IRASMENRERS IC IBI REA
Le genre Cyrtopodium se compose de plantes ayant un cachet d’ampleur remarquable, poussant très vigoureusement et produisant un très grand nombre de fleurs attrayantes. Étant donné ces qualités, on peut s'étonner de ne pas le voir représenté plus fréquemment dans les collections. C’est un peu une question de mode, et cela tient un peu aussi à ce que ces plantes tiennent beaucoup de place, avec leurs feuilles longues et écartées, et leurs pseudobulbes atteignant 90 centimètres à r mètre de hauteur. Ce n’est pas cependant une difficulté insurmontable, car il ne manque pas, parmi les Orchidées de serre chaude, de petites plantes telles que Bulbophyllum, Cirrhopetalum, Aerides, Saccolabium, Cypripedium, plusieurs Phalaenopsis, etc., qui s’accommoderaient parfaitement de vivre au-dessous de l’ample feuillage des Cyrtopodium, et garniraient l'intervalle entre deux ou trois plantes de ce genre espacées dans la longueur d’une tablette.
Les trois espèces les plus connues du genre Cyrtopodium sont le C. Andersomi, le C. punctatum et le C. Alice.
Le C. Andersoni est l'espèce la plus ancienne, et c’est aussi l’une des premières Orchidées exotiques qui furent cultivées en Europe. Introduit en Angleterre par M. ANDERSON, dont il rapelle le nom, il fut d’abord désigné sous le nom de Cymbidium Andersoni, puis RoBEerT BROWN lui assigna son appellation actuelle, en créant le genre Cyrtopodium, dans l’Hortus Kewensis, en 1883. Il est originaire des Antilles.
Ses pseudobulbes fusiformes allongés, hauts de 60 à 90 centimètres, sont utilisés, dit LiNDLEY, par les cordonniers des Antilles pour fabriquer une sorte de colle ou de poix. Ses fleurs très nombreuses, disposées en panicule au sommet d’une hampe de r mètre à 1"50 de hauteur, ont à peu près 5 centimètres de diamètre. La hampe est garnie de bractées ovales acuminées, qui vont diminuant de grandeur vers le sommet; les pétales et les sépales largement ovales, obtus, sont d’un jaune clair, parfois un peu lavé de vert au sommet; le labelle trilobé est d’un jaune plus vif et porte un grand nombre de petites macules rouges sur la crête. Le lobe antérieur est un peu concave.
On rencontre parfois dans les cultures le C. Anderson: sous le nom de C. cardiochilium, nom qui fut créé par LINDLEY en 1849, mais qui ne peut être considéré que comme un synonyme du précédent. |
Le C. punctatum a une dispersion beaucoup plus vaste que le précédent. Il est particulièrement abondant au Brésil, mais il a été collecté également dans la Colombie, la Guyane, le Mexique, les Antilles, les divers états de l’Amérique centrale, et aussi au Paraguay, de sorte qu’il est représenté à peu près dans toute l’étendue des deux Amériques où se rencon-
(Pour la suite, voir page 80)
PL. DCLXI
IP. De Pannemaeker chrom.
ODONTOGLOSSUM CRISPUM zD£. var. FUNAMBULUM LL. LIND.
G. Putzys pinx.
PL. DCLXII
ODONTOGLOSSUM CRISPUM :o1. var. FUNAMBULUM c. rm. VARIÉTÉ SALTIMBANQUE
ODONTOGLOSSUM. Vide Lindenia, I, p. 11.
Odontoglossum crispum. Vide Lindenia, I, p. 101. Var. funambulum L. LIND., infra.
= ette remarquable variété a fait son apparition dans les serres de Moor- Le tebeek, l’un des établissements modèles de L'Horricoce COLONIALE,
SBAË de Bruxelles, qui ont révélé tant de merveilles.
Ses fleurs ont la forme irréprochable du plus beau type de Pacho; les
segments sont larges et se recouvrent sur une grande partie de leur longueur. Ils sont très frisés sur les bords et ont la partie extrême un peu tordue et retroussée, ce qui donne à la fleur une allure quelque peu cabriolante, comme on l’a signalée dans le Maxillaria venusta et le Sprekelia cybister.
Le coloris est superbe. La fleur est blanche, avec de grandes macules rouge clair, tirant un peu sur la couleur prune, sur tous les segments. Comme il arrive presque toujours, ces macules sont particulièrement grandes sur les sépales, qui n’en portent guère qu'une chacun; sur les pétales elles sont plus petites et généralement au nombre de deux. Le labelle porte une large macule
transversale en avant de la crête.
————————————— if
(Suite de la page 78)
trent les Orchidées de nos serres. Il fut décrit en 1762 sous le nom d’Epidendrum punctatum, par LINNÉ qui l’avait reçu de Cuba; SwaINsoN l’envoya du Brésil au Jardin botanique de Glasnevin, où il fut cultivé un certain nombre d’années sans pouvoir être amené à fleurir; il fleurit pour la première fois en 1835. Les plantes que M. SarNT-L£ÉGER collecta au Paraguay en 1878 et envoya en Europe, où REICHENBACH leur donna le nom de Cyrtopodium S'arntlegerianum, ne différaient en rien de la présente espèce, et par conséquent ce nom, qui se rencontre encore parfois dans l’horticulture, doit être considéré comme un simple synonyme.
Par ses caractères généraux, le C. punciatum est assez voisin du C. Andersom; il a le même port majestueux, les longues inflorescences ramifiées ; ses bractées sont d’un vert jaunâtre tacheté de rouge brun, surtout à la base; celles du sommet, qui accompagnent les fleurs, sont plus petites, d’un Jaune vif maculé de rouge, exactement comme les sépales. Les segments floraux sont ovales-oblongs, ondulés; les pétales, un peu repliés en arrière, sont jaunes avec quelques petits points rouges; les sépales sont tigrés de macules rouge brunâtre; le labelle plus court a les lobes latéraux très développés, réniformes, dressés, rouge clair tirant sur le rouge brique; le lobe antérieur semi-circulaire est jaune bordé de taches rouges.
Le Cyriopodium Aliciae est beaucoup plus récent que les précédents et fut introduit par L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, à Bruxelles, vers la fin de l’année 1891. Il est originaire du Brésil. Ses fleurs sont un peu plus petites que celles du C. Andersoni et du C. punciatum; elles ont à peu près la même forme, mais elles ont les segments blancs à la base, verts au sommet, tachetés de rouge. Le labelle a les lobes latéraux blancs très peu maculés de rouge, la crête jaune pointillée de rouge, et le lobe antérieur blanc bordé de groses macules rouges. Les bractées qui accompagnent les fleurs sont vertes, zébrées de rouge. Les pseudobulbes sont fusiformes, très renflés un peu au-dessous du milieu.
Le Cyrtopodium jflavescens, introduit en 1893 par L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, est encore rare, et n’est représenté en Europe que par un très petit nombre d'exemplaires. Ses fleurs ont 4 centimètres environ de diamètre, et ont une certaine analogie avec celles du C. Anderson. Les sépales et les pétales bien étalés, largement ovales, sont d’un jaune un peu verdâtre. Le labelle notablement plus court est jaune citron, et a le lobe terminal largement réniforme.
Le genre Cyrtopodium comprend encore un certain nombre d’espèces qui ne sont pas représentées dans les cultures, et dont la plupart proviennent du Brésil.
Les Cyrtopodium sont des Orchidées terrestres, qui réclament un compost assez substantiel. On les cultive en serre chaude, en pots assez grands, car ils forment une grande masse de racines, et ont besoin de beaucoup d’humidité pendant la végétation. Comme compost, on emploie de la terre fibreuse mélangée d’un tiers environ de terre franche et de terreau de feuilles, et l’on donne pendant la saison de la plus grande activité quelques arrosages à l’engrais.
LINDENIA PL -DCLXII
CATTLEYA SCHILLERIANA rcHB. F. var. SUPERBA HORT.
Te «à
, Le G. Putzys pinx. P. De Pannemaeker chrom. |,
PL. DCELXIHII
CATTLEYA SCHILLERIANA rcus. r. var. SUPERBA nor. CATTLEYA DE M. SCHILLER, VARIÉTÉ SUPERBE
CATTLEVYA. Vide Lindema, I, p. 15.
Cattleya Schilleriana. Vide Lindema, II, p. 87. Var. superba HoORT., infra.
{ ien que connu depuis fort longtemps, et introduit dans les cultures
européennes dès l’année 1857, grâce au Consul Scxiccer, le fameux A amateur de Hambourg, le Cafttleya Sclulleriana, jusqu’à ces dernières années, était resté assez rare dans les collections. Il apparaît plus fréquemment depuis quelque temps, et les orchidophiles ne peuvent que s’en féliciter, car cette espèce est d'une beauté remarquable.
Son coloris varie beaucoup d'éclat, et tandis que certaines formes sont un peu pâles, d’autres ont une intensité superbe. Celle que nous représentons ici, et qui a fleuri l’année dernière à L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, à Bruxelles, est une des plus belles que nous connaissions. Elle a le labelle grand et richement coloré, rose avec des stries serrées d’un rouge pourpre vif, et une fine bordure blanche sur tout son pourtour. Le disque est jaune vif, les pétales et les sépales rose pourpré, lavés et maculés de brun sur les bords et au sommet. Ces macules de forme irrégulière, plus ou moins fondues dans la bordure plus claire, offrent un aspect très curieux.
La variété Low:, qui a le labelle blanc strié de violet lavande, à peu près comme dans le Zygopetalum Mackayi, est plus distincte peut-être que celle-ci; mais au point de vue de l'attrait et de l'éclat du coloris, la variété superba nous paraît supérieure, surtout dans son labelle, à la plupart des autres les plus estimées.
Le Cattleya Schileriana ne pouvait manquer d'attirer l'attention des semeurs; l'allure distincte de ses fleurs, leur coloris brillant, son port relativement nain, sont autant de qualités dont on devait songer à tirer parti. En fait, il a déjà été utilisé pour produire quelques hybrides très intéressants, dont voici l’énumération très probablement complète :
Cattleya X Mossiae-Schulleriana. Hybride présenté par M. GEoRGEs MANTIN à Paris au mois d'octobre 1897.
Catileya X Russelhana (Schilleriana X Warneri) présenté par M. Georczs ManTIN à Paris en juin 1807, et décrit dans La Semaine Horticole la même année,
page 258.
en A ALI DJ
Puis trois plantes considérées comme hybrides naturels de la même espèce :
Caitleya X Miss Harris, auquel on attribue la parenté Mossiae X Schilleriana, et qui rappelle beaucoup le second.
Catileya X resplendens, auquel on assigne comme autre parent le C. guttata.
Cattleya X Wlutei (plante unique), dont le second parent serait le C. labiata.
Parmi les Laeliocattleya maintenant :
L. X crispa-Schlleriana, présenté par M. G. ManriN, à Paris, au mois d'octobre 1808. 4
Et un hybride ancien, le L. X felix, de parenté non conservée, auquel on assigne comme auteurs le Caftleya Schilleriana et le Laelia crispa.
Le Cattleya X Russelliana nous paraît être incontestablement le plus beau de tous.
LINDENIA «PL, DCLXIV
COMPARETTIA MACROPLECTRON RCH8. F. et TR.
G. Putzys pinx.
IP. De Pannemaeker chrom.
‘ és + ñ
PL. DCLXIV COMPARETIIA MACROPLECTRON rens. Fr. et mr.
COMPARETTIA À GRAND ARCHET
COMPARETTIA. Vide Lindenia, IV, p. 41.
Comparettia macroplectron. Foliis oblongo-ligulatis acutis; pedunculo paucifloro; racemo secundo; bracteis minutis squamaeformibus; sepalo impari ligulato acuto; sepalis paribus connatis fornicatis ligulatis acutis; petalis cuneato ovatis acutis: labelli auriculis in basi obtusangulis, isthmo lineari carinifero; lacinia antica subquadrata medio antice emarginata cum apiculo, lateribus externis denticulata ; calcaribus inclusis elongatis subtiliter papulosis; tabula infrastiomatica oblique prona; carina per mediam foveam stigmaticam perpendiculari.
Petala atropurpurea guttata. Labellum 35 mm. longum, 25 mm. latum. Nova Granata. Triana. Lehmann,
Comparettia macroplectron RcHB. F.et TR. in Gard. Chron., 1878, II, p. 524 et 1879, I, p. 308. — Gard. Chron., 1885, II, p. 365, cum ic. xyl. — WiLL., Orch. Album, II, t. 65. — The Garden, XXX (1883), t. 385. — VeEiTcH, Man. Orch., IX, p. 166. — L. LiNp., Orch. exot., p. 670, cum ic. xyl.
ya e Comparethia macroplectron fut découvert en 1878 dans la Nouvelle
Grenade par le botaniste bien connu José TRIANA. REICHENBACH le mentionne brièvement, au mois d'octobre de l’année susdite, comme
« une grande beauté. » Il le décrivit avec plus de détails au mois de mars
de l’année suivante dans le Gardeners” Chronicle; 11 écrivait à cette époque « C’est un très grand plaisir de pouvoir annoncer que cette curieuse espèce vient d’épanouir ses fleurs en Angleterre. J'ai entre les mains un racème de quatre fleurs, beaucoup plus grandes que celles des espèces bien connues C. falcata et C. coccinea, et étalant orgueilleusement le long éperon de leurs sépales latéraux soudés, dans lequel sont enveloppés les deux éperons proprement dits formés par le labelle, d’un coloris orangé à leurs moitiés inférieures, et couverts de nombreux cils courts et très fins. Les fleurs sont blanchâtres, lavées de rouge rosé, et ont les larges pétales aigus et le limbe carré du labelle couverts de nombreuses taches d’un rose rouge gai; les bords latéraux du labelle sont finement denticulés. »
La première floraison, que REICHENBACH avait sous les yeux en écrivant ce qui précède, était un peu maigre. Les plantes bien établies produisent des hampes grêles, un peu retombantes, d’une longueur de 45 à 60 centimètres, portant dix à quinze fleurs en racème lâche. Le labelle, beaucoup plus grand que les autres segments, est à peu près aussi large que long.
Nous avons fait figurer sur notre planche deux formes qui avaient fleuri parmi les importations colombiennes de L’HORTICULTURE INTERNATIONALE, à Bruxelles : l’une, la plus habituelle, d'une couleur blanchâtre à peine rosée, ayant des points rose pourpré sur les larges pétales et sur le labelle rose pâle, où ces points dessinent des lignes de nervures, l’autre, très rare, d’un coloris
a a ane D PU de EN)
beaucoup plus vif, ayant tous les segments d’une teinte de fond rose, et les sépales pointillés comme les pétales de rouge vif.
CuLTuRE. — Le Comparettia macroplectron est une plante épiphyte, de petite taille, qui réussit particulièrement bien dans un petit panier suspendu près du vitrage. Le compost employé pour les Cattleya lui convient parfaitement, et l’on peut lui donner aussi la même température, mais plus d'air; il faut également beaucoup de lumière. Les arrosages doivent être abondants pendant la saison d'activité, pendant l'hiver, le compost sera tenu moins humide, mais il ne faut jamais le laisser sécher complètement.
Il est bon d’abriter un peu la plante lorsque le soleil est dans toute sa force, pendant la belle saison; mais nous recommandons d’avoir toujours bien soin d'enlever l’ombrage aussitôt que le soleil ne donne plus sur la serre ou qu'il a perdu de son ardeur.