L’ENCLOS DANS LE BOIS DÉFRICHÉ
Adam, morose, dissèque des fleurs, cherche Finutile pourquoi de la Vie.
Ève, en passant, le baise sur le front, rentre dans la cabane dont elle ferme la porte.
Adorablement beaux, vêtus des plis charmants d’une nuée transparente, Satan s’a vance avec Lilith.
Va, et trouble-le.
Satan se cache derrière un arbre, Lilith se promène, secoue de son pied nu les feuilles tombées, fait des grâces, souffle sur la nuagère vêture qui ondule et dévoile un sein, un
coin d’épaule, un peu de son ventre, un genou. Enfin,
ADAM
lève la tête et murmure effaré :
Une femme, une autre femme î
Lilith, en lui envoyant des baisers, s’encourt se perdre dans l’ombre d’un taillis.
Adam laisse sa botanique, enjambe la clôture, se hâte vers l’apparition qui, par les grelots d'un joli rire de fille poursuivie, guide vers elle le mâle inquiet.
EVE
sortant de la maison:
Un homme, un autre homme l
Satan salue avec grâce, et Ève, bien décidée à éviter le péril, s’enfuit hors de l’enclos. En passant, elle frôle le jeune inconnu et, de la tête aux pieds, très vite et très habilement,
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l’examine. Comme elle pousse de petits cris peureux, Satan la rejoint sanspeiae, tombée, bien malheureusement, sur un lit de mousse.
Ils reviennent, chacun de leur côté, Adam aflectant d’herboriser, Eve faisant mine de respirer avec volupté trois brins de fleurs qu’elle a cueillis à la hâte.
ADAM
Tu viens de te promener? Tiens, tu pleures ?
Je m’ennuie !
EVE
Et moi donc î
ADAM
la forêt