ACTE PIIEMIRR
Je m étais dit : « Mademoiselle de Birague ne pourra pas la remercier sans lui assurer une pension honorable; de son côté, mon élève lui devra une belle chandelle... » Je vous voyais déjà établie à Avignon avec dix mille livres de rente...
MADAME IIÉLIER.
Dix mille?... ■
SAINTE - AGATHE
Plus ou moins... dans une petite maison entre cour et jardin, dont mon noble ami n'a que faire, et dont il m'a cédé l'usufruit...
MADAME IIÉLIER, se rapprochant de la table.
Où je finirais mes jours près de vous, Alphonse!
SAINTE-AGATHE
Je n’osais pas vous en parler, de peur d'être encore accusé d’égoïsme.
MADAME IIÉLIER.
Pardonnez-moi I Je suis uno ingrate, asseyez-vous. (u> *<•
rasseyent mus deux de chaque côté de la table.) VOUS avez rü i 'On :
une femme fera tout ce qu’elle voudra d’Adhémar; Catherine ne peut pas trouver de meilleur mari.
SAINTE-AGATHE
Quand je vous le disais !
MADAME IIÉLIER.
Mes instructions?
SAINTE-AGATHE
Persuadez à Catherine d’accepter, au moins en apparence, la cour d'Adbémar, voilà tout.
MADAME II ELI ER
Comment le lui persuader?
SAIN TE- AG A THE
C'est bien difficile I N’csl-elle pas suffisamment agacée des poursuites du baron? Démonlrez-lui qu'en écartant tous les prétendants, elle crée au d’Estrigaud un monopole dangereux.
MADAME DÉLIER
Il est bien habile!
SAINTE-AGATHE, «« letont.
Trop, j'imagine... Le moment venu, je le mettrai dans ma poche, avec mon mouchoir par-dessus.
MADAME HÉLIE R
.Méfiez-vous aussi de la comtesse de Prévenquière; je la crois dans les intérêts du baron.
SAINTE-AGATHE
Soyez-en sûre. Mais, qui sait? cela ne durera peut-être pas.
( Tirant sa montre.) Assez causé; j’ai rendez-vous avec l’abbé Poirel.
MADAME HÉLIER
Alphonse I...
SAINTE-AGATHE
Faites ce que je vous ai dit, et ne vous inquiétez pas du reste.