Gabriel Gravier
mine, par les maladies pestilentielles, en guerre sans cesse avec les Anglais, et avec les peuplades sauvages soulevées par les Anglais,
Nul désastre, nui danger, ne pouvaient subjuguer ses résolutions, ni l'arrêter dans ses entreprises, Quand on songe à tout ce qui lui était opposé, à l'inerlie, ou aux fausses mesures de ses meilleurs parlisans, à l'exiguïté de ses ressources, à la puissance toujours croissante de ses adversaires, on ne peut comprendre comment elle a pu surmonter tant d'obstacles, soutenir tant de combats, occuper un si vaste espace, organiser de si beaux établissements.
Mais avec la milice guerrière arrivait au Canada l'autre milice de la France chrétienne, les prôtres de Saint-Sulpice, les religieux de l'ordre des récollets et des jésuites. Ils avaient plus d'une mission évangélique à remplir, et pas un n'y manqué, Ils assistaient le pauvre et le soldat, le vicillard à sa dernière heure, l'enfant dans ses premières études. ïis attiraient à eux l'Indien par leur doux enseignement, Parfois dans l'ardeur de leur zèle, ils allaient chercher la tribu paienne au fond des bois, dans des lieux inconnus, où, selon leurexpression, ils n'avaient pour guides queleurs bons anges!,1ls ouvraient ainsi de nouvelles routes à notre colonie et lui préparaient des alliances. Les jésuites surtout se sont signalés