Mars, US
2. De là sa rancune contre» Shakespeare, qu'il ne comprit jamai& et qu'il n'est pas loin de regarder avec les yeux de Voltaire. Par une punition des dieux, quelques-unes des plus belles scènes qui lui aient échappé (Marino Faliero, IH, i; IV) ne sont qu'une paraphrase de Macbeth, Cf. plus haut, page 127, note 1,
3. Marino Fa/<cro (avril-juillet 1820); !Sardanapalus [^ni eu mai 1821); The Two Foscari (juillet 1821) : Caïn (septepibrc) ; HeavenandEarth (octobre) ; The Veformed Transformed, 1822: \yemer(ià.).
184 ESSAIS i)E LITTÉRATURE ANGLÀIî^E
citoyen anglais aux vengeances autrichiennes. Son Caîn fait scandale à Londres et est poursuivi* Byron répond en redoublant d'amertume dans son Don Juan, et en fondant avec le journaliste radical Leîgh Hunt un journal d'opposition ultra, le Libéral, qui dut s'arrêter au quatrième numéro. La mort de Shelley, noyé dans une tempête, à Fâge de vingtneuf ans, dans le golfe de la Spezzia (il juillet 1822), vint le frapper comme un avertissement sinistre. Las enfin d'user sa vie en luttes stériles et cherchant
A finir eu b«'^ros son immortel ennui,
il répondit à Tappel que lui adressait depuis quelque temps le comité philhellène, formé à Londres pour soutenir l'insurrection grecque.
Il mit à la voile de Gênes le 14 juillet 1823, rêva un cinquième chant de Childe Harold en passant devant le Stromboli en flammes, s'arrêta trois mois à Céphalonie pour étudier la situation et s'orienter au milieu des partis hostiles qui déchiraient le petit peuple insurgé. Enfin, dans les premiers jours de janvier 1824, il se rendit à travers mille dangers à Misfiolonghi, lûeû&cé par lès Turcs. Reçu comme un sauveur, nommé général en chef, il eut bientôt à lutter contre des difficultés inextricables où il savait qu'il périrait; il n'apportait à la Grèce que 1«B débris d une jeunesse épuisée et n'aspirait plui
LORD BYRON ISS
qa'à une tombe de soldat^ Trois ennemis à combattre : les Turcs, la famine, la guerre civile ; la rille était en proie à une bande de Souliotes, moitié patriotes, moitié mercenaires, sans cesse en révolte. Un jour, après avoir massacré un officier suédois, ils envahirent la tente de Byron, menaçants, brandissant les armes. Byron était sur son lit, malade, abattu, à la suite d'un accès de fièvre où il avait pensé mourir. Au bruit des envahisseurs, il se^eleva soudain sur son lit, calme et impérieux, fit taire d*un mot les révoltés et retomba épuisé.
Dans les intervalles de la maladie, n'ayant pas de forces suffisantes pour de grandes opérations, il cherchait à servir la Grèce d'une autre façon, en relevant les caractères et introduisant l'humanité dans la guerre. Les Grecs ne faisaient pas de prisonniers : il promit une prime pour tout prisonnier amené vivant. La plupart de ses amis anglais avaient quitté Missolonghî et l'appelaient sur un terrain plus brillant : il voulut rester jusqu'au bout. Le 10 avril, à la suite d'une promenade imprudente par une averse, il fut pris d'un accès fatal ; le mal empira rapidement. Le 18 avril, jour de Pâques, h l'heure oii les