ACTE DEUXIÈME
des fleurs naturelles, je les prends pour des diamants. Suzanne aurait des diamants, je les prendrais pour des fleurs naturelles.
FABIENNE.
Elle est toujours jolie, votre Suzanne.
N'est-ce pas? Elle n'a que ça. Je ne pourrai lui laisser que le nom d'un brave homme de général.
FABIENNE.
Un nom glorieux!
LE GÉNÉRAL
J'ai fait mon devoir, j'ai marché. Mais les broderies n'y font rien, je suis un soldat. Je ne trouve de vraiment beau que l'uniforme de soldat. On le change quelquefois. Je cherche moi-même un nouveau képi, c'est égal, toujours beau!... voilà ma profession de foi,
FABIENNE.
Vous, VOUS êtes un sage!
LE GÉNÉRAL
Ce n*est pas un mince mérite, dans les temps où les fous abondent. Pas méchants, mais affolés, affolés en diable. Si j'étais ministre, j'ordonnerais des douches — de la gymnastique et des douches !
CHARLOTTE, riant.
Vous êtes sévère, général.
LE GÉNÉRAL
Par humanité; ce sont des gens malades. Toi, ma
petite Suzanne, tu n'as pas un sou de dot, je te trouverai un brave officier, je ne le ferais pas avancer d'un cran, parce qu'il serait mon gendre. Au contraire, il marquera le pas^ la justice avant tout ; vous n'aurez pas de gros revenus, vous ne pourrez peut-être pas vivre, mais je serais bien heureux.
SUZANNE
Ne t'inquiète pas; choisis le gendre qui te plaira. Nous vivrons très bien. Maintenant je dépense un peu plus pour te faire honneur, mais la femme d'un souslieutenant n'a pas besoin de toilette. Tout lui va bien à côté de T uniforme de son mari.
LE GÉNÉRAL
Toutl Voilà des principes. Voilà ce qu'on devrait apprendre aux jeunes filles dans leurs lycées.
SUZANNE
Voilà le baron de Saint-Benin qui vient nous inviter.
Il parait à gauche.
FABIENNE.
Oh î non. Retenez-le, général.
LE GÉNÉRAL
Vous voulez que je protège votre retraite?