‹ Lionel Duvernoy [microforme]Chapitre 4 sur 8 · ASTON · texte numérisé non relu

ASTON

Plaisir que À + dernières 2 Je vous ai qu'elle me 1 s beaucoup à finion sur À itéresse de à lire comme À uable, elle * elle a vu. à rté de nou- À ie dans sa 4 ppé, elle à * s-d’oeuvre. 4

des arts, des monuments, des curiosités, rassemblés en si grand nombre en France, en Italie. Combien de choses intéressantes, passées inaperçues, ne m'a-t-elle montrées, me laissent étonné de mon manque d'attention sur ce qui aurait dü frapper mon imagination

En me communiquant ainsi ses impressions, elle m'a fait connaitre jusqu’à quel point elle possédait cette sensibilité, cette grandeur d'âme que l’homme doit le plus apprécier chez celle dont il veut faire la compagne de sa vie.

Edgard, plus je lis Mademoiselle Laure, plus je me sens le désir de la connaïtie personnellement. Qui est-elle ? pourquoi ce mystère ? Voilà les questions que je m'adresse vingt fois le jour.

Malgré toutes les démarches que j'ai faites, je n'ai pu rien découvrir. Comme elle me l’a dit, c'est inutile ; je ne saurai rien sans son consentement. Mais ce consentement, quand me le donnera-t-elle? Edgard, je ne me comprends plus; je suis inquiet ; si une lettre de Laure retarde, je sens un malaise incapable à définir.

Qu'est-ce que j'éprouve? Je ne pourrais le dire. Vais-je m'éprendre d’une femme que je ne connais pas?

Avez-vous jamais entendu parler d’une chose semblable? est-ce que l'on peut aimer sans connaitre l’objet aimé? Rassurez-moi, Edgard, dites-moi que je n'ai jamais aimé, l’a-

mour je ne le connais pas. Donnez-mc les noms qu'il vous plaira, traitez-moi d de niais, d'écervelé, j'accepte toutes les c cations, pourvu qu'elles me sauvent

amoureux, et amoureux de qui? grand voilà ce qui est le plus cruel.

Où est-elle cette femme? Je voudrais voir la tenir et l'étrangler, pour la pur tous les tourments qu’elle me cause, po:

apprendre à ne pas avoir tant d'esprit, et :

ainsi les gens à ne pouvoir plus se pass ses écrits du moment que l'on en a reçu ques uns?

Oui, Edgard, voilà où j'en suis rendu, la vilaine me payera tout cela si jamais rejoins. La semaine dernière, furieux d’ échoué dans une recherche que je croyais fois mener à bonne fin, je lui écrivis une | fort peu aimable, dans laquelle je ne diss lais nullement mon mécontentement ; voi qu'elle me répondit :

“Monsieur,

“Il était huit heures, assise à ma fenêtre puis quelques instants, j'était ensevelie | une de ses muettes contemplations de la ture qui remplit l’âme d’un bonheur m; rieux, en nous rapprochant pour ainsi dir Souverain Maitre. Le jour allait bientôt fin ciel était pourpré des feux mourants de À bus, tandis qu’à l'horizon l'astre majestt

nez-moi tous -moi de fou, :s les quilifi-

ivent d'être 1

grand Dieu,

judrais poula punir de se, pour lui

rit, et forcer *

e passer de 1 reçu quel-

rendu, mais amais je la

eux d’avoir !

royais cette À s une lettre « ne dissimu- 4 it; voici ce É

fenêtre, de- 2 velie dans * de la na-% ur mysté- * isi dire du # tôt finr, le # s de Phoé- # najcstueux 2

s nuits montait lentement dans la nue. L'air ait embaumé des suaves parfums des moisns et des fleurs. Aux appro:hes du soir tout taisait autour de moi, le calme le plus parfait ‘environnait. ej me sentais heureuse, émue, tte solitude me plaisait. Mes pensées s'en- Dlaient vers vous, je me disais: Que fait-il à Ætte heure? ai-je réellement, comme il me le t, pris quelqu'ascendant sur son coeur? se purrait-il que, sans me connaître, je fusse Muelque chose pour lui? Non, je ne puis le doire, c'est l'inconnu qu'il cherche, c’est le ystère qu'il veut approfondir, mais ce n'est as la femme qu'il veut aimer.

“J'en étais à ce point de mes réflexions, lorse l'on vint me remettre votre dernière lettre. e l'espérais depuis longtemps: vous vous êtes ait attendre, mais en revanche quelle tirade. Je € vous ai jamais connu aussi bourru. Des enaces, je crois que vous m'en faites: vous ’ordonnez de cesser cet icognito, vous me ites que vous ne pouvez plus vivre ainsi, qu'il e fallait pas vous écrire, persister dans ma réjolution de ne pas me faire connaître n’a plus sens comun. Mais, monsieur, c’est préciséent ce qui vous plait, tout ce qui est dans ordre naturel des chose n’a pas pour vous l’atrait de l'extraordinaire. Si je ne vous avais amais écrit, si vous m'aviez connue dans un aion, malgré toutes les peines que je me se-

rais données pour vous être agréabl m'auriez oubliée l'instant d'après, pou mais plus vous souvenir. Vous aurie être dit: C'est une femme d'esprit; m fémmes d'esprit on en trouve partot m'accusant de ne pas avoir le sens cc vous me faites beaucoup de plaisir, Preuve que je ne vous suis pas tout à différente. Vous voyez jusqu'à quel p tiens à vous plaire, puisque je consen:

raître ridicule pour cela. Oui, je suis he en pensant que souvent votre esprit est de mc: ; c’est une si grande joie de se ser cessaire à quelqu'un, que je ne puis me « à vous obéir. Je veux plutôt braver COurroux, car, écoutez-moi, Gaston,si vo voyiez, tout ce que vous me dites ép Pour moi sans me connaitre disparaïtrai suis sûre. Si je ne réponds pas à l’idée qu vous êtes faite de ma Personne ; si je suis par hasard; si vous avez cru avoir aff, une jeune fille à l’âge des illusions, des à l’âge où l’on ne connait pas encore les € tions, les revers du monde, à l’âge heuret fin où l’on aime, on l’on peut être aime que vous rencontriez à sa place une :

femme presqu'une grand’mère.

“Dites, que ferez-vous. Vous me détes souverainement, vous m'accuserez de avoir trompé, cependant je ne vous ai ja

gréable, vou: @arlé de moi-même, je vous ai laissé tout des, Pour ne ja 1 iner, et il faudrait pour cela perdre en un in- * auriez peut Mtant, dans votre opinion, tout ce que m'a acrit; mais de: Muis ma correspondance avec vous au moyen Partout. E: @u pseudonyme? Ah! Gaston, vous vous dites ens commun Mhalheureux à cause de moi, mais ne suis-je pas aisir, c'est l @lus à plaindre que vous? vous m'ignorez, je out à fait in. ous connais ; je vous avais vu vingt fois avant quel point j: Me vous écrire, sans vous avoir jamais parlé j'aonsens à pa Æais déjà compris tout ce que vous étiez pour suis heureus Moi; maintenant que j'ai lu dans votre âme, rit est occupe ue vous m'avez appris votre caractère, que se sentir né Æai découvert jusqu'à quel point vous possédez is me décide: es qualités appartenant à l'idéal, que tous raver votre Mnortel dans des moments de douces rêveries n,si vous mele créé au début de la vie, comprenez-vous ce tes éprouver ue je souffre?

raitrait. J'er Æ dée que vous:

je suis laide:

ir affaire if s, des rêves * re les décep-# heureux en-* e aimée; et 1 une vieille 4

“Oui, comme vous me l'avez dit, je n'aurais pas dü vous écrire, ne vous voyant plus j'auais peut- être oublié! Mais votre parole parenant jusqu’à moi, avait des accents qui me aisaient ravie, charmée. Après vous avoir lu, e voulais vous relire. Lorsque ous me disiez : aure, je vous aime. Insensée, je répétais, il m'aime. Ai-je pu le croire? est-il possible, duant près de trois mois j'ai pu m'abuser au point d'oublier que j'étais l'énigme du sphynx, Qu'il fallait à tout prix deviner, vous pouviez avoir recours à tous les moyens, même emprunter le langage de la passion, auquel nulle

Bt e détesterez* z de vou” S ai jamaisé

femme ne peut entièrement fermer son lorsqu'il est dicté avec cette éloquence Prsuasion dont vous possédez le secret :

“Ah! monsieur P, vous connaisse: l'empire que vous pouvez avoir lorsqu le voulez, vous n'avez rien épargné! Me Pourquoi m'avoir traitée sans pitié? Mai:

je vous faire des reproches, n'ai-je pas c.

la première faute ? Désormais je n'ai plu souffrir en silence. Qu'allez-vous dire « vrant cete lettre? Je n'ose y songer. Si alliez cesser de m'écrire! Mais non, nor impossible, Rassurez-moi bie n vite par réponse. Vos épitres seules, maintenan le pouvoir de Captiver toute mon atte Les romans, mes favoris autrefois n’ont d'intérêt pour moi. Que sont ces lecture comparaison de tout ce que vous me dites Savez-Vous pas mieux que personne rend:

sentiments de l'âme, nous transporter dar lieux, décrits avec tant de précision, éblouir par le tableau des endroits délicieu VOUS avez passé, dont vous nous donnez ainsi dire le panorama Par une définition n’omet ni n'oublie?

“Voilà pourquoi contre tant d’éloquenc suis demeurée sans force Pour vous ca mon secret. Je viens de tout vous avouer commençant cette lettre j'avais la ferme r lution de ne vous laiser rien savoir. Oh

Æougis de ma faiblesse ; jamais vous ne me con- SF On Coeur Apprenez le donc, il y a une femme 7 en 004 Mans le monde qui souffre quand vous souffrez, secret? ont le regard se voile de larmes quand vous naissez tout Ætes triste, elle donnerait vingt fois sa vie pour lorsque vous Ææous rendre heureux, mais elle mourra sans 1é! Méchant, ue vous l'ayez jamais reconnue, plutôt que de ? Mais puis. erdre l'estime, l'intérêt, l'amour même, que pas commis Sous dites éprouver pour elle, et qui pourrait l'ai plus qu'à S'évanouir à sa vue, comme un beau songe au dire en ou. Æéveil subit du dormeur.

ger. Si vous * “LAURE.” on, non c'est © Z te par votre # Edgard, ne suis-je pas le plus malheureux

es mortels? Dites, cette femme n'a-t-elle pas té créée pour me tantaliser, si je puis me sern'ont plus ir de cete expression ? Les dieux de l'antiquilectures, en ư n'ont jamais inventé de semblables supplices e dites? Ne Pour tourmenter les humains ? Je n’y puis plus enir. 11 faut que je découvre cette inconnue. Quelle soit laide, vieille, difforme, n'importe, j'aime mieux cela que l'incertitude. Qu'on me rappe en pleine poitrine, c’est fort bien, j'aconnez pour M °Pte le coups en homme de coeur, mais susinition qui pendre au-dessus de ma tête l épée de Damoclés, sans qu’elle ne s’abatte Jamais en me me- Mnacant sans cesse, c’est insupportable, la position n’est plus tenable,

La curiosité me dévore, je sens mon cereau en feu, et ce qu’il y a de pis c’est que je rains fort d’avoir pour toujours perdu cette

ntenant, ont n attention.

> rendre les # ter dans les * sion, nous :

lélicieux où

oquence je :

us cacher 2 avouer, en À erme réso- M . Oh! je

quiétude dans laquelle je vivais, qui étai moi la plus grande garantie contre ce:

grins de coeur que j'éprouve aujourd’h sujet desquels j'avais bien souvent plai

Edgard, écoutez-moi. Jusqu'à présen vais ignoré l’ascendant que pouvait pr une femme sur moi, Comme Laure me sait, l'amour je ne le connaissais pas. J croyais un philosophe, je n'étais qu'un er Si Laure n’est Pas un monstre, comme je père, je sens combien je serais heureux de voir passer ma vie auprès d'elle, et pot bonheur je suis résolu de tout tenter.

Je pars immédiatement pour Beloeil, sont datées ses lettres. Souhaitez-moi bon cès. Les voeux d’un ami ne peuvent que porter chance. Avant de prendre le train

cris ces quelques lignes à Laure:

“Mademoiselle,

“Vous m'’aimez, dites-vous, et vous s:

que je vous aime. Donc s’il ya entente e nous vous n'avez plus le droit de me tra comme vous le faites. Votre devoir est de v nommer. Vous souffrez, je souffre, lais:

moi enfin le pouvoir d'aller vous consoler Oublier près de vous tout ce que vous m'au fait endurer. Laure, que vous ai-je fait p me traiter avec si peu de confiance. Ne say VOUS pas que pour moi le physique est très I de chose, c’est la beauté de l'âme que je

ui était pour Merche avant tout. Si donc vous êtes laide, tre ces cha. Je vous aimerai laide, et ne voudrais pas vous ourd’hui, au Mpir belle, car ce ne serait plus vous. Ne comit plaisante rez plus mes sentiments aux beaux songes ; s sont bien réels, vous me feriez injure en butant encore de ma sincérité.”

présent j'a.

ait prendre

re me le di. Edgard, ne me regardez pas trop comme un pas. Je me on Quichotte de la Manche. Tous les homrun enfant. es ont leur folie, moi j'ai celle de courir nme je l'es. MPrès l'inconnu, et j'irais, comme Enée, juseux de pou- ‘aux enfers pour le découvrir.

et pour ce 1 GASTON.

D à Beloeil, 187...

o1 bon suc- 4 Monsieur ar es nt que me. eur Edgard T e train j'é Æ Edgard, je vous envoie qu'un mot pour vous Mouver que je suis encore de ce monde. Vous cz de graves inquiétudes à mon sujet; eh ous savez en! rassurez-vous. Gaston n’est ras mort, ente entre Maston vit encore. Le mutisme que j'ai gardé me traiter PUIS un mois avait pour cause le dépit. Je it de vous avais rien reçu je n'avais rien découvert de Se tte fée mystérieuse, dont le souvenir me han- PER et Bit comme un cauchemar. J'étais une risée, il s re ‘ * Ée :

Æ) avait plus à douter: itenidais vos sars m'aurez M Ava plus à louter; j'entendais , fait pour ÆSMES Vos rires railleurs, qui arrivaient à '. . : .

Ne savez- °s oreilles comme des sons discordants, just très peu ac dans mon sommeil, et me réveillaient en : dbrsaut, J'envovais re à tous les diables ue je re- # J'envoyais Laure à tous les ;

ns am ie ar

Hi

Î ji |!

souvent vous avec elle. J'aurais voulu :

voir au fin fond de la Chine. Les Chinois

pas d'idées extraordinaires, et laissent les

naux de mon espèce se renfermer autant

le veulent dans leur scepticisme, sans j avoir la fantaisie de les en tirer. Le peu l'assafoetida me semblait le plus sensé dec dans mes moments de rage. Au moin disais-je, ces gens là, s'ils ont de l’inve ce n'est pas pour tourner le moral. La était devenue le pays de mes rêves : j':

voulu être tourné en chinois, en véritabl.

nois, avec des yeux taillés en saucier, une se de cheveux me descendant sur les talo un esprit de chinois; ce n'était pas tro mander pour être délivré des tracas que 1 me causait. J'étais dans ces dispositions, qu’en fin hier, hier seulement, on me rem petit billet tout rose, parfumé, plié ave chic tout particulier. C'était bien à elle, : dresse j'avais reconnu l'écriture. Tou qu’elle fait est bien fait. Encore un toi plus pour me faire tenir aux Chinois. Je sais ouvrir, je demeurais là, bètement, de ce pli, comme s’il allait me jouer un mai tour. Qu'allait-il m'apprendre, il y ava longtemps que je n'avais reçu de ses

velles. Ne valait-il pas mieux jeter le tou feu et en finir? Mais non, je veux savoir, d

voulu me re Æ Dre : ne Chinois n'ont Main rassurée je brise le cachet. Voici ce que E . . Mai lu:

ent les origi. À

autant qu'ik Æ “Le spectre de la mort est bien fait pour sans jamai

Mriser les résolutions les plus déterminées.

Le peuple de Æ'était décidé je ne voulais plus vous voir; nsé de tous, à vous en avait trop dit, je m'étais condamnée | moins, mt Ÿ garder éternellement le silence, lorsqu'un l'invention Mir vint frapper à ma porte un être hideux à La Chine Maspect décharné. Il ne marchaït pas, il semres; j'aurai lait se trainer péniblement. Son regard était éritable chi Mague, son teint pâle et livide, I] s’avança lener, une tres ment vers moi, s’assit à mon chevet et m'enes talons, « : Sant de ses bras: Viens, dit-il, Caron t'attend :

as trop de. 1 ns que je pusse me défendre, il m’entraina

s que Laure M1 t vers la baique fatale. C’en était itions, lors. Mit de moi; j'allais passer le Styx pour entrer ne remit ur noir Tartare, lorsque le nocher des enfers, ié avec url oubliant pas ce qui lui était dû, s’informa si

Pouvais payer le tribut. Sur ma langue

elle, à l'a- 4 "1 $ Mlle pièce: mon conducteur honteux de sa

Tout ce un tort de.

is. Je n'o4

ais il m'a fallu plus de trois semaines pour venir de si loin. Dans ce voyage terrible, Mtre souvenir me POursuivait sans cesse: ne uS vous revoir était mon plus grand chain, et aujourd’hui, après avoir été sur le bint d’être séparée de vous Pour toujours, je me sens plus le courage de refuser la dende que vous me faites dans votre dernière

> ses not-:

voir, d’une A

lettre. Venez donc demain soir à la den de Madame M., qui se trouve sur la £!

route vous la connaissez bien; je sera i au jardin et vous attendrai.

“Ne frappez pas, ouvrez tout simpleme barrière venez me trouver au fond de 1 principale, où il y a un berceau.

“Adieu, Gaston, je tremble en vous a dant cette faveur. Qu'allez-vous pense moi.

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