Nous rappelons qu'il y en a exactement treize
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La Magdelaine prosternée à ses pieds est pénétrée de tristesse, elle est peinte sur son visage; de sa bouche elle touche presque les pieds du Seigneur; son col incliné paroît être une carnation même. En se baissant, on voit dans une bouche à demi ouverte des Dents qu'on se persuaderait volontiers être naturelles, tant la nature est copiée au-dessus de toute expression.
Un garçon et une servante (') soutiennent la Vierge qui est droite, un peu penchée, derrière le corps du Sauveur ; rien de plus fini que l'attitude de la main de cette servante, qui la tient sur l'estomac de la Sainte Vierge pour l'empêcher de tomber dans l'accablement auquel elle est livrée. L'on verroit toute sa vie cette Vierge, l'œil ne pourroit s'en lasser. Sa pâleur que l'on diroit tenir à un reste de vie, sa douleur parlante, l'excès de son accablement, les rays(') si naturels marqués avec l'art le plus éloquent et l'imitation la plus achevée, le tour de sa bouche, le bas de son visage, les yeux baissés, éteins et mourans, jusque ses sourcils, tout enfin, en fait le plus accompli des chefs d'œuvre, et h chaque instant vous crovez voir l'instant où la Sainte Vierge va tomber de douleur et de tristesse.
L'Ange à côté de la Sainte Viergc(5), la femme près du tombeau tenant un linceuil ('^), celle qui porte la couronne d'épines (s), cet homme assis et rêveur et sapuyant sur son côtéC^), toutes ces sont d'une grande beauté.
Je consideray avec grand plaisir les deux soldats qui, dans un recoin inférieur du Sépulchre, jouent aux Dez sur un tambour. On en voit un qui est assis sur le bord de ce tambour ("), il a jette trois dez; l'autre, assis tout près de terre et se soutenant sur ses jambes repliées, clignant admir.ablement l'œil le long de la superficie du tambour, regarde avec une avidité parlante et une passion marquée les points que son compagnon a amenés. Tout est si naturel et si expressif dans cette dernière figure, que l'on remarque jusqu'à
1. Saint Jean et une sainte femme, peut-être Marie-Clêophée, cousine de la Vierge. Le costume, plus simple, de ces deux personnages, peut, à la rigueur, justifier les termes employés par l'auteur.