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LWnnée te»*rihfp : les Forts

MISS TORU DUTT

son de Thorizon entend s'éveiller en elle i d'autres mondes :

La cage sans oiseaux, la ruche sans abeill La maison saus enfants

évoquent à l'oreille de la fille des brahnn de la Rachel indienne :

Tishthel loko vinâ sùi^yarn sasyarn va salilam vind....

w Que le monde soit sans soleil, que le sans pluie, mais que ma vie ne soit pas Râmal »

Pour la connaissance profonde de n contemporaine miss Dutt en remontre:

d'un de nos critiques français, et je n' pas en Angleterre qui montre à la foi exactitude d'information dans le détail ( ment critique aussi délicat et aussi sûr. ( sion de connaissances, cette horreur de 1' est encore un trait bien rare en Inde el nait son père même. Dans une page ch; naïveté, M. Dutt raconte combien de fois vait d'être pris en défaut par la rigueur i de son enfant :

« Elle lisait beaucoup, et vite, mais e tait jamais sur une difficulté en lisant: il sulter dictionnaires, lexiques, encyclopéd ce que la difficulté fût résolue; la coaséq

que le sens s'imprimait fortement dans sa tête, et toutes les fois que nous avions une discussion sur le sens d'une expression ou d'une phrase en sanscrit, en français ou en allemand, dans sept ou huit cas sur dix c'est elle qui se trouvait avoir raison. Quelquefois j'étais si sûr de mon fait que je disais : « Eh bien! parions I » L'enjeu était ordinairement une roupie; mais, quand on consultait les autorités, c'était presque toujours elle qui gagnait. C*était pour moi une chose curieuse et charmante de l'observer quand elle perdait. D'abord un joli sourire, puis ses doigts minces battaient ma joue grise, puis venait quelque citation de Mrs. Barrett-Browning, son poète favori, comme :

Ah, my gossip, you are older, and more learned, and a man.

i< Ah ! mon compère, vous êtes plus âgé, et plus instruit, et vous êtes un homme, w

Dans le dernier volume de miss Dutt, Anciennes ballades et légendes de VHindoustan, l'Itide a décidément pris le dessus. Elle [entrait dans sa période d'originalité : le génie ne peut être original que sur sa terre natale.

Pour devenir le poète de l'Inde, elle avait le don premier, l'amour et le sentiment des vieilles choses de sa patrie. Chrétienne fervente d'esprit et d'édu-

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cation, elle était restée Hindoue dans Tâme ; elle ne croyait plus sans doute à Brahma, à Siva, à Vischnou, mais elle croyait de toute la sainteté de Timagination à Sita, à Râma, à tous les héros et toutes les héroïnes de vingt siècles de légendes nationales. Elle écrivait à M"" Bader : « Quand j'entends ma mère chanter, le soir, les vieux chants de notre pays, je pleure presque toujours ». Larmes de poète et qu'un poète seul peut verser, larmes de Sidney entendant l'aveugle chanter Chevy Chase, ou de Musset écoutant la vieille romance que murmurent les chanteurs ambulants. Le génie de l'homme plonge dans les rêves de l'enfance : les contes d'enfant sont l'arrièiie-fond de toute poésie qui vient du cœur. La dernière des Ballades indiennes, un petil poème intitulé Sita, donne la confession inconsciente de cette poésie bercée à l'ombre des grands ombrages de Baugmaree, quand le frère et la sœur vivaient encore :

« Trois petits enfants dans une chambre obscure. Que regardent- ils avec des yeux large ouverts? Une forêt épaisse, où ne perce nul rayon de soleil... C'est là qu'habite en paix le poète anachorète*... Mais quelle est cette belle dame*? Ce n'est pas en vain qu'elle pleure; car, voyez! à chacune de ses larmes, de grosses larmes tombent de trois paires de jeunes yeux, et trois jeunes têtes se courbent dans

i. Valmlki, l'auteur de Râmâyara.

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