‹ LimaChapitre 71 sur 75 · LES ARCADES · texte numérisé non relu

LES ARCADES

Au nombre des coutumes de Lima dont on doit regretter la perte, il faut compter la promenade sous les arcades les jours de fête. Le dimanche était partagé, il n'y a pas longtemps encore, de la manière suivante : à huit heures du matin, la messe; à neuf heures, le déjeuner; ensuite on s'habillait avec élégance pour recevoir des visites, ou aller se promener aux Arcaoox. On dînait à trois

Misiurera (bouquetière) des Arcades.

heures; on allait ensuite, soit à la promenade de l'Acho, soit à celle des Descalzos, suivant la saison , ou bien on recevait le soir les visites des amis intimes; la nuit venue, on se rendait au théâtre, à

l'église ou au bal.

ImpLemerciei &(??! leSeï

A une heure de l'après-midi à peu près, les Arcades se remplissaient de monde, dont la plus grande partie se composait de ce que Lima renferme de plus belles et de plus élégantes senoritas, qui venaient acheter des fleurs et des misturas (1).

Les Arcades étaient occupées par des bouquetières et des marchands de parfumerie et de mercerie. C'est pendant ces promenades qu'on étalait les modes nouvelles pour hommes et pour dames. L'amoureux était sûr d'y rencontrer le tendre objet de ses soupirs. On ne pouvait alors se dispenser d'offrir la mistura. L'ami d'une famille ou celui qui désirait l'être, trouvait dans ce cadeau une occasion de montrer sa générosité. Un cavalier de bon ton, en passant devant un étalage de fleurs auprès duquel se trouvait une amie, jetait nonchalamment une once d'or en disant à la fhrista : Paguese Vd. (Payez-vous), et n'attendait pas qu'on lui rendit sa mounaie.

On n'entendait parmi les cavaliers et les dames que les mots de : Vea Vd. lo que Ueva â gusto (Voyez ce qui vous fera plaisir); ; Gracias, caballerol (Merci, Monsieur!); Senora , ien que se fijan esos lindos ojos? (Madame, sur quoi se fixent ces beaux yeux?), et autres phrases galantes dont l'usage n'existe plus. Comme il y avait dans la foule toutes sortes de personnes, la mlsturera était pour quelquesunes une véritable proxénète , et son étalage le rendez-vous de certains couples qui ne jouissaient pas d'une liberté complète.

Ct). Mélange de petites Heurs aux senteurs les plus agréables renfermées dans un cornet de feuilles.

Pages.

Préface ni

Page 1