OBSERVATION XII
Asile du Vésinet.
Au milieu du mois d'octobre, nous avons été demandés d'urgence auprès de Mme D.., femme d’un employé de l’Asile, pour crise de suffocation.
Nous avons trouvé cette dernière assise à côté de son lit, le corps incliné en avant, les membres supérieurs immobilisés, la face hivide, angoissée, sans pouvoir parler ni faire le moindre mouvement, et en proie à une crise d’étouffement intense, malgré la fenêtre grande ouverte.
À l’examen, nous ne trouvons rien d’anormal sauf que les mouvements respiratoires du thorax sont très limités.
A la percussion léger tympanisme.
- À Pauscultation, nous trouvons une inspiration courte, humée, silencieuse, suivie d’une expiration prolongée marquée de râles sibilants et ronflants, tellement bruyants qu’on les entends avant même d’ausculter la malade.
Ce signe de pigeonnier, complété par une inégalité respiratoire, nous fait poser un diagnostic de crise d’asthme, et nous pratiquons séance tenante l'injection d’une ampoule d’Adréphédrine Beral.
La crise est rapidement jugulée. Nous laissons la malade reposer la journée et nous la réexaminons le lendemain.
La malade âgée de 24 ans. Bretonne. Mère d’un enfant, est enceinte de 3 mois. Asthme infantile ; plusieurs cures au Mont-Dore. ,
Réglée à 14 ans, elle l’est depuis d’une façon très normale et régulière.
Frères et sœurs bien portants. Les parents en vie : la mère est bien portante, le père âgé de 75 ans est asthmatique. À certaines époques de l’année, ses crises sont presque subintrantes. Il est soigné également pour une maladie de foie. Tous les ans, il fait une cure à Vichy.
Op
Son entourage avait constaté que chaque cure était suivie d’une accalmie d’une durée de plusieurs mois.
Elle nous raconte être, elle-même, sujette à des étouffements, mais ses crises, très fréquentes, n’ont jamais atteint l'intensité de la dernière (une pose de ventouses sèches suffsait pour la calmer).
A l’examen, nous trouvons un état général satisfaisant, cependant, nous constatons une légère maigreur.
Au cœur, rien de particulier. ni
Appareil respiratoire : pas de rhinite hypertrophique ou atrophique, pas de coryzas divers ni leur séquelle, pas de polype, pas de malformation.
Aux poumons, pas de trachéo-bronchite. Pas de bronchectasie. Pas d’emphysème.
Appareil digestif : foie sensible débordant les fausses côtes de presque deux travers de doigt. Subictère très net, Constipation opiniâtre. Urines : rien d’anormal.
Réflexes normaux. Grossesse de trois mois 1 /2 environ.
Nous précisons notre diagnostic à la suite de cet examen, et comme il nous paraît que dans ce cas il s’agit d’asthme sec chez le sujet présentant les signes incontestables de l’hépatisme, nous utilisons un extrait hépatique buvable, deux fois par jour avant les principaux repas et pendant 20 jours par mois (extraits correspondant à 200 grammes de foie par Jour).
L'analyse d’urine est pratiquée deux fois par mois.
Jusqu’au mois de mars, Mme D... n’a jamais eu de crise.
Elle sort par n’importe quel temps, vaque à ses affaires et nous dit n'avoir Jamais été à l’abri de crises d’asthme pendant une période aussi longue.
D’autre part, son état général s'améliore sensiblement, le foie n’est plus sensible et le subictère est complètement disparu. Elle se plaint toujours de la constipation qui, d’ailleurs, peut être expliquée par l’état de grossesse avancée.
PrEmeE
En résumé, depuis sa première crise, au début du mois d'octobre, que nous avons constatée, Mme D... a été soignée uniquement par l’extrait hépatique buvable. Par ce traitement, nous avons obtenu la disparition complète de toutes des crises d’asthme ainsi que de tout signe d’hépatisme.
Mne D..., sera l’objet d’une observation ultérieure, après l’accouchement afin de savoir si l'amélioration s’est maintenue ou si elle n’était que passagère ou de longue durée.
Cette guérison s’est maintenue jusqu’à présent, c’est-àdire plus d’une année.