‹ Lionel Duvernoy [microforme]Chapitre 6 sur 8 · GASTON · texte numérisé non relu

GASTON

À Monsieur Edgard T...

Edgard, acourez bien vite. Je l'ai vue enf non en rêve, non en fumée, mais bien en ch et en os. J'ai entendu sa voix, qui m'a seml la plus suave musique qui ait jamais rete à mon oreille. Jai senti sa petite main tre bler dans la mienne, et j'ai cru devenir fou bonheur. Elle était bien réellement là, :

Laure bien-aimée, dans ce berceau que je t nis, ce n’était pas un monstre, ni une viei aux cheveux blancs; non, c'était une charma te figure, une jeune fille dans toute sa fr:

cheur et sa grâce. C'était, devinez; je ne vo le donnerai pas en cent, je ne vous le donne: pas en mille, ce style est passé, et je ne ve: plus me souvenir du passé, le présent se m'intéresse. Cette femme, je l'avais déjà vt se peut-il que j'aie passé devant elle sans de ner quelle âme se cachait sous cette délica enveloppe? Je n'ai su que vous dire: elle a « fort beaux yeux noirs, un nez quelque peu fi pon, une bouche moqueuse. Je viens de vo la nommer. Oui, c'était elle; Alice de C.e mon inconnue, ma déesse, ma fée, ma fir mouche enfin, que je ne veux plus laisser s’e: voler. Oh! Edgard, le plus heureux mome que j'ai encore éprouvé fut hier soir lorsque: trant dans cette mystérieuse allée, où l’on m’, vait donné rendez-vous, je l’aperçus sur u

ue enfin; en chair a semblé s retenti in tremir fou de t là, ma ue je bé- 1e vieille harmansa fraine vous donnerai ne veux ent seul léjà vue, ins devidélicate elle a de peu fride vous e C. est ma fine ser s’enmoment rsqu'en- ’on m’asur un

banc d'osier, timide et tremblante à mon approche; elle n'avait osé se lever, mais me tendant la main elle murmura bien bas, tandis que son doux regard s’abaissait vers le sol pour voiler une larme :

—Gaston, pardonnez-moi.

Lui pardonner! qu’avais-je à lui pardonner ?

de m'avoir fait connaitre une vie toute nouvelle? de m'avoir révélé un bonheur qui sans elle aurait toujours été Pour moi un mystère ?

N'était-ce pas à moi de lui demander pardon de l'avoir méconnue à ce point, de l'avoir fuie lorsque j'aurais dû le premier aller rendre hommage à tant d'esprit, de talents, de qualités réunis? Aussi, vous concevez avec quelle humilité je m'accusai de tous mes torts, en lui demandant de ne pas me hair, d’avoir pitié de celui qui désormais ne pouvait plus vivre sans elle, Son silence, son trouble, son émotion, me montrèrent assez, tout ce que je devais espérer.

Pour la première fois son regard rencontra le mien, je demeurai fasciné sous de charme de ses deux grands yeux noirs. Alors je sentis une main se poser sur mon épaule et

une voix qui me fit tressaillir prononça ces paroles :

—Ah! Gaston, je vous l'avais bien dit qu’il n'allait vous départir de vos travers.

Je me détournai suibitement, c'était :

mère.

Edgard, j'étais la victime d’une conspirati

Comme un lâche, j'avais fui le danger et danger avait couru après moi. Mais je ne en veux pas trop de m'avoir attrapé. Vc voyez j'avais raison lohsque je disais : ma mi n’est pas une personne à abandonner ce qu'’e a entrepris; en cette occasion elle a réussi : delà de ses espérances. Je suis devenu amc reux fou de ma petite Alice, et c’est bien le « de dire: Ce que femme veut Dieu le veut.

Accourez vite, Edgard, je n’attends plus ç vous pour accomplir l’acte solennel qui d assurer mon bonheur.

Page 1