SCÈNE XI
EVA, CLARISSE
CLARISSE^ vivement.
J*aî rencontré à Naples un de nos compatriotes qui m'a parlé de vous avec admiration. Il m'a raconté comment vous avez puni un fat. C'est charmant... J'ai failli vous complimenter devant M. de Lérins.
M. de Lérins sait tout.
CLARISSB.
Ah!
ÉVA
Je n*ai rien à cacher; ce fat m'avait calomniée . L'officier de marine dont il a parlé n'existait même pas.
CLARISSE
Vraiment? j'ai cru qu'il avait incriminé quelque mignon péché de flirtation> si facilement pardonné aux américaines.
ÉVA
Vous vous moquez?
CLARISSE
Pas du tout.
ÉVA
En France les demoiselles restent comme au couvent toutes confîtes en timidité et en pudeur, baissant les yeux devant les jeunes gens qu'elles évitent, jusqu'au jour béatement attendu où elles épousent un monsieur qu'elles ont vu trois fois. Je trouve cela admirable... mais il faut se conformer aux mœurs du pays qu'on habite, et c'est ainsi que j'ai épousé M. de Lérins ; j'en oi été étonnée.
CLARISSE, riant.
Vous préférez le système américain.