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expliquent laissent entendre que le travail desenfants, si terribles qu’en soit les conséquences, est un mal nécessaire. Les rapports mettent surtout en lumière l'intérêt combiné des familles et des industriels. Pour les premières le travail des enfants constitue un supplément de ressources souvent indispensable à la satisfaction des besoins les plus urgents. Pour les seconds le travail des enfants est indispensable dans leurs luttes contre les industries étrangères concurrentes. Au seuil de la législation ouvrière nous rencontrons ce double écueil sur lequel devaient se heurter et échouer tant de bonnes volontés. Le premier souffle d’idéalisme qui tenta de purifier les régions de fabriques des abus du régime industriel fut entravé par les soucis inséparables de la pratique des affaires.
Les gouvernements firent cependant des propositions de réforme, mais si peu identiques et de portées si différentes qu'il eût été bien difficile d’en faire la base d’une législation générale. Presque tous demandaient l’inspection de fabriques par les médecins de district, le renvoi des fabriques des enfants malades, l'amélioration et l’agrandissement des locaux de travail, des mesures hygiéniques de ventilation. etc., etc.
Quant à l’âge d'admission et à la durée du travail les propositions furent au contraire très variées. Et chose remarquable, ce sont précisément les districts qui avaient le plus à souffrir des abus industriels qui firent les propositions les plus anodines. Le gouvernement d’Aix-la- Chapelle, par exemple, proposait de n’admettre dans les fabriques que les enfants ayant les premiers rudiments
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de lecture, mais il ajoutait aussitôt : « La plupart des « enfants étant aptes dès leur cinquième année au tra- € vail scolaire et une année d’école pouvant, grâce à une « bonne organisation, suffire à leur instruction primaire, € ils pourront être admis assez jeunes au travail des € fabriques » (1). Le rapport de Magdebourg subordonnait également l’admission dans les fabriques à laccomplissement de l'obligation scolaire. D’autres, Munster par exemple, exigeaient comme condition un certificat médical constatant que l’enfant pouvait supporter sans dauger tel ou tel travail déterminé. La plupart fixaient un âge minimum d'admission qui à son tour variait avec les provinces. Arnsberg proposait 9 ans ; Düsseldorf, 6; Postdans, T ; Cologne, 8 ; etc.
Les propositions étaient aussi variées en ce qui concerne la durée maxima du travail des enfants admis dans les fabriques, Cologne proposait 12 heures ; Erfuhrt au contraire demandait seulement 6 heures de travail (3 heures le matin et 3 heures l'après-midi) ; Francfort et Postdam ne voulaient d’autre limitation que celle rendue nécessaire par les heures de classe ; Cologne et Postdam demandaient l'interdiction pour les enfants du travail du dimanche. Magdebourg et Aix-la-Chappelle ne faisaient pas de proposition.
Ces premières concessions des gouvernements, timides la plupart, mais quelques-unes pourtant hardies et grosses de conséquences ne pouvaient, par suite de leur diversité, former la base d’une législation unitaire. Ces