LA DEMOISELLE
Sur l'anémone arrosée
De rosée, Sur le buisson d'églantier, Sur les ombreuses futaies.
Sur les baies Croissant au bord du sentier,
Sur la pâquerette blanche
Qui se penche Au moindre souffle du vent, Le bouton d'or, la pivoine.
Et l'avoine Au panache gris mouvant;
Sur les prés, sur la colline
Qui s'incline Vers le champ bariolé.
De pittoresques guirlandes;
Sur les landes, Sur le grand orme isolé;
Voilà l'immense domaine
Où promène Ses caprices, fleur des airs,
La demoiselle moirée, Diaprée De reflets roses et verts.
Traversant, près des charmilles.
Les familles Des bourdonnants moucherons.
Elle se mêle à leur ronde
Vagabonde, Et comme eux décrit des ronds
Plus rapide que la brise,
Elle frise, Dans son vol capricieux,
L*eau transparente où se mire
Et s'admire Le saule au front soucieux;
Et quand la gaie hirondelle
Auprès d'elle Passe, et ride à plis d'azur.
Dans sa chasse circulaire,
L'onde claire.
Elle s'enfuit d'un vol sûr.
yiCTOB DE LAPBADE.
LA CHANSON DE l'aLOUETTK.
Je suis, je suis le cri de joie Qui sort des prés à leur réveil; Et c'est moi que la terre envoie Offrir le salut au soleil.
Je pars des chaumes blancs de brume, A mes pieds flotte un fil d'argent, La rosée em perle ma plume, Et je la sème en voltigeant.
e plane et chante la première "^ans l'azur frais où l'aube éclot;
Je me baigne dans la lumière.
Et vais me mirer dans un flot.
Ma voix est sans note plaintive.
Je ne dis rien au triste soir; Je suis la chanson folle et vive De la jeunesse et de l'espoir,
Je dis au malade qui veille:
Bénis Dieu, la nuit va finir!
Au laboureur que je réveille:
Fais ton sillon pour l'avenir.
Si mon chant près d'une fenêtre Attire un couple jeune et beau, Je répète: Le jour va naître, Laisse partir ton Roméo.
Je suis, je suis le cri de joie Qui sort des prés à leur réveil:
Et c'est moi que la terre envoie Offrir un salut au sole'il.