SOURCES DE MACBETH
Shakespeare a puisé pour ses tragédies historiques à deux sources : Plutarque et Holinshed; Plutarque, pour Tantiquité classique*, Holinshed, pour Thistoire nationale^. C'est dans Holinshed qu'il a pris Macbeth. Voici ce qu'il y trouvait ;
Le roi d'Ecosse, Malcolme, avait deux filles, Béatrice et Doada, qui eurent chacune un fils, l'un Duncan, l'autre Makbeth. Malcolme étant mort sans enfants, Duncan monta sur le trône; c'était un homme doux et bon, mais faible. Makbeth était vaillant, et, n'était sa cruauté, digne de régner. Le
1 . Le Plutarque d'Amyot, traduit en anglais par North. Plutarch's LiveSy in English, from the Freuch of Amyott, 1579.)
2. Raphaël Holinshed, the Chronicles of Englande, ScotlandCy and Irelande, Lond. 1577, 2 vol. fol.
peuple aurait souhaité que les caractères des deux cousins fussent fondus en un seul; avec la douceur de Duncan et le courage de Makbeth, on eût fait un roi.
La faiblesse* de Duncan encouragea les malfai- ' teurs. Banquho, thane de Lochquhaber^, levant les impôts pour le roi, fut assailli par des rebelles, dépouillé, et se sauva à grand'peine. Un sergent d'armes, envoyé pour sommer les rebelles de comparaître en cour royale, fut insulté et tué, et les coupables, levant le masque, entrèrent en insurrection ouverte sous la conduite d un nommé Makdowalde ; celui-ci forma une armée, partie de rebelles, partie d'aventuriers appelés des îles de FOuest, et de mercenaires irlandais, nommés Kernes et Galloglasses^, et il défit les troupes envoyées contre lui.
Makbeth, mis avec Banquho à la tête de Tarmée royale, attaqua Tarmée de Makdowalde, qui, vaincu, s'enferma dans un château avec sa femme et ses enfants, puis, voyant tout espoir perdu, les tua et lui-même après eux. Makbeth envoya sa tête au roi, fit pendre le corps au gibet et mit à mort les prisonniers. Ainsi fut rétabli Tordre par l'énergie de Makbeth.
1. Ce paragraphe et les trois suivants sont la source de 1,2.