‹ Libres!: drame en cinq actes, huit tableauxChapitre 26 sur 146 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

FERNÂND.

Vous avez joué à la Bourse?

CLARISSE

Nous continuons. Mon mari n*a pas d*audace, j'en ai pour lui^ ça me passionne et c'est si facile ! Vendez, aclielez, achetez, vendez!

BONÂRDEL.

Vendez, achetez...

£ VA, ù Fernand.

Moi, j'essaierais à votre place, pour payer mes chiffons.

FERNAND

Je ne saurais pas.

BONARDEL.

Il faut suivre un plan.

CLARISSE

11 faut suivre ceux qui gagneat, nous avons un ami qui nous conseille.

BONARDEL.

Très habile, alors?

CLARISSE. '

11 a du flair et il est bien renseigné. Alors nous vivons plus largement, nous voyageons; nous recevons à la fin de l'hiver. Je peux m'habiller un peu comme tout le monde.

ÉVA

Vous avez une toilette ravissante.

CLARISSE

Elle est d'Aucop, votre couturier.

ÉVA

Je Tai reconnu.

CLARISSE

Nous jouons maintenant sur le Franco-Serbe. Vous êtes membre du conseil d'administration?

FERNAND

Oui, Madame, mais c*est tout platonique ; je suis entré là pour faire plaisir à un de mes bons amis, qui ne voulait pas y être seul de son monde. J'assiste à quelques séances, je n'y comprends rien... cela n'a pour moi aucune importance.

CLARISSE

Vous pourriez gagner ce que vous voudriez avec le directeur de votre société.

ÉVA, étonnée .

M. Robillon ?

CLARISSE, à Éra.

Oui, un financier de génie, ce Robillon, qui a l'accent de Toulouse et qui est le fils d'un pharmacien. On dit, d'ailleurs, que c'est un parfait honnête homme.

FERNAND

Vous allez en juger : le pharmacien dont vous parliez était aussi un inventeur. Il est mort insolvable, Robillon avait à peine vingt ans. Il s'est mis vaiUamment au travail, vivant de façon misérable, et en moins de six ans, il avait remboursé tous les créanciers de son père et réhabilité son nom. Voilà ses débuts.

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