DICTONS GÉOGRAPHIQUES ET MÉTÉOROLOGIQUES
— (« Sèns lou Cantal e lou Mount-Dor Lou bouié d’Auvergno pourtarié l'aguiado [d'or. »
Sans le Cantal et le Mont-Dor, — Les bouviers d'Auvergne porteraient l’aiguillon d'or.
— (San le Liugue et le Montdore Le païsan d'Ouvernia Pourtayot la canna d’or. »
Sans le Luguet et le Mont-Dor, — le paysan d'Auvergne — porterait une canne d'or’, |
— «Ne planaras pas la Diuranda. »
Tu ne nivelleras pas la Durande, montagne de la Haute-Loire. Se dit d'un homme qui a plus dé prétention que de mérite.
— Quand les montagnes se couvrent trois
[fois avant Noël
Le Limagne n'aura pas mauvais hiver.
— «Kan Peï-de-Douma pren son tsapé
Kombaneïra pren son manté. »
Quand Puy-de-Dôme prend son chapeau.— Combeneire prend son manteau. Combeneire
1. La plus grande partie des dictons météorologiques sont empruntés au Blason populaire de la France par H. Gaidoz et Paul Sébillot; il en est de même des blasons de la Haute-Loire, et de ceux du Puy-de-Dôme, complétés par le D’ Pommerol. Dans cet ouvrage le Cantal n’était représenté que par un seul blason; la plus, grande
partie de ceux qui figurent ici m'ont été communiqués par M. H.-M. Dommergues.
est une montagne près de Saint-Germain-del'Herm (Puy-de-Dôme).
— ( Quand Bar o soun tchapei
La pleudza z'i aprei. »
Quand Bar a son chapeau. — La pluie est près. Bar est une montagne près Allegre (Haute-Loire), célébrée par George Sand dans son roman ( Jean de la Roche ».
— (Quand lou Cantal tiro, L’autan cello e brido
E lou ploujäl
Mounto à cheval. »
Quard le Cantal tire, — l’autan est sellé et
bridé, — et la pluie — monte à cheval.
(Rouergue.) — (Quand lou Cantal pren lou capèl Et la Dourdougno son mantël, ÂAco nés pas signe de bel. »
Quand le Cantal prend son chapeau — et la Dordogne son manteau, — ce n’est pas signe de beau.
— («Quand Cantal porto capèl, Pastres, prenès vostre mantel. »
Quand le Cantal porte chapeau, — Pâtre,
prenez votre manteau.
— Si Dôme était sur Dôme, On verrait les portes de Rome.
XVIIIS siècle. (LEGRAND D'Aussy, Voyage d’Au-
vergne.)
CANTAL
Les habitants d'Aurillac, sont surnommés ‘les « Gondots » par les paysans des environs à cause de leur prétendue ignorance des choses de la campagne.
Les « menettes de Boisset ». Boisset était en effet jadis la commune du département du Cantal où l’on voyait le plus de sœurs de Sainte-Agnès. Dans cette localité se trouvait autrefois un monastère de Sainte-Claire: à un moment donné, les mœurs y étaient, paraît-il, assez relâchées; aussi disait-on dans le pays en parlant du monastère de Boisset : « Douze menettes et treize berceaux. »
Les «ânes de Boisset», l’ « académie de Boisset » étaient des désignations qui n’ont plus leur raison d'être aujourd’hui, cette commune marchant, dans le département en tête du progrès et de l'instruction.
« Cague adrinles : » Chie airelles.
Ce sobriquet des habitants de Cheylade a l'origine suivante : Le bon saint Léger recevait autrefois, la veille de sa fête, une grande quantité de provisions, que les femmes de Cheylade portaient au presbytère. Cet usage avait traversé les siècles, sans que jamais on eût vu aucune tiédeur dans les offrandes. Mais voilà qu’un jour (il y a plus de cent ans), les cultivateurs ayant demandé au bienheureux saint Léger la cessation de la pluie et le saint ayant fait sourde oreille, plusieurs mécontents décidèrent qu'il fallait mettre saint Léger à la diète. Or, cela eut lieu et la fête se passa sans présent.
Le curé, homme d'esprit, se contenta d’en rire. Mais le sacristain, qui profitait d'une partie de ces victuailles, ne put y renoncer aussi facilement. Il se souvint que le sonneur était un imbécile, et le soir même, à l'instant où ce dernier fermait les portes de l'église, il se cacha derrière la statue de saint Léger, et cria en patois au sonneur : ( Ignace, j'ai faim ! et puisque l’on ne veut plus me nourrir, porte-moi au bois, pour que je mange des
aires ; surtout n’en dis rien, même à Margot, ta bavarde moitié. » |
Le sonneur, ébahi d'entendre si bien parler saint Léger, tombe la face contre terre, et le sacristain en profite pour s’esquiver, puis Ignace s'étant relevé, enjambe l'autel, charge le saint sur ses épaules, et le transporte au Bois-Mary, ayant soin de le placer debout, appuyé contre un sapin.
Le lendemain, grande rumeur ; saint Léger a disparu ! Au fur et à mesure que ce bruit se propage, les femmes quittent leur cuisine, les menettes leur conversation, et toutes se précipitent à l'église, où déjà s'étaient réunis sacristain et sonneur. Là, 1l est unanimement reconnu Que saint Léger, irrité du manque d'égards des paroissiens, a fui et s’est caché. Mais en quel lieu ? Le sonneur finassier propose d’abord d'aller fouiller dans l’églisé voisine, consacrée à saint Hippolyte : «Non, dit le sacristain, les deux saints vivaient mal ensemble : notre patron ne peut être là. Allons plutôt vers la forêt, car, voyez-vous, quand on veut se cacher, on va toujours dans les bois. »
Ce raisonnement parut sans réplique; im-
médiatement la foule, rangée en procession, prit le chemin du Bois-Mary. Bref, on arrive, et l’on retrouve saint Léger. Mais quelle. fut la surprise d'Ignace, quand :l observa à part lui, que le saint, qu'il avait placé debout la veille, s'était, pendant la nuit, couché tout de sun long, sans doute pour manger plus à à l'aise ! En effet, sa figure se trouvait toute noircie par le jus des aires, mais même il en tenait quelques tiges dans sa main. |
Tant y a que saint Léger fut ramené en grande pompe. On le rapporta tendrement à sa chapelle, on le peignit, on s'excusa et la paix fut faite. Je vous laisse à penser maintenant si, après une telle leçon, les dons de l'année suivante revinrent copieux, et si le rusé sacristain dut faire gala.
Depuis cette époque, on appelle les gas de Cheylade «ladres » ; et la plus grave injure qu’on puisse leur adresser, ést à l'église, ‘de jeter un rameau d'airelle dans leur bénitier.
(DERIBIER DU CHATELET, t. II, p.187. Durir, p. 402.)
« À Sant-Flou, Le bon Dieu fait : hou! hou!
A Saint-Flour, le bon Dieu fait hou.»
On a voulu expliquer ce sobriquet en disant que la ville, bâtie sur une hauteur, est ouverte à tous les vents. Voici une autre version:
En dehors de l'Auvergne, lorsqu'un naturel se dit Auvergnat, loin de le soupçonner d’abord d'Aurillac, de Murat, ou même de Clermont, on s’empresse de lui dire: « Ah!
vous êtes sans doute de Saint-Flour ; où le bon Dieu fait houe!» Voici quelle serait l'origine de ce dicton. il y avait autrefois sur la place de la Cathédrale un grand crucifix de bronze qui avait le côté percé, et comme le vent, violent comme à toutes les altitudes de 900 mètres, s’engouffrait à travers le côté en guise de sifflet énorme, il faisait entendre de terribles hurlements. De là, l'histoire du bon Dieu de Saint-Flour. que la renommée a dispersée aux quatre coins du monde.
(DELoRT, A travers le Cantal, p. 22.)
« Paû o paü.
L'or d'Esponho monto o Son-Päu. »
Peu à peu. l'or d'Espagne monte à Saint-
Paul.
Ce qui fait allusion à ce qu'il existe, depuis la succession d'Espagne, selon M. de Parieu, peut-être plus anciennement, un courant continu d’émigration en Espagne, qui comprend une partie de l'arrondissement de Mauriac et celui d'Aurillac tout entier, y compris la commune de Saint-Paul-des-
Landes dont il est ici question.
— Le miracle de Leucamp,
La poule noire a fait un œuf blanc.
— ( Toupi de Lorroquo. » Pot de Laroquebrou. On y fabrique de la poterie grossière ; cette épithète s'applique aussi bien aux habitants qu'à leur industrie.
Les habitants de Maurs portent le surnom de ( Ganelets ». On suppose que cette désignation vient de ce que Maurs fut, dit-on, la patrie du traître Ganelon.
(Les gastous:» pois non écossés, sobriquet des gens de Saint-Hippolyte.
. On avait refusé à saint Hippolyte son tribut annuel et séculaire de pois : le saint disparut et se retrouva dans un champ de pois, la bouche bourrée de ce légume. De là ce sobriquet de gâte-pois écossés. On a souvent vu des querelles pour quelques bouquets d'alis,
jetés dans le bénitier le jour de la fête, pour
quelques gates.
(DERIBIER DU CHATELET, t. III, p. 188.) * X *
Les jeunes gens d’Ytrac disent en parlant des jeunes filles des deux communes d'Ytrac et de Saint-Paul-des-Landes (cela se chante en dansant la bourrée): |
Quau donso plo?
— Los Ytragos los Ytragos !
Quau donso plo?
— [Los Ytragos om les esclops!
Qui danse bien ?
— Les Ytragaises, les Ytragaises, Qui danse bien?
— Les Ytragaises en sabots.
— Quau donso mau ?
— Los croutousos, los croustousos.
Quau donso mau ?
— Los croutousos d'o Son-Pau.
— Qui danse mal?
— Les crottées, les crottées.
Qui danse mal?
— Les crottées de Saint-Paul.
* x % HAUTE-LOIRE
Le sonneur de Beaulieu, lorsqu'il sonne ses cloches, n'entend pas celles de Malrevers. |
Malrevers est un village de la commune de Chaspinhac, canton sud-ouest du Puy, qui n'avait pas d'église, et par conséquent pas de cloche ; depuis 1865, Malrevers est devenu un chef-lieu de commune et de paroisse.
mm
Entre Bize et Bouzerat
Le diable se débat;
Entre Bouzerat et Bize
On le trouve toujours en chemise.
Ce dicton faitallusion aux vents furieux qui règnent entre Bize et Bouzerat, hameaux dela commune de Saint-Hilaire, canton d’Auzon, arrondissement de Brioude.
Chevrier de Blesle.
Il y avait jadis beaucoup de chèvres dans le mandement de Blesle. Elles étaient confiées à la garde d’un berger communal. Las de son obscurité, ce berger se permit un jour de faire une action qui le rendit célèbre : au moment où poussait la vigne, il conduisit son troupeau dans les vignobles des habitants, et les chèvres détruisirent tout. Depuis ce temps, on dit en proverbe, d’un homme qui croit s’immortaliser par des sottises : Il fait comme le chevrier de
Blesle.
« Le cura de Couteidja No ma iouna oureillia D'ioun cartei.»
Ro, Ce:
— Lecuré de (Coutanges — n'a qu'une oreille — d’un côté. L'on doit répondre :
Comme toi.
« Le Mas et la Veza Ne totchoont pas. »
Le Mas et la Veze — Ne se touchent pas.
Ce sont deux hameaux de la commune de Saint-Didier-sur-Doulon, arrondissement de Brioude. On emploie ce dicton lorsque, dans une conversation, l'un des interlocuteurs répète souvent ma, ma (mais).
« À Navas, Faont coueïre las favas De Lia, | Las aouzount farfouilla, De Celeizi
Las aouzount beli. »
A Navat — on fait cuire les fèves — d'Alliac — on les entend remuer— de Silusien — on les entend bouillir.
Ce sont trois villages situés, le premier dans la commune de Saint-Arcons-d’Allier, le second dans celle de la Chomette, le troisième dans celle de Siauges-Saint-Romain.
— Caves de Pebrac, Grenier des Chazes, Trésor de la Chaise-Dieu.
Allusion aux richesses de ces trois monastères de la Basse-Auvergne.
— ]lest de l'Académie de Sainte-Florine.
Il est de l’académie des ânes.
Sainte-Florine est une commune de l’arrondissement de Brioude.
PUY-DE-DÔME
— Clermont le Riche, |
Riom le beau,
Et Montferrant le fort.
— Ambert le sale.
D'après Grivel, Ambert se composait autrefois de rues tortueuses, pleines d'humidité et de boue.
— Quoniam d'Ambert.
— Billom, pot-de-chambre de l’Auvergne.
— À Issoire, bon vin à boire.
Bon pain à manger, et belles filles à voir.
Yÿ: