'a pas de religion; c'est
à cela qu'on l'a réduit par le retranchement de l'article 6 de la Charte de 1814. La privation totale de toute religion, c'est Tathëisme ; l'Etat est donc légalement athée : or, à moins qu'on ne veuille que l'éducation le soit aussi ^ on est obligé d'en conclure que cette condition forcée ôte à i'Ëtat le droit de gouverner souveraine^ ment l'éducation, w
Ni M. Yillematn , ni aucun universitaire n'a voulu s'attaquer à cet argument. Ils ont laissé ce soin au plus artificieux orateur du cabinet, à M. Guizot, qui^ comprenant toutes les consé-^ quences de cette vérité constitutionnelle : L'État est légalement athée ^ s'est chargé d'y répondi^e dans la séance du 25 avril, non pas en la réfutant par des argumentaticms, mais en lui opposant un mot sophistique qui de suite a fait fortune. Voici ses paroles :
c( On s^est servi d'une expression très-fausse « à mon avis, et très-inconvenante quand on a « dit : l'État est athée. Non, certainement, VÉtat « n'est point athée ; mais VEtat est laïque et doit ce rester Imque* » Voilà ce qu'a trouvé de mieux pour nous répondre le plus habile, le plus puissant orateur du ministère ; et les hommes du parti ont jugé cette réplique triomphante ; et les feuilles universitaires et ministérielles l'ont répétée et la ratent encore»
Or^ cette pai^ole magique est tout simplement ce qu'en termes polis on appelle un wm-sens ; c'est le sophisme que les logiciens définissent : tramilus a génère ad genuSy précisément comme si l'on disait : NoUy cerlainemerU, cette personne n^est pas incrédule, car elle est séculière ; non. certainement j elle n'est pas protestante, car elle fait le commerce.
LEtat n'est point athée, il est Imque! De grâce , veuillez donc nous dire quel rapport il peut y avoir entre ces deux idées, et en quoi l'une est la réfutation de l'autre. Est-ce que l'État ne peut pas être en même temps et laïque et athée?
Mais ce qui rend cette phrase plus inexplicable et plus étonnante encore, c'est que le ministre l'a prononcée à propos d'enseignement, par conséquent à propos de sciences, de doctrines, de croyances : aussi ceux qui l'ont redite ont-ils déclaré avec emphase que, en dépit des réclamations cléricales, V enseignement devait être làique.
L'enseignement doit être laïque ! Si l'on voulait dire par là qu'il faut exclure les ecclésiastiques de l'enseignement, ces paroles du moins, sans être encore dans la question de l'athéisme légal, auraient au moins un sens en ellesmêmes. Mais non, on n'a nullement cette idée :
M. le ministre de l'instruction publique, loin de repousser les prêtres du corps enseignant, les y désire au contraire et les y appelle. L'Université actuelle accueille dans son sein tons les prêtres qui se présentent pour être professeurs, a dit M. Dupin^. Si le clergé veut concourir à l'éducation ^ rien de plus juste , dit M. Tbiers:
Ce n'est donc pas des personnes qu'il est que»*tion, c'est de l'enseignement lui-même, c'est-^ à-dire de ses doctrines. La phrase qui nous occupe signifie donc : les doctrines de l'ensei^ gnement en France doivent être laïques.! Des doctrines laïques I Des idées Imques^l Un ensei^ gnement laïque ! Qui a jamais, depuis l'origine du monde, entendu parler de cela? Et cepen^ dant, M. Guizot assure que tout cela est làtque et doit rester Imque.
Ainsi, désormais, quand nous demanderons à de jeunes étudiants quelles opinions adopte leur professeur sur certains points en certaine science, par exemple : en géologie, sur les jours de la création ; en histoire, sur la chronologie avant Moïse ; en physique, sur les émissions ou les ondulations de la lumière, ils auront à ré«pondre avant tout que leur processeur, pour se
^ Manuel de droit public ecclésiastique, pi 353. 3 Tout ce qui se trouve en italique A^ns cet aiticle appartient textueU^ent à ce n^me 4iscoars de II4 Golzot.
confùiuner h la pensée profonde de M« Guîzot, ddnne la préférence à Topinion laïque ! et de suite chacun compisendra ce: que cela veut dire. Aîn»^ quand ua pèi^e chrétien^ justement inquietwr la phUosii^^hieiiAiversîtaire^ voudra savoir de son filS) ^ève de cette classe^ quel ensei* gnement ou lui dontie âur l'origine des idées , «ur l'objectif et le subîectif5 le moi et le ni^naoi^ sur la nature de Dieu et la distinction «ntre l'incréé et lé créé, sur la liberté de l'homme, sa destinée et ses dev<Hr£», l'élève devra, pour le salut de tordes Us libertés que nous ^mcms conquises j répondre à son père que, sur lous ces points , il reçoit un enseignement laï-- ^ue ; et alors le père sera lin mauvais citoyen^ indigne de V établissement de JuUlét^ de la nuH narchie de Juillet, si à cette déclaration s* conscience de catlK^ùe n^est pas parfaitemwt et pour toujours rassurée !
Yotià pourtant coniment des hommes graves, <l€8 esprits élevés, chargés par leur position de soutenir la dignité iie noire gouvernenoteni, en ; voulant se maintenir dans le &ux et spécula ^ur la légèreté françâiee, s'exposent à blesser le 'faons^s le plus yolgaire, et à devimir la risée des peuples.
, Mais au moins^ M. Thiers, qui |i promis d'être franc jusqu'à la hardiesse et plus loi» encore;
des phras» sophistiques? HélosJ ea s'engageant à être tougoars frailc daiisia défense d'une pa-* BâiUe càùse^ M. Thiers a popoiûis plus qu'il ne. pôUTàit teair. On ne peut être impuntoieiit franc que lorsqn'on est dans la justice et la vérité. Au contraire^ ce qui prouvé qu'une ctkme est mauvaise 9 c'est la néœsnté où se trouvent ses plus habiles défenseurs de recourir au men*^ songe pour la soutenir. Or^ depu» que noS' Chambres législatives s'occupent de la libertéi d'enseignement^ aucun discours de lios adver^^ sairesn'a renfa:*mé autant de sophismes que le rapport auquel nous répondons^ et nul orateur surtout n'avait réussi à les faire accueillir aVec avLtmïi de faveur. Il nous sui&rà d'en indiquer qoelqueS'-utis.
Troîsîêftie ôopïiisine.--jFrt France, tous ks citoyem êéntenij pensent et veulent la même chasd.
S'il 6iy;eikFrant)è une vérité de fait palpable^ incontestable^ avouée de tous, c'est^ sans contredît^ l0 triste substitution d« l'intérêt propre à l'Miiour du bien pnblie. C'est cet égcnanie hon^ teuS; qui corrompt Ite ppératioits éle^tç^-alf^^. domine les faveurs admitûsttetivés ^ porte la, guerre an sfiad^BO» «Ki6Qni^lé(^id^bélrwt9s,
et décide trop souvent de la confection de nos lois« Les intérêts particuliers étant opposés les uns aux autres^ on compr^id que rien n'est plus propi^ à porter le trouble dans la société que la disposition où est chacun de leur sacrifier tout. Les Chambre^ lesavent, car elles le voient jusque dans laurs opérations les plus sérieuses : eh. bien, c'est devant celle des deux Chambres où ce mal se fait peut-être le phis fortement sentir qu'on a osé dire que la France est une nation dont tous les citoyens sentent, pensent et veulent la même chose. Et le MonUeur nous assure que ces paroles furent suivies d'une sensation marquée et de signes nombreux d'approbation.
Or, sait-on comment l'orateur a fait goûter à une réunion d'hommes élevés cet audadeux mensonge? C'est en leur faisant observer que la France n'était pas, comme quelques nations européennes, composées de plusieurs fractions de peuples.
Mais est-ce que l'unité de race forme nécessairement l'unité de vues? Mais aujotird'hui, en Espagîie, où il n'y a ni des Irlandais, comme en Angleterre, ni des Hongrois, comme en Autriche^ m des Polonais, comme en Prusse, direz-vous pour cela que les Espagnols sentent, pensent et veulent Ifiméme chose?
Que la France, par sa position territoriale,
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offre iiiié puissante et compacte unité materielle, c'est un précieux bienfait de la Provi^ dence, qui^ de lui-même, favorise singulièrement l'unité morale; mais en quoi votre monopole peut-il s'en glorifier, quand, loin d'en tirer parti pour réunir tous les Français dans le sentiment d'un devoir commun, il les a tous, au contraire, armés les uns contre les autres, en jetant l'anarchie dans les croyances et l'égoïsme dans les cœurs !
Vous prétendez que l'Université impériale a fait la France ce qu'elle est, eh bien, osez dire que cette anarchie des idées et cet égoïsme des intérêts ne la dominent pas , et alors seulement vous pourrez dire que tous les Français sentent y pensent et veulent la même chose.
Quatrième sophisme. •— La liberté n'est jamais acquise à trop haut
prix.
Jusqu'ici nos adversaires, à très-peu d'exceptions près, avaient reconnu qu'en vertu de l'art. 69 de la Charte, la liberté d'enseignement était un droit pour tous, et tous nos débals se bornaient à ce qu'ils voulaient mettre à ce droit des limites dont nous ne reconnaissons pas la légitimité. Or, voilà que M. Thiers a trouvé, dit-on , le moyen de faire écouter avec appro-
bâtions de^ maxhnes spéciieuses et séduisantes d'où il suit que cette liberté est une pure faveur qtfon peut nous faire acheter au prix le plus exorbitant, sans que noué ayons le plus peth mot k dire. Voici sa phrase s
(( On ne peut se plaindre que d'une chose, « c'est le haut prix auquel elle (la liberté) est * mise... Cette objection, nous l'acceptons et « notjs nous en faisons fort. Premièrement, « disons-nous, la liberté n^est jamais acquise à « trop haut prix. Secondement , quelqu'un u pourra-t-il se plaindre qu'on lui ait imposé de « valoir beaucoup, de valoir trop , avant de lui a livrer ce que l'Etat, ce que les familles ont de « plus cher? » A ces paroles, selon la feuille officielle, quelques députés ont répondu : trèsbien! très-bien!
Maïs, d'abord, en ce qui regarde l'enseignement, si la liberté n'est jamais acquise à trop haut prix y la loi devra se borner à fixer au pouvoir administratif le minimum au-dessous duquel il ne pourra nous vendre notre propre bien, sans limiter aucunement le maximum des conditions qu'il lui plaira de mettre à ce commerce d'iniquité , puisque, du côté des entraves, il ne peut pas y avoir d'excès ! Et c'est à cela que se réduira une loi sur la liberté d'enseignement I
Mais, ces honorables représentants d*nn pays fibre, qui ont dit, très-bien! très-bien f ne se sont donc pas aperçus que cette maidnie, la liberté n'est jamais acqmse à trop haut prix , admise comme elle l'est dans sa généralitë, consaCTe la despotisme te plus indéfini, et se trouve dans I^^ code des plusodieur tyrans? Ils n'ont donc pas remarqué que c'est précisément cette liberté-la que nos pères ont vue coîfiRée d'un ignoble bonnet trempé de sang , jetant la France dans ui» servitude telle qu'il a fallu un nouveau nom pour la définir, et qu'on Ta nommée la Terreur? Dans ces jours horribles de désolations et de ruines , de proscriptions en m^se et d'écba-* fauds permanents, les clubistes ignobles qui dépouillaient gaiement la France dé toutes ses gloires justifiaient leur conduite, et peut-être tranquillisaient leur conscience par un mot, et c'est ce mot-*là même auquel, en 1844, des députés de la patrie en paix viennent d'applau-* dir : La liberté y disait--on aussi alors, n'est Ja-*mais acquise à trbp haut prix!
Il est à regretter que le Moniteur n'ait pas inscrit les noms des députes qui ont trouvé cette maxime digne d'éloges; nous engageons tous les électeurs de la France à les rechercher et à les faire connaître, afin de leur demander un jour compte de leurs sympathies pour ce
mot effrayant des {dus mauvais jours de la GonyentioD. Quels qu'ils soient , nous devons resr pecter leurs actes , la dignité de leur mandat nous en fait un devoir; mais aussi ^ quels qu'ils soient, nous avons le droit de les juger, et leurs actes ne sont publics que pour pouvoir être jugés par le dernier des citoyens. Eh bien ! nous les jugeons, et nous disons qu'applaudir, comme ils l'ont fait, à dételles paroles, c'est rétrograder jusqu'en 93 , et menacer de nouveau toutes les libertés publiques. Et ne dites pas que la seconde partie de
cette phrase explique et justifie la première. Cette seconde partie, sauf qu'elle n a pas un caractère de généralité , ne vaut pas mieux que l'autre. C'est encore un vain sophisme au profit de la tyrannie. Si personne ne peut jamais se plaindre de ce qu'on lui impose de valoir trop avant de lui livrer des enfants , pourquoi ne serait-il pas juste d'exiger les mathématiques transcendantes d'un instituteur prinmire avant de lui livrer un brevet du stecond degré? Ce sont donc là des phrases creuses auxquelles le public des théâtres serait peut-être excusable d'applaudir , mais qui ne doivent obtenir que l'indignation ou la pitié dans une assemblée législative.
Et quand on sait surtout à quoi se réduisent
ces exigences fastueuses , quaad on coanaît le savoir superficiel et la moralité équivoque de quelques hommes à qui est livré, en effet, ce que VEtat et les familles ont de plus cher y en vertu de ces mêmes lois de l'Université dont M. Thiers se fait l'apologiste, on est malgré soi porté à dire qu'il y a dans sa phrase non plus seulement du sophisme, mais une hardiesse que nous n'osons pas qualifier.
Après avoir vu de tels principes posés en droit, rien ne peut plus surprendre dans l'appréciation des faits; et les mensonges les plus audacieux sur des vexations énormes n'ont plus rien que de conséquent et de naturel. Terminons ce chapitre par une dernière citation.
Cinquième sophisme. — Jusqu'ici le gouvernement, armé du droit de Vautorisation préalable, en a usé avec un esprit libéral, et il a laissé naître une sorte de liberté de fait.
Certes, il faut grandement compter sur la crédulité de ses auditeurs pour espérer de leur faire admettre que nous avons eu , depuis quatorze ans, pour l'enseignement secondaire, une SORTE DE LIBERTÉ DE FAIT ; Car ccla Youdrait dire que, jusqu'à ce jour, il a suffi de demander au gouvernement son placet pour que chacun, avec des garanties convenables de science et de moralité, pût ouvrir à son gré une pension, une institution , un établissement de plein exer-
eice. Quoi ! vous voulez nous faire etoipe que jusqu'ici il n'y a eu, de la part de rUniventté, ni lois discrétionnaires et inconi^itutionnelle$ pour rendre surtout ces (ferniers ëtaUissements presque impossibles^ , ni refus opiniâtres, ni en^ traves décourageantes pour ceuiL mêmes qui avaient rempli les conditions excessivement onéreuses qu'on leur imposait arbîtmirement ^ , ni fermetures violentes et ruineuses de maisons
1 Dans un diocèse voisin de Paris, un ecclésiastique à la tête d'un pensionnat flûi'issûnt sollicitait d^nis loQgtemps l'autori- ^tiQB 4u plein exercice. Comme il suivait son afTaire en personne, et qu*appuyé de protections puissantes, il ne permettait pas qu'on ëtoufHàt ses réclamations par le silence, on crut d'abord l'effirayer par des exigance» innombrables et fort dispetidieuses pour le matériel de la maison ; il se soumit à tout. On lui déclara ensuite qu'il lui fallait TROIS bacheliers Et cmo licenciés. II aurait pu demander en vertu de quel droit l'Université ose, par de simples règlements, aller, dans les mesures du despotisme, bien au delà des ordonnances royales et des lois : mais il pensa que ces réflexions ne feraient qu'irriter en pure perte ceux qui tenaient son sort entre leurs mains, et quelque dure, quelque effi^yante que fût cette condition, il aima mieux s'y résigner encore. Après d'incroyables efforts, il parvint à réunir les huit gradués déclarés indispensables, et alors, se présentant au ministre de l'instruction publique avec les huit diplômes exigés, il demanda qu'enfin le plein exercice lui fût accordé.
Mais, monsieur, dit Son Excellepce, vous n'avez pas d'élèves de rhétorique ni de philosophie. — Mais, M. le ministre, je ne pouvais pas en recevoir avant d'avoir l'autorisation que je demande. •>-» Alors, à quoi b»n vous accorder une autorisation dont vous ne
pouvez pas faire usage, faute d'élèves? llfallut, pour échapper
à ce cercle vicieux, que cet ecclésiastique empruntât des élèves à un petit séminaire! Et voilà ce que M. Thiers appelle uterd'm droit avec itn esjtrit lil>éral et modéré, qui étftàlit une sorte de liberté de fait I
parfaitement en règle sous tous les rapports 1 Vous osez dire cela à la face de la France oppressée et gémissante sous votre joug î Maïs vous voulez donc nous forcer, malgré nous, k raconter, pour noire propre justificar tî6n, votre pénible histoire? car si TUniversîté avait été jusqu'ici, à l'égard des institutions particulières, libérale et modérée ^ nos instances seraient excessives et nos plaintes injustes. Voulez-vous donc que, pièces en main, nous prouvions le contraire? Voulez-vous que nous vous citions les pensionnats et les institutions qui, depuis longues années présentent la situation scientifique réglée par votre conseil royal pour renseignement de la rhétorique et de la philosophie, qui depuis longues années demandent à professer ces deux classes, et qui n'obtiennent même plus de réponse à leurs réclamations? Voulez-vous que nous vous nommions les recteurs se faisant gloire de mal accueillir les prêtres qui veulent se livrer à l'éducation, même dans les positions les plus humbles, et par les moyens les plus généreux; les recteurs qui persécutent, par tout ce qu'ils peuvent Inventer de tracasseries, les instituteurs amis des prêtres, qui choisissent ou le moment de la rentrée des élèves, ou le milieu de l'année scolaire, pour disperser par la force publique des pensionnats chers aux fe-
milles chrétiennes , sans que les chefs suprêmes de r Université aient pu eux-mêmes trouver à ces mesures désastreuses d'autres motifs que le bon plaisir. Nous n'articulons pas de noms propres, parce que nous avons, dès notre entrée dans ce combat, promis de nous abstenir de toute parsonnalité publique , mais nous garantissons l'exactitude de ces faits, auxquels il nous serait facile d'en joindre bien d'autres.
Au reste, voici ce que nous pouvons prédire : si ces discussions animées se poursuivent longtemps encore, tous les écrivains n'imiteront certainement pas notre réserve, et on verra un jour paraître quelque recueil destiné à montrer, non plus par des citations d'auteurs, mais par des faits administratifs, que le monopole est vraiment de nos jours le plus redoutable ennemi de la religion^ des lois et de la liberté. Gomment r Université ne comprend-elle pas que, son existence ne reposant que sur la force matérielle, plus ses secrets seront mis au jour, plus sa déconsidération sera totale et sa ruine certaine? Et cependant on ose proposer une enquête jK)ur constater la moralité des collèges universitaires et comparer leurs résultats religieux avec ceux des établissements ecclésiastiques. Nouveaux et audacieux sophismes que nous allons traiter à part.