‹ Lise Tavernier drame en cinq actes et sept tableaux de M. Alphonse DaudetChapitre 25 sur 71 · I-ISE TAVEUMEII · texte numérisé non relu

I-ISE TAVEUMEII

La personne était sortie.

ROURE

Vraiment? Tant pis... Entin, ce sera pour une autre lois...

Ah ! mon Dieu! chère demoiselle, que vous est-il arrivé ? Comme vous tremblez I comme vous êtes pâle !

LISE T.VVERMER.

Oh ! rien... une petite émotion... j’ai eu peur... un enfantillage.

Le fait est que ce déserl, ces raines, tout cela n’a rien de bien rassurant. En vérité, mademoiselle, toutes les femmes, et même bien des hommes do ma connaissance ne consentiraient pas à vivre dans un isolement pareil... sans aucune défense contre les malfaiteurs.

LIS^î T.VVERMER,

Les malfaiteurs ? Qu est-ce qu’ils viendraient faire chez une malheureuse paysanne ?

ROURE

Pourtant, quand vous avez en dépôt des ^jijoux de ce genre... {Montrant l’anse d'une bin-elt?.}

LISE TAVERMER.

Ohl ils ne font que passer ici...

ROURE

C’est é.gal, croyez-moi, deux femmes seules, surtout aux environs de Toulon... A votre place j’aimerais mieux avoir chez moi un homme.

LisETAVERNiER, Iç regardant.

Un homme?

ROURE

Oui, enfin... quelqu’un qui... quelqu’un de sûr pour...

Au fait non ! Ce n’est pas comme cela qu’il faut s’y prendre avec une personne telle que vous. Je préfère vous parler sincèrement, àcœur ouvert, comme il convient à un homme ~

USK l'AVERMKM,

de mon caractère... Voici, mademoiselle. J’ai pour neveu un aimable garçon de vingt-six ans qui s’est engagé dans la marine... Il élait appelé au plus brillant avenir, mais sa mauvaise tète a tout perdu... Après une altercation avec un de ses chefs, il a été condamne à quelques jours de fers, et plutôt que desesoumetlreà une punilionqui lui paraissait injus'e, il a mieux aimé déserter et venirmedemander asile. .Ma position dans la ville, lesconnais.sancesquej’yai, les relations dont je jouis,lout me fait espérer quej’obtiendrailagrâce de mon étourneau. Seulement l’essentiel serait de le soustraire pendant quelque temps aux recherches delà police; parce qu'une fois 1 instruction commencée, il faudrait coûte que coûte passer devant un conseil de guerre... Le garder à Toulon, c’est impossible. J’avais songé à lui louer une petite chambre dans le village des Clastres, mais ces paysans sont si curieux, si méchants, leur conduite avec vous le prouve Lien, mademoiselle... Cette idée m’est venue, tout à l'heure en voyant votre charmante retraite, que Maximin serait ici à l’abri do toute poursuite, et que peut-être vous consentiriez à lui donner asile dans votre maison, seulement pour (pielques jours.

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