Dans le premier livre
But for the growing Yoiith...
«r'est parce que l'âme de riioinmo connaît les calnio.*» 1*1 les tempêtes, qu'il peut transportera TAme mt^me <lt* la nature les calmes et les tempêtes dont la «•harpente visible de la nature est le siège et le lli('»àtre, et c'est parce qu'il a ainsi créé en elle unr àme sœur de la sienne que la nature à son tour peut agir sur lui, converser avec lui, le calmer, le ci»nsoler, lui sourire, l'insulter. 11 n'y a qu'une chosf qu'elle donne et qu'elle n'a point reçue: c'esit sn grandeur et son infini.
Mais de l'àme de la nature Wordsworth n'a vu qii'un aspect, la face calme et sereine, parce que lui-même n'a vu de la vie que la face souriante. Né avec un caractère heureux, que la vie ne mit pas h de trop rudes épreuves, il fut heureux de la nature, parce qu'il l'était de lui-même : « tout ce que nous contemplons est plein de bénédictions :
ail which wo beliold la full of blessiiigs. .. »
D'autres, ayant connu la vie entière, ont mieux compris, sinon plus profondément, la nature entière ; ils l'ont trouvée plus belle dans ses traits plus sauvages et l'ont aimée surtout dans ses colères :
Oh! sho is fairest in lier features wild...
I sought her more and more, and loved lier best in wratb.
aiilde Harold, II, 37.
Wordsworth, dans toute sa poésie, n'a pas une description d'orage, du cœur pas plus que du ciel . 11 ne veut pas du chant du rossignol, noies trop
i:u\ ESSAIS DE LITTERATURE ANGLAISE
perçantes d'un cœur de feu; il lui faut le chant du ramier, chantant d*amour, mais d'un amour tranquille, lent à. commencer, mais sans fin, de foi sf'TÎeuse, de joie intime :
He sang of love with quiet blcnding, Slowto begin, and never endiiig; Of 8eriou8 faith, and inward glee ; Tliat was the song — the song for me.
Là est la force de Wordsworth, et là est sa limite. Stuart Mill, dans l'épreuve et Faccablement, trouva Je repos et le calme à l'ombre' de sa poésie; mais une poésie qui n'est faite que de lumière et de paix ne rend point la nature entière et n'épuise pas le cAjdwr humain. Et comme la nature a plus d'ombre (|ue de lumière et le cœur plus de tempêtes qne de repos, Wordsworth ne sera jamais le poète de la foule, et même avec les natures sœurs il ne sera pas le poète dé toutes les heures. « Les dieux, dit-il, aiment la profondeur et non le tumulte de l'àme :
The goda approTe The deptb^ and not the tumult of the soul. >>
Laodamia.
Facile aux dieux de parler ainsi : ils sont dieux.
(Critique poétique '
Axpects of Poetry, being Lectures delivered at Oxford by Jobii Campbell Shairp, LL. D., Professer of Poetry, Oxford; Principal of the United Collège» St. Andrews ; Oxford, at tbe Clarendon Press, 1881, 1 vol. in-8<», pp. xii, 464.
Ce volume est composé de quinze essais sur Ja poésie, dont douze sont des leçons qui ont été pn»fessées à la chaire de poésie d'Oxford au courant des quatre dernières années. Ce n'est ni un traité systématique sur la poésie, ni un cours suivi sur une époque poétique ; dans certains chapitres, l'auteur traite quelques questions générales de philosophie littéraire ; dans d'autres, il recherche la caractéristique de certaines œuvres poétiques, la plupart appartenant à l'Angleterre moderne. Voici la table des sujets traités : Le domaine de la poésie^ Cintique rt création; Le côté spirituel de la poésie ; Le poète comme révélateur, — Le style poétique dans la poésie moderne en Angleterre ; Virgile comme poète religieux; Les chansons écossaises et Burns; Shelleg