‹ Lindenia. Iconographie des OrchidéesChapitre 15 sur 71 · LA CULTURE DES ORCHIDÉES EN SYMBIOSE · texte numérisé non relu

LA CULTURE DES ORCHIDÉES EN SYMBIOSE

On sait que dans le monde végétal, comme dans le monde animal, des êtres différents, et appartenant à des degrés très différents de l’échelle évolutive, se trouvent fréquemment associés. Ceux qui occupent le rang inférieur (dans le monde végétal, des champignons, des microbes) vivent parfois en associés avec les supérieurs, leur rendant des services et en recevant d’eux; cette association est nommée symbioze; parfois ils vivent aux dépens du supérieur, et c’est ce qu’on appelle le parasitisme; parfois enfin ils vivent sur les débris de la décomposition, c’est ce qu’on appelle saprophytisme.

Les cas de symbiose sont fréquents. Beaucoup de végétaux supérieurs offrent abri dans leurs racines, leurs souches, leurs rhizômes, à des champignons dont les filaments s’allongent indéfiniment, formant dans les cellules comme « des pelotons de fil. » Les Orchidées, entre autres, sont infestées de cette façon. Divers auteurs l’avaient constaté depuis longtemps; M. NoËL BERNARD l’a vérifié à son tour et a rendu compte de ses observations dans la Revue générale de Botanique, il y a deux ans, puis récemment dans une thèse de doctorat dont il a publié la plus grande partie dans la Revue générale des Sciences pures et appliquées. D’après lui (et WAHRLICH était arrivé à la même conclusion) l'infection des Orchidées par des champignons inférieurs est générale et constante.

Ces études sont intéressantes au point de vue scientifique ; nous les considérerions toutefois comme sortant de notre domaine, si M. NOËL BERNARD n'avait essayé de tirer de ses constatations des indications pratiques relativement à la culture et au semis des Orchidées. Mais il faut avouer que sur ce terrain, ses conclusions ont un caractère singulièrement hypothétique et inconsistant. | |

Ses premières communications, en 1900 (Revue générale de Botanique et Note à l’Académie des sciences), concluaient assez catégoriquement à la symbiose et à la nécessité, pour le cultivateur, de fournir aux Orchidées leurs champignons habituels pour les acclimater. Et selon la tradition, cela fit l’objet d’un petit entrefilet ad usuwm puerovrum dans les journaux politiques et même ane plusieurs publications horticoles, à peu près dans ces termes : « On sait que jusqu’à présent il n’était pas possible de cultiver les Orchidées, elles ne voulaient pas vivre dans nos serres: un savant vient de trouver le moyen de les faire pousser. Il paraît qu’elles ne peuvent pas se passer de certains petits champignons (dans les journaux politiques on met : microbes, cela fait plus d'impression); il suffit de leur fournir ces champignons, et maintenant elles vont pousser admirablement. »

La « science » en était là jusqu’à la dernière communication de M. BERNARD. Celle-ci, plus développée, plus approfondie, devrait nous apporter des lumières nouvelles. Nous devons constater qu’elle n'apporte que l’obscurité.

M. NoËL BERNARD dit bien, comme précédemment, que les horticulteurs ne parvenaient pas autrefois à faire pousser les Orchidées, et qu’ils n'y ont réussi que quand ils ont acclimaté dans les serres, en même temps qu’elles, leurs champignons endophytes habituels. Mais d’autre part, il constate que les organes envahis par ces champignons cessent de s’accroître, et il arrive à considérer [esdits champignons comme des parasites, qui feraient mourir les Orchidées, s’ils envahissaient complètement leurs organes sou-

(Pour la Suite, voir p. 24)

© VU LJj £

a PROPRES no ï

‘ANT ‘1 NANVINSAIVZ NAIQIINAO

er LA RE

Eos

VINHONTT

PE DCE RAS

CYMBIDIUM ZALESKIANUM L. 1ND.

CYMBIDIUM DE MONSEIGNEUR DE ZALESKI

CYMBIDIUM. Vide Lindenia, I, p. 47.

Cymbidium Zaleskianum. An C. Tracyani varietas ? Cymbidium Zaleskianum L. LIND., infra.

ee ; lot de Cymbidium giganteum, cette magnifique Orchidée a visiblement sol) une parenté assez proche avec l'espèce que nous venons de nommer: toutefois elle a les fleurs beaucoup plus grandes et le labelle très différent, considérablement élargi, coloré d’une tout autre façon. Ce dernier organe fait penser immédiatement au beau C. grandifiorum (syn. Hookerianum), dont la Lindenia a publié le portrait il y a quelques années. L'hypothèse d’un croisement entre ces deux espèces se présente donc naturellement à l'esprit, hypothèse d'autant plus plausible que les deux espèces croissent dans les mêmes régions, Assam, Bouthan, etc. (non en Birmanie, comme il a été dit par erreur, ou alors tout à fait accidentellement).

Il est très vraisemblable que la plante dont nous nous occupons est en effet un hybride naturel entre le C. giganteum et le C. grandifiorum; l'inflorescence rappelle beaucoup le premier; les fleurs lui ont emprunté aussi le coloris des pétales et des sépales, ainsi que des lobes latéraux du labelle, mais le lobe antérieur de cet organe est très agrandi, comme l’ensemble des fleurs, par l'influence du C. grandifiorum, et a pris à peu près son coloris. L’allure générale des fleurs est à peu près intermédiaire.

On voit, en somme, que cette riche nouveauté pourrait être considérée comme une forme du C. Tracyanum. Nous en avons publié il y a cinq ans un portrait à l’aide duquel on pourra aisément faire la comparaison. Mais la forme que nous avions fait peindre à cette époque avait un coloris particulièrement foncé; le brun rougeâtre y dominait sur les pétales et les sépales. Celle-ci est beaucoup plus claire dans l'ensemble. C'est une fleur d’une grande allure, d'une beauté remarquable, et son labelle est extrêmement élégant au point de vue de la forme et du coloris.

Nous dédions respectueusement cette superbe nouveauté à Monseigneur DE ZALESKI, archevêque de Thèbes.

Es [] @

CLA mu.

(Suite de la page 22)

terrains. Comment concilier ces deux théories? C’est ce que n'indique pas l’auteur, qui semble assez indécis sur ce point.

En ce qui concerne la germination des graines, il affirme toujours, comme en 1900, qu’elle ne peut pas se produire sans la présence des endophytes; mais il est fort embarrassé d'expliquer pourquoi des parasites #wisibles sont nécessaires, et 1l conclut, en somme, que s'ils sont nécessaires, « il n’y voit pas d”’ obstacle. »

I1 semble donc que M. NoËL BERNARD n'attache pas une bien grande importance à sa théorie de culture, et si nous n’avions pas uniquement pour but de rechercher tout ce qui peut contribuer au progrès, nous pourrions faire comme lui.

Mais il nous semble — et nous arrivons ici à défendre M. NOËL BERNARD contre lui-même — il nous semble que les observations relatées ci-dessus, et que nous ne prétendons pas mettre en doute, ne sont pas inconciliables avec la théorie de la symbiose ; autrement dit, que les champignons dont il s’agit peuvent parfaitement envahir les racines des Orchidées, arrêter la végétation dans les parties infestées, et jouer cependant un rôle utile, voire même presque nécessaire. Le tout est de savoir à quelle période de la végétation ils se développent, et il serait intéressant que M. NoËL BERNARD poursuivit

ses études dans ce sens. En effet, si les champignons envahissaient les racines et les

faisaient périr au moment où une pousse entre en pleine activité, ce seraient des parasites nuisibles: mais s’ils interviennent vers l’achèvement de la pousse, pour arrêter la végétation et provoquer l'entrée au repos, leur rôle devient fort utile.

Quant à la germination, nous sommes porté à penser qu’elle s'effectue fort bien sans les champignons; ici encore nous sommes en pleine contradiction avec M. NoëL BERNARD. En effet, nous avons réussi à faire germer et pousser parfaitement des graines en sol stérile, c’est-à-dire ne renfermant aucune espèce de champignon : sur du polypode

bouilli, de la sciure de bois bouillie, de la brique pilée, etc., et les graines y ont germé

parfois aussi bien et aussi vite que sur des pots contenant des plantes vivantes. Nous croyons donc pouvoir affirmer que les champignons en question ne sont nullement nécessaires pour la germination des graines, et cela concorde parfaitement avec l'explication que nous avons suggérée plus haut pour la végétation.

Max GARNIER.

THXUTYS OUAIATST SCT D EZ" Per

CNIL T7 NALVAEV JEA HOOH JSHAAOÏ MNAITIONO

XIKX"1994 “Id VINHGONTT

cdi alla le

PL. DCCLXXIX

ONCIDIUM FORBESI noox. var. ATRATUM 2. rw.

Page 1