ROULE
leur nécessaire pour assurer à l'oxygène un certain degré de pureté. Deux robinets c 4 règlent également la division de l’air comprimé, à l'entrée de l’apparei!, de manière que la température des deux gaz à la sortie soit égale, et inférieure de quelques degrés seulement à la température initiale de l'air. De cette façon, l'oxygène et l'azote ne quittent l'appareil qu'après lui avoir repris toute la chaleur qu’ils avaient cédée ense refroidissant et se liquéfiant, et la machine n'a à produire que le froid nécessaire pour compenser les pertes dues à l'imperfection des échangeurs et au rayonnemeni.
Les essais ont démontré qu’on peut obtenir ainsi, par cheval-heure, 1 m° d'oxygène à la pression atmosphérique et à la température ambiante.
En estimant le cheval-heure à 2,5 centimes, avec un moteur à gaz pauvre, le prix actuel du mètre cube d’oxygène serait donc de 2,5 centimes; mais il doit descendre bien au-dessous de cette valeur.
M. Dewar a, dit-on, imaginé un appareil analogue.
Il va sans dire que la même méthode peut s'appliquer à la séparation d’autres mélanges gazeux.
Le gaz très comburant obtenu avec l'appareil précédent est, paraît-il, utilisé par M. Borchers pour fabriquer le carbure de calsium en chauffant directement lemélangede chaux et de charbon, sans faire intervenir l'énergie électrique. Le procédé est à l'essai à l’usine de Néheim, près d’Aix-la-Chapelle, où l’on emploie une machine produisant 50 m° d'oxygène pur par jour.
L'oxygène extrait de l’air liquide pourra peut-être s’appliquer encore aux fours à acier Martin, à la navigation sous-marine, aux scaphandres, au vieillissement des eauxde-vie et à la purification du chloroforme. On a proposé d'employer l'oxygène ainsi produit pour remplacer l'acide nitrique dans les chambres de plomb et l'on a tenté, mais sans succès jusqu'ici, de l'utiliser pour la fabrication du chlore par le procédé Deacon.
Applications de l’hydrogène liquide. — M. Dewar a indiqué aussi une intéressante application de l'hydrogène
a jar
liquide. « Les températures absolues d’ébullition de l'hydrogène, de l’oxygène et du chlore sous la pression atmosphérique sont respectivement à 35, 90 et 240 degrés absolus; en d’autres termes, l'oxygène bout à une température 2,5 fois plus élevée que l’hydrogène. On en conclut que l’hydrogèneliquideconstitue,pourl’air, un agent réfrigérant du même ordre que ce dernier pour le chlore. Or, à la température de l'oxygène bouillant, le chlore est un solide dur, à 80° au-dessous de sa température de fusion, et possède une pression de vapeur extrémement faible. Lorsque l'hydrogène liquide congèle l’air contenu dans un tube scellé, on peut prévoir qu'ilne restera plus, dans le tube, de pression d’air appréciable.»
En appliquant en effet, par extrapolation, les formules de Gibbs à la température d’ébullition de i’hydrogène, on trouve pour l’azote une tension de vapeur d'environ 0,001 mm de mercure et, pour l'oxygène, une force élastique vingt fois plus faible ; encore ces valeurs doiventelles être trop fortes, puisqu'on supposè que l’état liquide se conserve.
L'expérience a vérifié ces prévisions. Un tube, rempli d’air sous la pression admosphérique, est plongé, par son extrémité ouverte, dans un vase à double paroi vide contenant de l'hydrogène liquide ; ce vase est entouré lui-même d’un second récipient analogue plein d’air liquéfié. L'air du tube se rassemble bientôt, à la partie inférieure, en gouttelettes qui ne tardent pas à se congeler, et l’on peut séparer, en la fermant au chalumeau, la partie supérieure, où règne le vide de Crookes. Si l’on a soin de préparer le tube de manière à enlever les gaz condensés sur les parois, on obtient, après l'avoir rempli d'air sec, un vide si complet que l’étincelle électrique refuse de le traverser.
L'hydrogène liquide étant encore très coûteux, on pourrait peut-être, au moins provisoirement, obtenir un vide suffisant pour la plupart des applications en se servant d’air liquide ou en remplissant d’abord les tubes d’ un gaz ‘plus facile à condenser.
eries
Constantes dès principaux gaz. — Nous donnons cidessous, pour terminer, les constantes physiques des Principaux gaz, empruntées à divers auteurs :
Bordrt|pRÉSSIoNl à tPoivr POINT DE FUSION DENSITÉ DU LIQUIDE eng critique | d'ébullition Pression at Température PART EN Degrés |Atmosp.| Degrés Degrés | Millim. Degrés
Hydrogène .. !... — 234,0 | 20 243,0
OxRenÉMET.S 1 — 118,0 | 50,0 |—181,5 1,124 |— 181,4