PAS
E’autopsie fut pratiquée une heure après la mort. Le cadavre est énorme, gonflé, comparable à celui d'un noyé ayant séjourné quelque temps dans l'eau. Il répand une odeur excessivement fétide.
Les téguments ont une teinte lie-de-vin foncée, particulièrement accentuée à la face. Une infiltration gazeuse qui crépite sous la pression de la maina boursouflé la face, le cou, le tronc, les cuisses.
Par contre on ne constate aucun gonflement au niveau des membres supérieurs, en particulier pas de crépitation au voisinage de la plaie antibrachiale.
A la section des téguments on à l'impression d'ouvrir un emphysème sous-cutané. Les veines sectionnées laissent échapper des gaz sous pression d’'odeur fétide.
La plèvre droite contient un grand verre de liquide rougeâtre. Les poumons,à part un certain degré de congestion, ne présentent aucune lésion.
Le diaphragme‘est le siège d’une perforation des dimen-
PIS UP, NAN ab RER EN
sions d’une pièce de cinquante centimes, siégeant à droite, en
dehors du centre phrénique.
. Dans l’abdomen on trouve un épanchement rouge brique considérable constitué par un mélange de sang et de bile | d’odeurinfecte.
Le foie, jaune pâle, est gonflé, énorme, 11 crépite sous le doigt comme les téguments Son augmentation de volume est due à des gaz qui ont arrondi ses bords et adouci les reliefs. A la face supérieure du lobe droit, entre le bord antérieur et le bord postérieur existe une plaie irrégultièrement arrondie des dimensions d'environ une pièce de deux
francs. Cette plaie causée par le projectile s'enfonce perpen:
= 49 diculairement dans le foie et s'étend jusqu'à la face inférieure,
L'organe détaché et plongé dans l'eau y flotte comme un poumon.
À part un degré marqué de congestion rénale on ne note aucune lésion au niveau des différents autres viscères.
Examen bactériologique. — Le 14 au matin,seize heures après le traumotisme, la température étant à 41°1 et le blessé présentant une violente dyspnée, on pratique une hémoculture : en 24 heures elle a abondamment poussé en dégageant une odeur fétide.
A l'examen on trouve une culture pure d’un bacille ayant tous les caractères du Perfringens sur bouillon anaérobie — sur gélose piqûre — sur gélatine piqûre — sur gélose glucosée — sur lait.
L'inoculation au cobaye de 3/10 de cc. de culture en bouillon, en 24 heures, par voie sous cutanée, amène la mort de l'animal en 19 heures. Localement on constate de l’infiltration, de l’œdème, et une production de gaz à odeur fétide.
Cette observation semble particulièrement rare puisqu'on y voitle Perfringens présent dans la plaie sans y réaliser un processus gangréneux ou gazeux et conditionner d'emblée une septicémie faisant sa triple preuve clinique, anatomique
et bactériologique.
OBSERVATION IIL
En 1916 MM. Noël Fiessinger et Vignes firent les mèmes constatations dans une observation d’ictère au cours d'une septicémie à Perfringens par plaie de guerre.
Il s'agissait d’un blessé qui, atteint de plaie insignifiante