ODONTOGLOSSUM DE M. VIGER
ODONTOGLOSSUM. Vide Lindema, I, p. 11.
Odontoglossum X Vigerianum L. LiND., Sem. hort., II, p. 357, et infra.
e superbe Odontoglossum a fait son apparition au printemps dernier parmi les importations de l'établissement LucIEN LiNDEN et C*, de Moortebeek, qui ont déjà révélé dans ce genre tant de nouveautés
hors ligne. On peut le considérer sans hésitation comme un hybride naturel, mais il est proche voisin de l'O. crispum. Ses fleurs sont d’une remarquable élégance, et ont les segments très ondulés et frisés sur les bords. Les pétales portent des macules marron disposées à peu près parallèlement aux bords, les sépales ont des macules plus grandes de la même couleur, et sont un peu lavés à la base, et le long d’une bande médiane, de jaune havane clair. Le labelle est très ample, frisé sur les bords, avec un disque jaune d’or très étendu, et trois grosses macules brunes en avant, accompagnées de plus petites sur les côtés.
Nous avons nommé cette ravissante nouveauté en hommage à M. Vicer, l'éminent président de la Société Nationale d'Horticulture de France, qui à été récemment appelé de nouveau à occuper les hautes fonctions de Ministre de l’Agriculture, dans lesquelles sa compétence spéciale et son esprit d'initiative avaient déjà été universellement appréciés.
LE VANDA), JTERES
Le Vanda teres constitue, avec le V. coerulea et le V. Sanderiana, un trio d’espèces d’une beauté incomparable, et doit figurer dans toutes les collections d'élite. S'il existait un Livre d’or héraldique des plantes, il y serait inscrit dans les familles souveraines et son histoire renferme des souvenirs glorieux. On raconte que la première fleur de Vanda teres qui s’ouvrit en Angleterre, en 1833, dans les serres du duc DE NoRrHUM- BERLAND, fut offerte par la duchesse à la princesse VicrortA sa pupille, qui habitait alors avec sa mère le palais de Kensington, qu’elle devait quitter quelques années plus
tard pour devenir reine d'Angleterre ; et plus récemment, en 1890, M. le baron FERDINAND
DE ROTHSCHILD, recevant à Waddesdon Manor la visite de sa gracieuse souveraine,
lui offrait un magnifique bouquet composé uniquement de fleurs de Vanda teres.
Cette riche espèce fut découverte par WaLLicH dans le Sylhet et introduite par lui en Europe vers 1829. Elle est très commune dans le Sikkim, le Teraï, et se rencontre dans l’Assam, la Birmanie, le Nord de l’Inde, les îles Andaman, Nicobar, etc. Elle habite généralement les plaines et les vallées très chaudes, où elle croît sur les grands arbres, exposée aux rayons ardents du soleil.
La tige nue, grêle, souvent ramifiée, sèche et promptement ligneuse, presque traçcante, atteint une hauteur de 60 centimètres à 2"50. Les feuilles sont cylindriques, charnues, longues de 10 à 12 centimètres. Le racème grêle prend naissance à l’opposé
d’une feuille; il est à peu près dressé et atteint une longueur de 20 à 25 centimètres; il porte ordinairement de deux à six fleurs.
Les fleurs sont de grandeur variable; dans les bonnes variétés elles mesurent jusqu’à ro centimètres de diamètre. D’après les Annales du Yardin Botanique de Calcutta, la forme qui habite la région du Sikkim n’a guère que 62 millimètres de diamètre; à la base des montagnes du Khasia et dans beaucoup de localités de l’Assam, on rencontre la forme à grandes fleurs et la forme à petites fleurs croissant ensemble; elles ne diffèrent d’ailleurs que par les dimensions.
Le sépale dorsal est largement elliptique ou arrondi, à peu près dressé ou largement oblong, obtus, un peu ondulé. Les pétales plus grands que les sépales latéraux sont parfois un peu inclinés en avant ou tordus de façon à se présenter de profil. Tous ces organes sont d’un rose plus ou moins vif, parfois presque blancs. Le labelle trilobé, plus long que les sépales latéraux, forme un éperon conique volumineux, et a les lobes latéraux arrondis dressés; cet organe est jaune ou d’un jaune brunâtre brûlé, fortement strié de brun pourpré extérieurement, et marbré de rouge dans la gorge. Le lobe antérieur forme un onglet, puis s’épanouit en éventail profondément bifide au sommet. Il est rose, strié et plus ou moins tacheté de rose plus vif ou de rouge. L’onglet, comme la gorge, est Jaune ou brunâtre tacheté.
REICHENBACH a décrit une variété d’un blanc de neige, avec un peu de rose clair à la partie antérieure du labelle et un peu de jaune à la gorge. C'est la variété auroreu.
Il existe aussi une variété blanc pur qui a reçu les noms de candida et alba. Cette variété n’est pas très rare, paraît-il, à l’état naturel. Elle existe notamment à Blenheim, dans la fameuse collection du duc DE MARLBOROUGH.
(Pour la Suite, voir page 14)
es
van
LINDENIA PL. DCXXIX
CYPRIPEDIUM x NIOBE ROLFE
G. Putzys pinx. P. De Pannemacker chrom.
PL. DCXXIX
CYPRIPEDIUM x NIOBE RoOLFE
CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, I, p. 17.
Cypripedium X Niobe. Hybridum ïinter C. Spicerianum et C. Fairieanum artificiosa fecundatione creatum.
Cypripedium X Niobe ROLFE. Yourn. of Hort., 1880, p. 527, f. 67. — The Garden, 1891, p. 482, cum ic. lith. — L'Orchidoph., 1892, p. 81, cum ic. lith. — Oych. Alb., X, t. 438. — Orch. Rev., I, p. 7, fig. 1. — Fourn. Orch.,
| e Cypripedium X Niobe est un des gracieux hybrides qui perpétuent dans nos serres la race et les qualités spéciales du regretté C. Fairieanum;
25% !| c'est peut-être le plus attrayant des descendants de cette espèce perdue — momentanément, espérons-le.
Ses fleurs ont une grâce délicate et un coloris élégamment varié. Le second parent est le C. Spicerianum, mais il a marqué son empreinte ici d’une façon moins nette que dans la plupart des autres croisements auxquels il a coopéré. Les fleurs sont assez petites pour le genre. Le pavillon est largement ovale, assez ondulé sur les bords, surtout à la moitié supérieure, blanc avec une tache verte à la base, et parcouru par de nombreuses veines longitudinales rouge sombre qui sont très ramifiées et forment un fin réseau; la veine médiane, beaucoup plus prononcée, est rouge brunâtre pourpré. Les pétales courts, défléchis, avec les pointes récurvées, sont d’un jaune verdâtre, et portent des stries plus ou moins prononcées couleur chocolat. Le bord supérieur porte quelques petits bouquets de cils. Le sabot, assez compact, est brun vif en avant, avec des reflets rose violacé ; le staminode rose violacé, formant au centre un petit mamelon veiné de vert, rappelle le C. Spicerianum. Le feuillage assez court, oblong aigu, est d’un vert foncé.
La floraison se produit ordinairement du mois de novembre au mois de février.
Cet hybride fit sa première apparition en 1889, dans l'établissement de MM. Verrcu, de Chelsea, et obtint un Certificat de 1 classe à Londres le 11 décembre de ladite année. Depuis lors, il s’est répandu dans un certain nombre de collections. Comme beaucoup d’autres hybrides, il est assez variable, et certaines formes ont un coloris beaucoup plus vif que d’autres. M. J. Racor, de Villenoy, en a exposé à Paris, au mois de janvier dernier, une forme particulièrement jolie et à fleurs plus grandes. que l'ordinaire.
(Suite de la page 12)
Enfin une variété qui a reçu le nom de V. feres Andersomi, et qui produit, paraît-il, des fleurs plus nombreuses et plus richement colorées. Cette variété a fait son apparition chez M. BROOME, le grand amateur anglais, et l’on a cité une plante de cette collection qui portait, il y a quelques années, plus de 250 fleurs en même temps.
Le V. feres n’est pas aussi répandu ueltderareletre cnsBuiope Ce AtenTen partie à ce qu’il est difficile à introduire, ses tiges grêles se desséchant rapidement pendant le voyage. Cela tient aussi, il faut bien le dire, à ce que beaucoup d’amateurs considèrent cette plante comme très difficile à cultiver et à faire fleurir. Il s’en faut de beaucoup, cependant, que cette difficulté soit insurmontable, et nous avons toujours obtenu de bons résultats dans la culture du Y. leres, à la condition seulement de le laisser reposer quand la végétation est terminée (ordinairement de novembre à mars) et de lui donner pendant le reste de l’année beaucoup de lumière, une atmosphère fraîche et assez fréquemment renouvelée, et l’humidité nécessaire. La température de la serre indienne habituelle lui convient parfaitement.
La floraison se produit en mai et juin sous nos climats, en mars et avril dans le pays natal.
Le Vanda teres forme souvent, quand il est placé dans des conditions favorables, des touffes très volumineuses. Le rédacteur du Botanical Magazine parlait, d’après des témoirs dignes de foi, de spécimens capables de faire la charge d’un éléphant. Même en Europe, on obtient des spécimens très remarquables, et l’on pourra en juger par la gravure parue dans La Semaine Horticole, n° 85, p. 380, et qui représente une plante de Vanda teres cultivée dans la collection de M. BrooME, Wood Lawn, Didsbury,
Manchester.
LINDENIA | PL, DCXXX