‹ L’intoxication fongique: ses causes, ses effets, son traitementChapitre 49 sur 55 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

La prophylaxie de l’intoxication fongique est dominée

par deux faits : 10 la réglementation de la vente des champignons; 20 la diffusion dans le public des caractères des espèces vénéneuses.

19 La vente des champignons. — Dans les villages et les petits centres de population, le commerce des champignons se fait sans contrôle et sans limitation des espèces: c’est là une cause évidente d’empoisonnements nombreux, car les préjugés, les recettes et les « connaisseurs » règnent en maitres.

Dans les grandes villes, le marché est soumis au contrôle avec ou sans limitation des espèces.

C'est à 1754 que remonte la première ordonnance interdisant la vente et même la cueillette des champignons aux environs de Paris. Cette décision fut prise à la suite d’une «véritable épidémie » (PauLET) d’empoisonnements qui sévit à Paris à cette époque. D’autres ordonnances parurent le 14 mai 1782, le 17 mai 1809 et le 12 juin 1820; c'est cette dernière qui semble être encore en vigueur à l’heure actuelle. Toutefois, en 1809, sept espèces seulement pouvaient être mises en vente sur le marché aux poirées. Actuellement, leur nombre a été porté à vingt-trois. La surveillance du marché est confiée à un inspecteur. Si les accidents sont rares à Paris, il ne faut peut-être pas tant en voir la raison dans le bon fonctionnement de l’inspection, que dans le petit nombre d’acheteurs de champignons autres que le Champignon de couche.

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A Milan, au contraire, existe un contrôle sévère, avec limitation au nombre de treize des espèces comestibles. Depuis de nombreuses années, on n’a pas eu à enregistrer dans cette ville d’intoxications fongiques.

Mais, à coup sûr, le plus beau marché aux champignons est établi à Lausanne, où la vente est soumise au contrôle sans limitation des espèces. Tous les ans, 6.000 corbeilles sont apportées au marché; il est donc peu de villes qui soient si bien approvisionnées en cryptogames. Dans une statistique qui a été publiée il y a quelques années, nous voyons qu’en 1909 il a été présenté à l'inspection 106 espèces se répartissant ainsi qu'il suit :

Champignons vénéneux . . . . . . 15 espèces = SUSTÉCLSS LE HR PENSION — COMEDIE PT MAR ATIORES

Le mercredi et le samedi, les marchands apportent dans une salle désignée les champignons qu'ils ont achetés ou récoltés. Les cryptogames sont répartis par espèces en des corbeilles ou paniers. Le mélange est interdit. L'inspecteur du marché passe en revue toutes les corbeilles, autorise la vente des espèces comestibles, et saisit les espèces vénéneuses ou suspectes.

Cette manière de faire n’est- lle pas le meilleur moyen de répandre dans le publie la connaissance des champi-

onons? Il faut d’ailleurs reconnaître que ce marché est

très fréquenté par les amateurs avides de s’instruire.

20 L'éducation du public. — Acquérir la connaissance des espèces mortelles et dangereuses et la vulgariser, telle devrait être la préoccupation des hygiénistes, et en particulier de l'instituteur, du pharmacien et du médecin de chaque village.

Nous devons reconnaître qu’à ce point de vue nos voisins d’outre-Rhin sont mieux que nous prémunis contre ce fléau. L’instituteur est chargé de faire des leçons, d’orga-

miser des excursions où non seulement les enfants, mais encore leurs parents peuvent assister. Enfin, à l'examen correspondant à notre certificat d’études primaires, on exige la connaissance des champignons dangereux et mortels. En France, tout est à faire. Si la Société de Mycologie s’est évertuée à répandre dans le publie des images et des descriptions de champignons vénéneux, malgré tout, ses excursions sont rares et bien peu fréquentées; on en parle beaucoup, mais, le moment venu, chacun se récuse. Les promenades botaniques du Museum ou de l’École de Pharmacie n’ont pas, en général, beaucoup plus de succès. Mais, surtout, ce qu’il y a de déplorable, c’est qu’un jeune docteur puisse quitter la Faculté de Médecine sans avoir jamais entendu parler des champignons vénéneux. Pas une seule leçon n’est consacrée aux Amanites, pendant les cinq années que les étudiants passent à l’École; les livres classiques mentionnent à peine l’intoxication fongique; les gros traités, si prolixes sur quantité de points accessoires, sont d’une brièveté regrettable sur ce sujet, et cependant, que de victimes nous avons à déplorer chaque année! Il serait pourtant, il nous semble, possible d'installer au Musée Dupuytren, à côté de la fameuse vitrine des para-

‘sites, bien connue des candidats à la deuxième partie du

troisième doctorat, une collection en cire des principales espèces comestibles et vénéneuses des champignons de France. Leur connaissance devrait être exigée à un examen, car nous estimons que tout médecin doit savoir reconnaître :

Amanita phalloides — citrina —— verna Volvaria gloicephala Amanita pantherina — muscaria

| Espèces mortelles.

Espèces dangereuses.

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