‹ Lions et renards comedie en cinq actes, en proseChapitre 50 sur 138 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

je lui ui fait entendre la voix de la raison , j'ai parlé avec l’éloqucnco du cœur... En fin de compte, elle a demandé du temps pour réfléchir, et je viens réclamer votre appui ù tous deux pour achever mon œuvre.

OC T AVI E

A vous parler franchement, monsieur, nous avons, le comte et moi, un autre candidat.

PRÉ VENQUIÈRE.

Oui, le baron d'Estrigaud.

SAINTE-AGATHE

Le baron d'Estrigaud? M. le comte ne parle pas sérieusement, je suppose?

OCTAVIE

Pourquoi donc pas?

SAINTE-AGATHE

Un homme usé! un homme de la seconde jeunesse! dont la première a été si peu exemplaire !

OCTAVIE

Ces hommes- là sont parfois les meilleurs maris.

Qui a eu toute sa vie des liaisons scandaleuses!...

PRÉYENQÜ1 ÈRE.

C’est de l'histoire ancienne.

SAINTE-AGATHE

Pas si ancienne. N’était-il pas en tiers, il n'y a pas longtemps, dans lo ménage d’un agent do change?

PRÉVENQUIÈRE.

D’un agent de change ?

SAINTE-AGATHE

A co que j’ai entendu dire. On faisait même celte plaisanterie que, le baron étant spirituel et beau, le mari béte et laid, il était juste que ce dernier payât les différences.

PRÉVENQUIÈRE, inqulcl.

Comment s'appelait cet agent de change?

Je n’ai pas même demandé son nom I Jo n'ai jamais été curieux de scandale. Je crois d’ailleurs qu'il est mort.

PRÉVENQUIÈRE, te levant.

Ah! il est mort? Et sa veuvo s’est remariée?

SAINTE-AGATHE

Je ne vous dirai pas... je n'éeoulais que d'une oreille. Mais, pour peu que cela vous intéresse, jo suis en mesure d'avoir les détails les plus précis.

PRÉVENQUI È RE.

Oh! mon Dieu, non... je n'y liens pas autrement.

ACTK DEUXIÈME.

SAINTE-AGATHE

No fùt-ce que pour édifier madame la comtesse sur les mérites de son protégé.

OCTA VIE.

Ma protection n’est pas assez active pour que vous preniez tant de peine.

SA1NTE-AGATII E.

Pardonnez-moi, madame; mon élève et moi, nous y attachons beaucoup de prix, et nous ferions tout au monde pour nous l’assurer.

OCTAVIE

Contentez-vous de ma neutralité.

SAINTE-AGATHE

C’est déjà quelque chose, c’est assez pour le moment ; mais j’espère que je mériterai mieux. Je cours chez la duchesse de Morvan, et je reviens achever la soirée auprès de vous, madame, puisque vous daignez le permettre. Monsieur le comte, à tout à l'heure, (a pan.) Débrouillez-vous, mes petits amis.

( Il sort. )

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