AD HÉ U A R
J’en abuse! Tant pis pour eux, c'est leur faute! Si vous saviez quelle vie de séminariste je menais là-bas! Traité en écolier, à mon âge! Les réunions dévotes! le boston le soir, avec de vieilles dames! Cinquante francs par mois pour mes bonnes œuvres... les seules d'ailleurs qu’une surveillance monastique me laissât la liberté d’accomplir!... Co n’était pas gai, je vous assure. Aussi , quand je vis miroiter devant moi un voyage à Paris avec une somme rondelette à ma disposition , je me crus le maître du monde et je partis, me promettant do no
rien faire pour capter votro bienveillance; car, malgré tous les raisonnements de M. de Sainte-Agathe, je no trouve pas propre d’é(iouser une femme pour son argent; c’est même cette pensée qui in’a empêche de devenir amoureux de vous... Pourquoi riez-vous?
CATnKBINE.
Parce que je suis contente. Voilà enfin un homme de cœur.
(Cul tendant les deux mains par-dessus la table.) Ronjour, COUSin. C CSt
bien le même sang que nous avons dans les veines, ce bon sang qui ne peut mentir... Mais quedirait M. de Sainte-Agathe s’il découvrait que son élève est un brave garçon?
A D II É U A R , debout.
J’en frémis. II ferait son rapport à mon auguste famille, qui me rappellerait daro daro à Valtravers, ce château de la Vieille au bois dormant.
CATHERINE
Et vous n’ètes pas pressé de quitter Paris?
AD1IÉMAR.
Oh non! je m'amuse!!... comme je ne l'avais pas fait depuis vingt-cinq ans. J’avais quelques lettres de recommandation pour d'anciens amis do mon père. Ces messieurs ont des fils très-gentils qui se sont chargés de me cornaquer (un mot que je no connaissais pas). Ils m’ont présenté à leur cercle (a part.) et ailleurs (iiout ), et je rattrapé le temps perdu, jo vous en réponds. Oh! non, je ne suis pas pressé de retourner là-bas! J'aurai même un petit service à vous demander... quand nous gérons tout à fait bons amis.