‹ Liquéfaction des gazChapitre 20 sur 26 · DOTE · texte numérisé non relu

DOTE

sur les grands froids pour détruire les épidémies d’origine microbienne.

Applications de l’airliquide.—Les machines Linde semblentappeléesäse répandrerapidementetl’on trouve déjà, surtout dans les publications étrangères, de nombreuses recherches sur les propriétés des corps aux températures très basses que peut donner l’air liquide. Les résultats obtenus sont parfois tout-à-fait nouveaux et notablement différents de ceux que pouvaient faire prévoir les faits observés à des températures plus hautes.

Ainsi, MM. Fleming et Dewarontvu que, pour la glace, la glycérine et tous les corps organiques qui présentent, à la température ordinaire, une constante diélectrique énorme, ce coefficient diminue avec la température et n’a plus, au point d’ébullition de l’air liquide, qu’une valeurnormale comprise entre 2 et 3. Pour la glace pure, on a les nombres suivants :

Température . . . — 100,2 —63°,8 — 1140,0 — 175°,0 — 206°,0 Const. diélectrique. 67,8 46,8 0 0071802715 2, 43

L’addition de divers sels à l’eau congelée modifie cette constante dans des proportions très variables, De — 40° à — 200°, la constante de Ja glycérine s'abaisse de 60 à 3,01

La conductibilité des électrolytes diminue beaucoup avec la température et serait probablement nulle au zéro absolu : à cette température, la constante diélectrique, à ce qu’il semble, s’écarterait peu du carré de l'indice de réfraction; en même temps, la résistivité électrique tendrait à devenir infinie.

D'après une remarque de Clausius, la résistance des métaux purs devrait au contraire s’annuler au voisinage du zéro absolu. Des expériences récentes de M. Trowbridge et de M. U. Behn semblent indiquer qu’il en serait de même pour la chaleur spécifique de certains métaux. M. Behn a observé en effet que cette grandeur, mesurée entre + 100° et — 182°, décroît très rapidement aux basses températures. de sorte que la courbe figurative semble

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passer par une valeur nulle au zéro absolu. Peut-être en sera-t-il encore de même pour d’autres propriétés.

L'air liquide a permis encore de constater la disparition des affinités chimiques aux basses températures: certaines substances phosphorescentes perdent cette propriété, tandis que d’autres substances, comme la'paraffine, l’acquièrent dans ces conditions.

M. Dewar a montré, en 1895, l’aftaiblissement de la sensibilité des préparations photographiques et la suspension de la phosphorescence aux basses températures fournies par l'air liquide. MM. À. et L. Lumière ont vérifié récemment que ce dernier phénomène se produit à uue température d’autant plus basse que la phosphorescence initiale est plus intense, quelle que soit la cause de cette intensité primitive. j

MM. Ramsay et Travers, ayant soumis à la distillation fractionnée 800 cm° d’air liquide, et retiré l'oxygène, l’azote et l’argon, obtinrent un résidu de 10 cm, dont le. spectre d'absorption présenta des raies inconnues : ils constatèrent ainsi la présence d’un nouveau corps simple, appelé krypton.

L'airliquide peut être obtenu aujourd’hui à unprix assez bas pour qu’on puisse l’employer à quelques usages industriels, tels que la fabrication des explosifs et l’extraction de l'oxygène.

Si l’on mélange de l’air liquide, ayant perdu par vaporisation une grande partie de son azote, avec du charbon de bois pulvérisé, et qu’on ajoute au mélange un tiers de son poids de coton, on forme une sorte d’éponge, qui peut remplacer la dynamite, mais qui perd ses propriétés. au bout de 15 minutes. On est donc obligé de préparer cet explosif sur place, mais on est à l'abri des explosions tardives, des vols de matière, etc. La préparation de 1 kg de cette substance n’exige, d’après M. Linde, que la dépense de 4 à 5 chevaux-heure. Ce procédé, quia été essayé dansune mine de charbon de Penzberg, près de Munich, va être appliqué au percement du tunnel du Simplon, entre Brigue et Domo d'Ossoda: on a déjà installé, pour

cet usage, deux machines Linde produisant 6 à y litres

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