DIX-NEUVIÈME SIÈCLE
DIX-NEUVIÊME SIÈCLE.
Le i8' siècle se termine par la grande Révolution française. Celle-ci, ensanglantée par le règne de la Terreur et amoindrie par les petits hommes du Directoire, aboutit au despotisme de l'Empire.
Napoléon rétablit Tordre, et gouverna par la force. Ambitieux de toutes les gloires, il aurait bien voulu les couronner par celle des lettres et des arts. Mais les chefs-d'œuvre ne sont pas marchandises de commande. Il ne suflSt pas, pour en faire éclore, d'être maître et de vouloir. Certaines conditions sont indispensables, desquelles la principale est peut-être la liberté.
Ce n'est qu'après la chute de Napoléon, sous la monarchie tempérée de liberté, de 1815 à 1848, que se produisit en France le grand mouvement des idées au 19* siècle. Il y eut alors une véritable explosion d'activité intellectuelle, de passion littéraire. Un des signes en fut l'apparition d'une nouvelle doctrine, qu'on a appelée le romantisme. C'était la revanche de l'imagination et du sentiment sur l'esprit de discipline et de tradition. Malheureusement cette réaction de la liberté individuelle contre l'autorité et la règle eut le sort de toutes les réactions effrénées ; elle mourut de ses propres excès.
D'un autre côté, à la suite de l'impulsion donnée aux études scientifiques, la science, avec sa rigidité de méthode et son indifférence à l'idéal, pénétra dans la littérature. La critique, l'histoire, les travaux d'érudition en profitèrent ; il n'en fut pas de même de la
poésie et des œuvres de fiction. Là l'esprit scientifique donna naissance au réalisme.
Si cette forme de l'art s'était contentée d'être un viril et loyal effort vers le vrai, tout eût été pour le mieux ; mais les partisans des méthodes nouvelles versèrent dans un naturalisme grossier. Impatients de tout frein, de toute règle, ils oublièrent même celles du bon goût et du bon sens.
Ainsi, à la fin du siècle, en regardant en arrière, on voit, après les transports d'une activité fiévreuse et les élans des plus nobles aspirations, plus de vaines prétentions que de promesses réalisées, de belles tentatives sans grands résultats, de beaux jours sans lendemain.
Cependant le 19® siècle ne le cède à aucun autre sous le rapport du nombre et de l'importance des productions littéraires ; il est même au premier rang par la valeur de ses travaux historiques et critiques, et par ses nouveautés en poésie et dans le roman.
Deux illustres écrivains marquent d'une manière éclatante la transition du 18® siècle au 19®; c'est M. de Chateaubriand et Mme. de Staël.
CHATEAUBRIAND
Chateaubriand naquit en 1768, une année avant Napoléon. Il avait vingt ans quand éclata la Révolution française. Royaliste par tradition de famille, il eut à vivre hors de son pays jusqu'en 1800, quand Bonaparte ouvrit aux émigrés les portes de la France. Il avait passé la plus grande partie de son temps en Angleterre.
Napoléon aurait voulu attacher Chateaubriand à sa fortune, mais il ne le put. Chateaubriand se tint à l'écart, voyageant et écrivant, jusqu'après la Restauration des Bourbons en 181 5.
Il servit la cause de ces derniers avec zèle et dévouement, fut pair de France, ministre des affaires étrangères, ambassadeur en Angleterre.
A la révolution de 1830, qui renversa la branche