SCÈNE PREMIÈRE
FRITZCHEN.
Il entre du fond à droite en pleurnichant, il lient un bâton avec le petit paquet traditionnel. — Accent alsacien.
Air.
Me chasser,
Me forcer A laisser Mon service,
Dieu quel caprice Que voici Quel merci Paye ici Mon office.
Quelle injustice,
Qu’ai-je donc fait ?
Oui par quel trait Par quel méfait Sanguinaire Ai-je du vieux bourru Encouru La colère ?
Tout ce qu’un maitre nous demande.
Devient sujet à contredit,
C’est toujours bien quand il commande.
Toujours mal quand on obéits Ah ! nous sommes de pauvies êtres Quand ils nous ont dans leurs .fileist Le n’e»t qu’en n’ayant plus de maîtres Que seraient heureux les valets!
Savez-vous le prétexte qu’il prend pour me renvoyer, il prétend que je ne parle pas bien français. Pas bien français 1 moi! Je vous en fais juges. Il dit que je fais mal les commissions; vous allez voir... Ahl il faut vous dire que mon maitre, il va se marier à une jeunesse... L’autre jour, il donnait un repas à sa future et à son père... c’était le deuxième... pas le deuxième père... non, le deuxième repas. « Fritzchenl qu’il me dit... Fritzchen, au dernier diner, j’ai remarqué que tna future adorait les bijoux; elle s’extasiait sur la pierre
que j’avais devant moi. je veux lui faire une surprise... Quand on sera à table, tu apporteras la pierre, et tu la mettras devant elle... » C’est bon! que je dis. Certainement je m’étonnais de ce qu’il voulait de la bière pour sa future quand il a de si bon vin dans sa cave; c’est mon seul regret de quitter la maison, mais un maître commande, il faut l’obéir. Je vas donc chez le brasseur, et quand le dîner est servi, je place devant la demoiselle ein schoen klein glas de bière : tout le monde part d’un grand éclat de rire, excepté mon maître, qui se lève furieux, qui me fait une scène terrible et m’appelle imbécile et s’oublie jusqu’à me frapper devant tout le monde... mais pas devant moi.