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RÉDUCTION DES GAZ PERMANENTS EN LIQUIDES STATIQUES

État de la question après les expériences de M. Cailletet’et de M. Pictet. — Nous ne pouvons mieux faire ressortir l’importance réelle qu’on pouvait attribuer aux expériences de M. Caïilletet et de M. Pictet qu’en reproduisant le jugement émis par Jamin à l'Académie des Sciences, le 24 décembre 1877: «La possibilité de liquéfier ou de solidifier l'oxygène est maintenant démontrée. Les deux expériences se valent : celle de M. Pictet ajoute peu à celle de M. Cailletet, car, si le premier annonce avoir vu l'oxygène se précipiter à l’état liquide, tout semble indiquer qu’il n’en a eu qu’une vue très fugitive, et, d'autre part, le brouillard constaté par M. Cailletet au moment de la détente montre que l’oxygène a cessé d’être transparent, c’est-à-dire gazeux, et qu’il est devenu solide ou liquide. Avoir vu le liquide ou le brouillard, sans recueillir l’un ou l’autre, c’est tout un. L'expérience définitive est encore à faire : elle consistera à maintenir l’oxygène liquide à la température de son ébullition, comme on le fait pour le protoxyde d’azote, ou à l’état solide, comme l'acide carbonique, se conservant à cet état à cause de l'énorme chaleur latente que la gazéification exige.»

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Expériences de MM. Wroblewski et Olszewski. — Il restait donc encore un pas à faire pour achever de liquéfier les gaz permanents. Il fallait transformer en liquides stables, susceptibles d’être soumis à des observations prolongées, les gaz qu’on n’avait encore aperçus que, pour ainsi dire, dans l’état dynamique, c’est-à-dire dans l’état de liquides qui ne se forment que pour s’évaporer aussitôt.

Pendant que M, Caïlletet. poursuivant ses recherches, essayait d'obtenir une solution définitive, un physicien de Cracovie, von Wroblewski, qui avait assisté à ses premières expériences, entreprit, avec M. Olszewski, de déterminer les températures au moment de l’expansion de gaz fortement comprimés. Ces savants furent amenés ainsi à appliquer aux expériences dé M. Cailletet le principe déjà utilisé par Faracay : abaisser la température du Jiquide réfrigérant en l’évaporant dans le vide. Cette simple modification leur donna une solution définitive de la question, ce qui prouve combien M. Cailletet avait été près de la résoudre lui-même.

L'éthylène liquide, qui sert de réfrigérant, est contenu dans un récipient en fer entouré d’un mélange de glace et de sel; il s'écoule lentement par un tube de cuivre, enroulé en spirale dans un vase rempli d'acide carbonique solide et d’éther, et tombe dans un cylindre de verre com: muniquantavec une machine pneumatique, qui active l’évaporation. C’est dans ce récipient que plonge l'extrémité du tube, recourbé en N, de l'appareil Caïilletet.

MM. Wroblewski et Olszewski se sont attaché à déterminer soigneusement les températures obtenues dans leurs propres expériences et dans celles de leurs devanciers. [Is se sont servis d’un thermomètre à hydrogène et fixent à — 136° la température la plus basse qu’ils aient pu produire : les liquides employés en thermométrie pour les basses températures, alcool, alcool méthylique, sulfure de carbone, trichlorure de phosphore, sont tous solidifiés à cette température. La température d’ébullition tranquille de l’éthylène a été fixée entre — r101° et— 103.

On a constaté d’ailleurs que Le thermomètre à hydrogène peut être employé sans crainte à ces températures, car lPhydrogène, porté à — 136° et à 150 atmosphères, puis détendu brusquement, n’a présenté aucune trace de liquéfaction, ce qui prouve qu’il est encore, à cette température, bien au-dessus de son point d’ébullition.

MM. Wroblewski et Olszewski font remarquer que la température de — 136° était vraisemblablement, à cette époque, la plus basse qui eùt été atteinte, car les observateurs qui les ont précédés s'étaient servis généralement de thermomètres liquides. Quant aux températures indiquées pat M. Pictet, elles n'ont pas été mesurées directement, mais déduites des mesures de pressions, à l’aide de nombres que l’on ne peut considérer comme connus avec certitude. Wroblewski pense que ces températures étaient comprises entre — 120° et — 130°.

L'oxygène a été liquéfié facilement; le tableau suivant indique sa tension maxima pour les plus basses températures qui aient été employées.

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