VAR. RUBRUM
CYPRIPEDIUM. Vide Lindenia, I, p. 17.
Cypripedium villosum. Vide Lindenia, III, p. 75.
SEA ous avons déjà publié, dans le troisième volume de cette iconographie, és le portrait du Cypripedium villosum, représenté par une forme choisie. HN Cette espèce si belle et si populaire est en somme assez peu variable, et sur les milliers d'exemplaires qui en ont été introduits, pour orner toutes les
collections du monde, on ne cite qu’un très petit nombre de variétés bien distinctes : Boxall, auveum, albo-marginaium, Measuresianum. Encore cette dernière n'est-elle connue que comme plante unique.
C'est donc une grande surprise que la révélation d’une série de variétés nouvelles aussi tranchées que celles qui ont fait leur apparition parmi les importations de L'Horricoze CoconIALE, à Bruxelles, et dont nous avons fait peindre quelques-unes des plus remarquables. Il y a là, comme on le verra en se reportant à notre planche, des formes et des coloris tout à fait différents de ce que l’on connaissait jusqu'ici. Nous allons les décrire sommairement en commençant en haut et à gauche de la planche, et en continuant par colonnes verticales.
1° var. albidum. Le pavillon n’est pas seulement bordé de blanc, il a toute la moitié supérieure blanche; la base est brun foncé, relevée de quelques larges stries brun pourpré; au-dessus, à la partie centrale, se trouve une zône jaune pâle sur laquelle se détachent quelques macules verdâtres. Le sabot jaune est légèrement lavé de rouge clair à la partie antérieure; les pétales, très larges vers le sommet, sont d’un rouge cuivré sur toute leur étendue, et le fond jaune apparaît à peine à la base et près des extrémités. Le staminode est pointillé de rouge brun.
2° var. bicolor. Assez analogue à la précédente, mais présentant un contraste de couleurs plus vif sur le pavillon; la macule brune de la base est plus nettement limitée, et prolongée presque jusqu’au sommet par une ligne médiane,
et le jaune du centre est plus vif. Les pétales ne sont lavés de rouge-brun que sur leur moitié longitudinale supérieure, et l’inférieure est jaune clair légèrement verdâtre; enfin le sabot est d'un brun-rouge plus vif que dans la variété albidum.
3° var. lucidum. Très jolie variété d'un coloris brillant. Le pavillon est jaune, un peu bordé de blanc au sommet; à la base, une série de gros points cuivrés disposés en lignes, et faisant un bel effet. Les pétales très longs sont jaune verdâtre clair, avec une traînée rouge-brun au-dessus de la ligne médiane. Le sabot jaune verdâtre est peu marqué de brun.
4° var. expansum. Pavillon très grand, très étalé, et tout à fait exceptionnel, vert lavé et strié de brun sur la moitié inférieure et le long de la nervure médiane. Les pétales très amples sont lavés de rouge cuivré clair à leur moitié supérieure; le sabot jaune verdâtre clair a la partie antérieure d’un rose brunâtre pâle.
3° var. albo-luteum. La moitié supérieure du pavillon est blanche, la moitié inférieure jaune; à la base, des macules brun pourpré foncé disposées en lignes irrégulières. Les pétales d’un jaune un peu verdâtre sont faiblement lavés de rouge brunâtre. Le sabot est comme dans l'espèce-type.
Cette variété a un coloris très élégant.
6° var. rubrum. Remarquable par l'intensité de son coloris général, rougebrun cuivré vif. Le pavillon porte à la base plusieurs bandes longitudinales de cette couleur; le reste est jaune, avec une bordure blanche assez large. Les pétales très larges, retroussés au sommet, sont entièrement d’un beau rouge cuivré foncé, avec une mince bordure jaune et une ligne médiane plus foncée. Le sabot est d'un rouge vineux vif.
7° var. luteum. Variété extrêmement distincte, d’un coloris presque entièrement jaune vif. Le sépale dorsal a une bordure blanche assez large au sommet, et porte à l'extrême base un petit nombre de gros. points pourpre noirâtre; les pétales retroussés à leurs extrémités sont divisés dans leur longueur par une ligne brun pourpré, au-dessus de laquelle quelques stries brun rougeûtre, partant dela base, s'étendent jusqu'à la moitié environ de la longueur des organes. Le sabot jaune est faiblement lavé de rose brunâtre à la base en avant.
8 var. lineatum. Dans cette variété, les pétales sont jaunes avec une simple ligne médiane brun foncé dans toute leur longueur, comme le pavillon du C. Druryi, ce qui donne à la fleur un aspect tout particulier. Le sabot est entièrement jaune, sans mélange d'aucune autre couleur. Le pavillon jaune verdâtre porte à la base des macules brun pourpré en lignes s'étendant jusqu'à la moitié de sa longueur, et est légèrement bordé de blanc au sommet.
0° var. brunneum. Cette variété, qui se trouve en haut et à droite de notre planche, a le pavillon jaune foncé, avec une grande macule brun sombre occupant les deux tiers inférieurs, et prolongée au milieu par des lignes longitudinales plus foncées. La moitié supérieure des pétales est d’un brun rosé; la moitié inférieure porte quelques stries de la même couleur sur fond jaune
légèrement verdâtre.
10° var. giganteum. Fleur énorme, à pétales très larges lavés de brun sur fond jaune à peu près comme dans l'espèce-type. Le pavillon, très élargi à la partie supérieure, est jaune-vert, bordé de blanc sur les côtés et au sommet, avec quelques stries longitudinales brunes partant de la base. Le labelle, jaune verdâtre clair, est faiblement lavé de brun clair à la base en avant.
Cette variété est la plus grande que nous ayons jamais vue dans cette espèce; elle est véritablement imposante.
11° var. elegans. Fleur de grandeur moyenne, mais d’une jolie tenue et d’un coloris remarquable. Le pavillon, mieux étalé que d'ordinaire même à la base, porte sur toute sa moitié inférieure une macule brun rougeâtre foncé prolongée par des lignes longitudinales de la même couleur; la partie supérieure est vert clair, et les bords sont blancs. Les pétales, très larges au sommet, ont la moitié supérieure d’un rouge-brun brillant. Le sabot jaune verdâtre est lavé de rougebrun à sa partie antérieure.
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Le Cypripedium villosum a déjà contribué à produire de nombreux hybrides, dont quelques-uns sont très riches en variétés distinctes. Ces différences deviendront bien plus grandes encore le jour où les croisements anciens auront été répétés avec quelques-unes des variétés nouvelles que nous venons de décrire. Ainsi le croisement vi/losum X Druryi, qui a produit précédemment un hybride à fleurs un peu ternes et de couleur fausse, pourra donner des fleurs plus franchement jaunes avec les variétés luieum ou lineatum. Le croisement avec le C. insigne, qui a déjà donné les nombreuses variétés de C. X Sallieri, C. x mitens, etc., promet également de nouvelles merveilles. Rappelons encore le C. X Lathamianum ou Spicero-villosum, qui a produit tant de belles formes à fleurs plus ou moins grandes, plus ou moins colorées, dont quelques-unes, comme celles obtenues par M. Breu, ont le pavillon presque entièrement rouge-brunâtre, et d’autres sont presque jaunes avec le pavillon blanc traversé par une ligne brune.
Parmi les autres beaux hybrides issus du C. villosum, il faut citer particulèrement :