ACTE PREMIER
ÉVA
Elle est radicale. Je voudrais assister à une répétition.
ÀGÉNOR.
M. de Lérins a dû vous dire, Madame, que c'était impossible.
ÉVA
M. de Lérins est membre du Comité. Ceux qui sont au pouvoir ne peuvent jamais rien, mais vous qui êtes acteur I — J'ai une envie folle de voir répéter ces messieurs avec des comédiennes, pour savoir ce qu'ils leur disent et ce qu'elles leur répondent.
FERNAND
Je vous assure que c'est très simple.
ÉVA
Alors pourquoi ne nous prenez-vous pas pour jouer vos rôles? Vous imaginez-vous que nous ne pourrions pas chanter:
Le petit po
Le petit pô
Le petit po, petit petit potiron.
FERNAND
Vous chanteHez certainement très bien.
AGÉNOR
Vous iriez aux nues^ Madame.
FERNAND, riant.
- Voilà ce qui n'est pas nécessaire.
ÉVA
Je n'insiste pas. Je me crois toujours en Amérique, où tout ce qui n'est pas répréhensible est permis.
AGÉNOR
Si je croyais qu'une démarche. . .
Non, non, Agénor, n'essayez pas. (ii passe à AgénoT,) Sans rancune.
AGÉNOR
Promettez-moi au moins de garder le secret.
FERNAND
Sur la tête de Florine.
AGÉNOR, désespéré.
tl le dira.
Il remonte en boitant.
FERNAND, riant.
Il boite... vous êtes ému, Agénor?
AGÉNOR
Non^ nont Je regrette, Madame...
Entrée de Bimardel; ÉVAi
Ab ! le docteur I