‹ L’insuffisance Hépatique, L’asthme, L’urticaire Et L’écémaChapitre 22 sur 45 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

FACTEUR HUMORAL

L’anaphylaxie, depuis la découverte du Professeur Rrcæer,en 1902, domine la question de l’asthme et des . dermatoses d’intolérance. Le phénomène pour se manifester exige : 10 la pénétration de l’antigène ; 20 un certain temps pour l’incubation ; 3° une seconde pénétration d’une dose minime du même-antigène.

Wipaz et ses collaborateurs, plus tard, ont jeté une grande clarté sur ces notions en montrant que l'injection de l’antigène déterminait la rupture de l'équilibre colloïdal de la masse sanguine, de façon que lorsque le choc anaphylactique se manifeste, on observe dans le sang des troubles tels que : hypercoagulabilité, leucopénie, inversion de la formule leucocytaire, raréfaction des plaquettes, variations de l’indice réfracto-métrique du sérum, rutilance du sang veineux. L'ensemble de ce syndrome est appelé «crise hémoclasique ».

En outre, WrpaL et ses collaborateurs constataient que la crise sanguine pouvait ne pas être anaphylactique, mais survenir secondairement à l’introduction

hat, LES

d’une albumine ou d’un cristalloïde en injection ou ingestion première, ou même sous l’action d’un agent physique comme le froid ; et il faisaint entrer les sujets susceptibles de tels troubles dans le cadre de la diathèse colloïdo-clasique.

L’anaphylaxie ne serait par conséquent qu’un cas particulier de la colloïdo-clasie : une colloïdo-clasie accidentelle.

Nous ne trouvons pas là, l'explication des sensibilisations brusques d’un individu à un aliment, par exemple, qu'il a ingéré impunément toute sa vie c’est alors qu’on parle d’idiosyncrasie.

Quoi qu’il en soit, une question se pose : se produitil toujours un choc, une crise hémoclasique dans l'asthme et les dermatoses d’intolérance ?

Nous avons déjà dit la difficulté de mettre en évidence les critères de la sensibilisation anaphylactique proposée par Pasrsur Vazéry-R4ADor :

19 Critère clinique : le malade où la clinique indique l’antigène ;

20 Critère biologique : tests cutanés ou autres ;

39 Critère thérapeutique : désensibilisation spéeifique possible.

De même, les stigmates sanguins, témoins de choc ne peuvent dans bien des cas, être décelés malgré les examens les plus minutieux et (ce ne doivent pas être les difficultés de la recherche qui expliquent seules les résultats négatifs », écrivent CaRRIÉ et

BonNET.

Tous les asthmes ou tous les urticaires ne peuvent

OR ee

donc s’expliquer ou par J’anaphylaxie, ou par la colloïdo-clasie (Pasreur Vazéry-Ranor).

. Quant à ceux qui paraissent indiscutablement en relever et qui sont nombreux, ils peuvent être attribués, directement ou indirectement à une défaillance du foie. Wipar et ABrami ont montré que le choc colloïdo-clasique. est secondaire au dysfonctionnement hépatique. Charles FLanpin constate chez l'animal mort au cours du choc de la boue bihaire dans la vésicule et il attribue au foie la disparition ou la diminution des globulins (AcHarp et Aynaup), ainsi que le retard de coagulation du sang qu'il à remarqué au moment de l’accident. Pour lui, le sérum est toujours modifié, mais dans des sens discordants suivant les auteurs, et les urines révèleraient toujours des pigments biliaires et du glycose. Par ailleurs, 1l trouve l’épreuve de l’insuflisance protéopexique du foie toujours positive dans les états anaphylactiques. Les observations qu’il a pu faire viennent étayer son opinion : tel malade sait que sa migraine est fatale, si, à 2 heures du matin, 1l est réveillé par une douleur vésiculaire, tel autre aura une barre épigastrique qui annoncera une urticaire qui ne prendra fin qu'avec une diarrhée bilieuse ; un autre, enfin, prévoit son asthme et son eczéma lorsque ses selles se décolorent.

Constatant également que la crise sanguine peut survenir avant, pendant ou après le choc, M. FLanDix apporte sa contribution à la thèse de MM. KopaczEWSKkI et LUMIÈRE qui ne voient dans l’hémoclasie

10 TNCRRE

SRG 11 Dont

que la conséquence du choc, un simple épi phénomène, un témoin des faits qui dominent l’anaphylaxie. Pour ces auteurs, le choc se produit par une floculaton micellaire qui agit sur l’endothélium des vaisseaux. Dans un article récent, Lumière écrit fort justement qu'on est désarmé contre l’épine irritative locale ainsi que contre les multiples causes déclanchantes. Il recommande de traiter l'instabilité humorale et d'empêcher la floculation et insiste sur l’intérêt qu'il y a à rechercher une dysfonction endocrimienne et surtout hépatique, très fréquente, dit-il, dans ces états.

Dans ce dernier cas, il préconise la thérapeutique que SÉDILLOT à proposée à la suite de ses travaux et qu'il a appliquée, assure-t-1l, avec le plus grand succès. C’est, en effet, à l’uricémie d’origine hépatique que SÉpizLor attribue les troubles morbides tels qu'asthme, eczéma, urticaire. La cause déclanchante banale de l’asthme serait la floculation intra-pulmonaire des urates. Quant à l’eczéma, il serait dû à la diapédèse des monocytes chargés d’urate à travers les corps muqueux de MazPr@ur. Si ces mêmes monocytes, au lieu de traverser l’épiderme, éclatent au niveau du derme, on aura la crise d’urticaire. La théorie est ingénieuse, malheureusement, on ne peut prouver encore cette uricémie par aucun examen de laboratoire. Il reste cependant un fait certain, c’est que le régime de désintoxication de l’auteur, basé sur les diminutions des apports azotés et chlorurés

et sur la mobilisation des urates par les iodures, donne de brillants résultats.

On a beaucoup recherché depuis quelques années, les modifications de la Réserve alcaline dans les troubles morbides qui font le sujet de cette thèse. Epsrein et Macpowar,s’appuyant sur des arguments expérimentaux, cliniques et thérapeutiques, soutiennent l’opinion que la crise d’asthme est une manifestation d’alealose ; c’est également l’avis de James Apam dans ses « Remarques sur 1.500 cas d'asthme ».

De même que Vazix, la plupart de ces auteurs ne trouvent l’alcalose qu’à l’acmé de la crise.

Cependant, c’est de l’acidose que J. Cezice a constaté dans la plupart des cas, ainsi que MONTAGNINI. Pour DAUTREMENT, il y a des asthmes généralisés avec acidose et des asthmes localisés avec alcaloses, tandis que Tosarri ne voit une cause d’accès que dans la brusque variation de l’équilibre acido-base.

Dans l’urticaire, c’est généralement une baisse plus ou moins notable de la R. A. qui a été constatée au moment de la crise par PARISOT, SIMONIN, VÉ- RAIN, Pasreur VazLéry-Rapor et Rouquès. Seule, la variation en plus ou en moins compte aux yeux de MATHIEU DE Fossey qui étudie les réactions de l’équihbre acido-basique du sang comme représentants des troubles hépatiques.

BEcKkMANN et MoNTAGniNI proposent des régimes acidifiants, mais nous ignorons les résultats de cette thérapeutique.

Notre attention est encore attirée du côté du foie

Page 1