‹ Littérature et histoireChapitre 77 sur 78 · MORCEAUX EN VERS : LA TERRE. 4.S · texte numérisé non relu

MORCEAUX EN VERS : LA TERRE. 4.S

Nous voilà dans le ciel, où tu fais ta journée, Autour de ton soleil à tourner enchaînée ! Les hommes de jadis y rêvèrent des dieux. C'est une plaine froide et vide et désolée,

Seulement étoilée

Par des points radieux.

Nous voilà dans le ciel ! Où donc est l'empyrée, Le firmament solide et la voûte éthérée? Un mirage! un lointain! où rien plus ne se voit Qu'un nombre de soleils sans nombre, vrais atomes

Perdus dans les royaumes

Et du vide et du froid.

Où vas-tu? je ne sais. Qui le sait? les durées Et les champs inconnus des célestes contrées Cachent-ils des périls pour les mondes flottants? Le chemin est bien long, la route est bien obscure ; Chanceuse est l'aventure Dans l'espace et le temps.

(Jù tu vas! — D'où viens-tu? ni siècle ni mémoire Ne se marquaient alors que se ht ton histoire. Pourtant les souvenirs ne sont pas tous éteints; Et çà et là se voient des traces fugitives, Singulières archives D'événements lointains.

Oh! qui me donnerait de fouler ta poussière. Quand les premiers humains de l'antre et de la pierre Taillèrent leurs cailloux et surent s'en servir? De noire humanité cette race est l'aïeule, Qui, pauvre, obscure et seule.

Commence un avenir.

Le tem}3s s'ouvre et s'enfonce, et la scène se change. De toute part s'élève une nature étrange, Sans homme! C'est la bête, elle possède tout, Léviathans, dragons, monstrueuse famille;

Et le monde fourmille

De l'un à l'autre bout.

Le temps s'ouvre et s'enfonce, et se change la scène. Le globe est embrasé, la flamme s'y déchaîne; Rien qui ne soit dompté par l'immense chaleur. Le vieux Vulcain s'abat sur cette énorme proie; Tout bouillonne et flamboie.

Tout est lave et vapeur.

Longtemps au haut des cieux reluisit l'incendie. Mais quels feux n'éteindrait la froidure infinie ? Il leur fallut enfin s'affaisser et pâlir, Laissant poindre au travers de la masse agitée

L'occulte Prométhée

Du vivre et du mourir.

Le tempss'ouvreet s'enfonce... Audelà plus d'histoire. Ni siècle enseveli, ni trace de mémoire. Volcan, d'où te venaient et ta lave et tes feux? Étoiles, qu'êtes-vous que foyers grandioses,

Étincelles écloses

Dans la nuit et les cieux?

Devant ce grand rideau taisez-vous, mes pensées. Dans l'espace et le temps vainement élancées. Un monde éteint devient un précaire séjour. Où se montre un moment le drame de la vie,

Bluetle épanouie

Sous les rayons du jour.

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