LES ORCHIDÉES ET LA LÉGENDE
Lorsque les journaux quotidiens, obligés de suivre la mode et de parler à leurs lecteurs de tout ce qui les intéresse, veulent s’occuper d’horticulture, ils publient le plus souvent des articles déraisonnables. On sait bien que le métier oblige une certaine catégorie de reporters à traiter, à volonté et au courant de la plume, de ommni re scibils et quibusdam alüs; et le Larousse est la mine inépuisable à laquelle vont fouiller les écrivains à court de documentation. Mais quand :il s’agit de matières techniques, il semblerait aisé de s’adresser à des techniciens ; il ne manque pas, fort heureusement, de cultivateurs d’Orchidées; ne pourrait-on se renseigner, auprès d’eux, au lieu d’écrire au hasard les absurdités que l’on voit figurer en toute occasion dans la presse quotidienne ?
Dernièrement, un journal parisien avait imaginé de publier un article dans lequel on représentait les Orchidées comme des plantes dangereuses, communiquant la tuberculose aux personnes qui les approchent.
Où avait pu prendre naissance cette idée, qu’on nous permettra de qualifier de stupide ? Nous n’en trouvons, pour notre part, qu’une explication, qui doit être la bonne, nous en sommes convaincu. On se rappelle qu’un M. NoËL BERNARD a publié l’année dernière une thèse et une étude sur l'infection et la tubérisation chez les végétaux. Infection, cela signifie envahissement par des végétaux inférieurs, qui d’ailleurs peuvent être utiles ou nuisibles — n'importe, le mot sonne mal, et dans infechion, comme dirait... Machin, il y a enfect; tubérisation, comme a pu le lire un reporter hâtif, cela signifie formation de tubercules; et alors !.….. Au lieu de penser aux tubercules des Pommes de terre, le susdit reporter aura pensé aux tubercules de la tuberculose. Il n’en faut pas plus pour faire un article mélodramatique.
Cela paraît puéril à qui connaît les plantes, et la tubérisation, et les Orchidées en particulier. Nous parierions bien cependant que l’article auquel nous venons de faire allusion n’eut pas d'autre point de départ; car enfin, qui a jamais pu associer l’idée de la tuberculose avec le mot Orchidées? Et la chose n’est pas si DHérie Car larti culet en question fut. reproduit dans d’autres journaux; le public, assurément trop confiant dans les informations qui lui sont fournies, crut de bonne foi à une nouvelle découverte de la science (!) et pendant la dernière exposition de Chrysanthèmes, à Paris, les visiteurs « bien informés » disaient à leurs amis : « Voila les Orchidées ; ne restons pas trop ici, vous savez que ces plantes communiquent la tuberculose. »
Si ridicules que paraissent ces inventions d'écrivains à court de copie, elles peuvent, on le voit, présenter des inconvénients sérieux. Nous n'’insistons pas.
Le plus souvent, les légendes propagées par la presse profane sont simplement amusantes. C'est dans cette catégorie que rentre un long article, publié récemment par le Bosion Herald, l'un des principaux journaux de la ville de Boston. Toute une page du journal était consacrée à ces plantes « qui arrivent des confins de la terre dans leSRsSerres delà Maison Blanche pour orner le boudoir de Mme ROOSEVELT. ne pouvons résister au plaisir de citer le passage suivant
» Nous
« Il existe environ 2000 espèces d’Orchidées, et il en reste probablement autant à
(Pour la Suite, voir p. 58).
LINDENIA PL. DCCXCIV
CYPRIPEDIUM LAWRENCEANUM rcu8. Fr. var. ARDENS L. LIND.
MERDE CNENV CYPRIPEDIUM LAWRENCEANUM rcns. r. var. ARDENS 1. inv.